Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
La pluie est un agent d’entretien, levée tôt matin tôt Elle a ciré les feuilles des massifs, ciré les rampes de service Et sonnent les cloches de ses patines Ding goutte gong ! Vérolant la poussière Comme en quarante ! Faites un peu moins de bruit les...
Le vermillon succombe au carmin, Le jaune vif tourne à l’ocre Dans les photophores faute de soleil Les bosquets se font terre de Sienne Ce n’est pas l’automne, pas encore. Mûris, soleil, abcès dans le ciel empâté, Kaki cerise sur fond en voie de moisi...
Ladies pour un soir en nuits de Chine Farcies de mode qui nous veut miroir, Quittez le rêve, ouvrez les tiroirs, Avancez la jambe hors des livres. 'Masques blancs, masques noirs ?' pipe-line, Gouttant vos kohols de reines folles, Pointes s’exclamant en...
En écho à Luc Berasuter… (Air à faire fuir II : http://www.youtube.com/watch?v=vtLyrzP642A À lancer avant dans un autre onglet) Là sous le ciel, il y a des gerçures des traces d’usures Des brûlures des trouées des crevasses dans la voilure La peau du...
Givre en plaque sur pain Sucre en traits sur vitre Fleurs de pommiers Cerisiers à la cannelle L’ombre est en vin chaud Moirée de lourds rideaux Hasard des fissures aux vents Le mur a des cheveux blancs Lézarde du froid endormie Sur un pavé d’épices La...
Autrement perdre son chemin, Autrement tremper son pain, Reprendre encore un autre train S’inventer plus de lendemains. Tout le temps Faire le bohémien. Tout le temps Le même refrain : Les crépitements de l’exil Ce n’est plus affaire de lointains, C’est...
Il suffit de respecter ses affaires. Par exemple ta vie. Tu la poses bien à plat, et tu la repasses lentement à la vapeur des souvenirs. Ça embrume, ça permet de refaire un peu le passé, De jeter la clef du placard aux cadavres. Avec le soin dû à cette...
Dans ces contrées, Saison forte après l’autre La forme des prés a été Moulée à la louche du vent Ficelant les branches en turbans Tandis que là, Les mille pages du bocage, Décameron rural, Passent en revue Un vague sentiment de déjà-vu Un peu plus loin,...
Ne crois pas ces chuchotis Qui te disent que la mort T’irait si bien Trop de choses te disent Que la mort t’irait si bien Plus de soucis, plus rien Au loin, par-dessus bord Mais, Plus de main qui te retient… La vie, pourtant, te va si bien Certains attendent...
J'ai comme l'ennui de ton souvenir quand tu n'es pas là J'ai l'espoir de rire et peur de la peur Je t'attends et puis Je compte les heures et les mots à dire le reste s'enfuit Quand le long ennui de ton souvenir me mène, ailleurs J'ai perdu mon rire un...
Quels chants ? Chanté. Dans l’ombre des couloirs, à l’abri sous le verre dépoli, des lumignons et des trophées : tout a déjà été dit, exploré, exploité, découpé, chanté. Que reste-t-il à marquer entre le banc écaillé près de l’autoroute, entaillé au canif...
Si j’avais le pouvoir, je le troquerais contre de la puissance. Car le pouvoir, impuissant, est stérile. On m’a dit que nombre de rois étaient emmurés dans leurs palais Les uns à obéir à leurs conseillers, les autres à ne savoir que faire À la recherche...
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie J’ai comme un haut de coeur slave Je vais l’âme morte, je me sens gogol* « La maison des morts » trace un « cercle neuf » Autour des vapeurs meurtrières La Loubianka n’est plus de mise Anna Politkovskaïa avait...
Surtout ne pas oublier de prendre un air affranchi, Comme en niveaux de gris, rouge et vert des roses À peine distincts, chemise blanche pour pantalon cendré, Et bien sûr, pour les garçons, la nuque et les oreilles dégagées. Ce sera un air comme il faut,...
Ici, la forme des prés a été, Printemps après automne, Moulée nue à la louche du vent Là-bas, les contours tranchés Des bocages ont dessiné le mémento En marge d’un Decameron rural. Ailleurs, et même plus loin on entend Craquer les hypoténuses Du cadastre...
Lorsque j’étais un enfant, dès que possible au printemps, nous aimions descendre jouer dans les torrents, et y construire à travers le courant un havre si bien nommé à l’aide de pierres érigées en barrage. Dans nos esprits, le visage aux cheveux châtains...
À NOTER : les voyageurs sont de plus en plus tassés : leurs couleurs se mélangent. Toutes les bonnes raisons se poussent dans le métro, et débordent l’une sur l’autre. Être ainsi jetés du quai au hululement vers les portes en est-il pour autant un voyage...
J'aurais rêvé de finir dans Un très grand lit de mer morte Avec des dunes de draps blancs J'aurais compté du bout des doigts Les rires jaillissants du vin Sous le parc avant la pluie Tous mes jours seraient fredonnés La faucheuse de l'ennui Ni colombine...
Depuis l’arche de béton, regardant ces routes, Couples de lumières écossés au goût du jour Tatouant l’inconnu comme en pointillés Les bruits de moteurs s’égouttent Dans mon sang : je les écoute Roulant vers nul ne sait quoi, pas même nous Nous qui avons...
La Cigale, ayant chanté (Vous savez quoi, mais silence Il paraît que la SACEM y pense) Considéra comme insolence Que la baise fut venue : Pas un seul petit cachet On l’a vue qui cravachait À en perdre la santé Parce que partout la Région Lui avait fait...
Voici le moment de refermer, dans l’ordre, Mes volets, mes paupières, ma journée, Voilà le dernier instant où pouvoir mordre Dans les mises en bouches et fruits du jour C’est là que l’on pose un napperon sur la taie Pour s’endormir dans le bonheur du...
Qu’un pasteur ne soit pas cette heure, ma foi, Tzara n’eût pas dit non. Qu’un pashmina ne soit pas Shmina, je m’en soucie peu, ne sachant rien de cette Shmina. Qu’une passiflore ne soit pas si Flore que ça, ne peut étonner ceux qui savent que Flore, sous...
Un deux trois, mon ami s’en va. Il est à deux doigts de la vie, Mais ce n’est plus la vie, sa vie Quatre cinq six, le soleil en tas Balayé comme un vieux débris. Idem, demain, un autre viendra, Au soir, il claquera aussi. Drapeau fané de nos étés. Sept...
Après le défilé de mon poignet, de ma main, de mes doigts, J’ai regardé le bord de mon corps : En été, c’est plus facile de le voir Là où je finis dans un bouillon d’atomes d’où commence l’inconnu qui n’est pas moi. Ma peau n’a rien d’une clôture mitoyenne....
L’ambulance File rouge au bout de ton ennui… Dis, gamine, Combien de temps as-tu caché ta peine, Ravalé tes sanglots jusqu’à perdre haleine ? Tout est si mort, C’est un long dimanche de pluie : Coupe tes fils, Marionnette à transfusion. Dis, gamine, Combien...