Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Les pauvres poètes quand vient le mois de Mars Peuvent toujours s'accrocher pour trouver la rime À leur table toutes les lettres éparses Leur brisent les arpions et les métatarses Elles se pavanent comme de jolies garces Rares, féminines : pas une ne...
Belle ensommeillée Étendue avec le drap Journée que relève L’éclat d’un perce-neige Jouant des ombres bleues Sur un toit d’oreillers Plaque de rêves émaillés En grasse matinée… Adonc le fil du jour Enchevêtre les incarnats L’un à l’autre nous boucle....
6 h, je beurre mon pain et verse mon café une troupe en treillis écoute l'objectif du jour dans le sable libyen le Japon craint de trembler encore, il se bat jusqu'aux os, jusqu'à la moelle, jusqu'au coeur des réacteurs 6 h 07 je trempe mon pain et bois...
Dès les premières pages crissantes de « l’Obituaire de Groenendael dans la forêt de Soignes » Où j’ai rendez-vous avec Godeverd van Wevele... « Un nom pareil, ça ne s’invente donc pas », m’a dit l’un. « Tous les noms sont inventés, seuls les hommes naissent...
Sous les oliviers Rangées tels des agrumes Les feuilles d'Ovide, les futures décrétales Mourraient de soif au soleil Le tintement d'une encre les appelait déjà plus au nord. Écoute sur le fleuve ton mauve. Enseigne ta carte a u flot déroulé des phrasés....
Monades urbaines Solitude même avec soi silence des rivalités mises au loin : l’heure d’été recule les cessez-le-feu Dans un rai de lumière tournoient ces poussières où Dante voyait des anges : j’ai sans doute reçu un ange dans l’œil. Depuis, je n’en...
À quelle carrière est-on venu extraire Brusquement ce qui alourdit l’instant ? «Un ange passe» dit un bruissement. Non. C’est faux. Non. Il faut le taire. Plus rien ne passe. L’immobile règne. Les couverts au lieu de carillonner Se figent au point mort...
J’ai regardé le bord de mon corps…là où commence l’inconnu Je ne serai pas démocrate : le bonheur des uns fait le malheur des autres Je ne serai pas républicain : le bien commun n’est pour personne Je ne serai pas anarchiste : la loi du plus fort finit...
Chacun cherche n’importe loi pour garantir sa place au soleil Les murs ont fabriqué le vent pour contraindre leur présence Les toits ont passé accord avec la pluie et l’ombre : ils paradent. L’eau roule des hanches, se trémousse, ceinte de la peur d’avoir...
Un soleil pour bec, une nuit pour plumage, un merle étrille l’aube Tantôt, rien ici ne pourra monter, verticale, impériale, la lumière se suffit Un trait d’ombre cerne toute prétention du mitant à l’encre de Chine Les ombres grandissent fors les heures,...
(…) Chap. III. Us et coutumes Art. 2. Le pidgin vernaculaire a) le « verlan » • Le langage du jeune périurbain est un sabir hétéromorphe dont la composante archaïque est la locution « en verlan ». En ce mode langagier, par exemple, nul ne dit : « La Jeanine...
Les chevelures immobiles Tout le long des autoroutes, Les lumières qui passent Puis se décoiffent en gerbes, Ce gris d’un hijab humide Le jardin boueux de brumaire Le bruit des ventres verrouillés : Tous ces loquets soignés occupés À se prouver que leur...
Dès que j’aurai du temps, je suerai aux ciseaux Au burin, aux fers pour laisser des escaliers Surgir de la masse de nos marchandages, Après : fignoler des moteurs aux oiseaux, Ouvrir des portes à chaque nouveau palier, Transformer l’inconnu en dernier...
Ces mots-là, Dépose-les, où tu veux, quand comme tu veux Dans un sirop de silence, la lumière y verdoie On les goûte comme une pluie d’été, impact Sur la nuit, en catimini, rafraîchir l’avenir. En secret, là où nul ne va, sur le bord des côtés Il faudrait...
2010. Cette lettre est une archive vivante. Celle qui m’a rendu la parole. Aucun blogue n’est possible sans elle… Je ne m’adresse pas à ceux-là des humains qui, oubliant leurs paradis et les routes qui y mènent, entendent le bruissement d’une plainte,...
Ce matin, dans le calme banal D'un samedi autour de l’aube, Un merlot a rapidement chanté Au creux de l’indifférence. Une portière a brièvement Projeté un cri de métal Totalement insignifiant. Dès lors, tous les sons S’étant échoués dans le vide, Un silence...
Les paysans gravent dans la terre les failles des vents, entre l’émail des pierres La forêt avance sa bouche aux dents vertes et à l’haleine de légendes À la cime des arbres, les averses d’août confondent brumes et nuages Les vallons se sont parés de...
Il n’est pas si vieux le premier silex, La découverte de ses jolis éclats : Très vite, on est passé au semtex, Celui qui tue sans fatiguer les bras. On apprend, on en découvre des merveilles ! Très vite, quelqu’un voit tout ce que ça paye. Si la vie d’un...
(lecture à voix haute recommandée) Les oiseaux, leurs rires et jacasseries, leur envol feutré, Les branches qui craquent, qui bruissent, qui cèdent, L’eau dégouttée de la ramure, peu à peu, rigole en torrent, Les froissements du tapis de feuilles brisées,...
L’hiver n’est pas mort en février, Il est tapi au fond de moi et de là me glace Ma cage thoracique est plexus ouvert, un oiseau rouge cœur sur sa balancelle Je n’ai rien à mâcher entre les plis de mon cerveau : toute idée est goutte fade J’ai même demandé...
Lentement tu ouvres la bouche, Avec soin, tu extrais d’entre tes dents Un point d’interrogation, Une courbe enroulée sur elle-même, sur toi. Ta question s’est posée en termes choisis. La réponse, tu l’as bien cherchée, au fond : La résonance sert la soupe...
Certains qui me connaissent ont tenté de lire de la poésie, en vain. Comment lire la poésie, et l’apprécier, puisque tant de gens la fuient parce « qu’ils n’y comprennent rien » ? Considérez comme faux ce qui suit : - La poésie ? De jolies phrases qui...
Sur le mur, un autoportrait d’Andy Warhol Grince des dents jaunies de guerre comme d’enfer. Au fond de mon bol De café, je cherche que faire. Staccato en phase avec la pluie ? Tirer les rideaux ? Faut-il déjà ouvrir le jour Sont-ils tous endormis chez...
On pourrait… — À cent perles à l’heure échappées du moteur s’envoler Poussière dans la fumée, éclairant la Mer Noire — Mieux que les girandoles des aéroports de Yalta Prendre encore du temps, après tout ce n’est qu’un an. Si après — Saute à pieds joints...
Nous avons le choix entre quatre types d’actions. Celles que nous effectuons et qui nous sont dites bonnes. Celles que nous effectuons et qui nous sont dites mauvaises. Celles que nous regrettons d’avoir faites ou de ne pas avoir faites qui nous monopolisent,...