Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Je suis femme de marin sur le vieux port Et quand je regarde tomber les étoiles Je sais bien que ce soir je rentrerai seule « On » me dit que ce n’est qu’un amuse-gueule Que la mort me bouffera jusqu’à la moelle « On » dit vraiment n’importe quoi et «...
Du soleil. Avec ses mains pleines de vides, Pour en remplir les ruelles, les restants de cour, Les façades, les places, en grandes plaques Pour donner au danger une cuisson, Une lourdeur à l’orage À la lente procession des vacances, Un cadre d’espaces,...
Enfin, enfin le silence. Les rues sont des enfants excités qu’il faut coucher. Relevés en douce, à tâtons, ils voudraient un peu Cacher la peur du vide, de tout ce foin fauché Leurs tenues de ville ne peuvent pas les réchauffer : Habiter dans ses murs,...
Spirale de cerfs-volants : Goélands Vus dans le sextant, À votre reflux, j’irai à mon rang — Sterne — De rocs en roches, tour à tour Écorchant — Lanterne — L’écho sur les parois, ombreuses De peur de tomber Tomber comme pierre De vertige, en rythmes syncopés…...
Les vignes de chez nous, dès novembre, Sont comme les épouses qui avaient goûté au soldat teuton : Tondues, et le téton honteux. Il a tant plu sur elles Plu des rages haineuses pour que l’attention ne les quitte pas Tandis qu’un enrôlé sans choix avait...
Tu Seras ton nom vivant Chuchoté par les torrents Murmuré au creux du vent Colporté de nuage en nuage Dans le fer forgé des tombeaux Dressés comme berceaux en cage Au temps de nos fermages Feulés par les brins d’herbe Chair devenue verbe Tu Seras ton...
Les mânes des ânes morts Sous les coups et le bât Remontent le sentier Abordent les voies de fait Sous les lauriers Une meute de chiens Devenue craie et rocs Revêt le cri du vent Affole les passages Dans les vignes Les mânes des ânes morts Approchent...
L’arbre est une stripteaseuse si clairvoyante Qu’il effeuille son corset d’or, lamé après lamé Dès le premier froid venu, dès la fin des chaleurs Sous une lumière rouge perforant dans la buée Puis il se dresse, nu, les bras levés pour les temps de gel....
Je prépare un dernier soupir — le dernier en date, je n'ai nulle hâte — ? Ça vous dit ? Un soupir beau comme un kiosque de gare, avec pleins de visages figés et d’autres plus vivants : les uns étonnants et en partance, les autres étonnés d’être revenus,...
Enrobée de plissements blancs, ivoire et crème, Posée dans le vert d’un étang de feuillages mouvant sous le vent Elle repose, pose ingénue, les bras en forme de mode, Le torse à demi-couvert, à demi-découvert Et sur son ventre sans respir l’oeillet rouge...
Hurlez donc les vents dans les genêts en pots Allez les averses, roulez vous dans le gras des rues Rouillez donc les fleurs communiantes du mois de Marie, Dans l’arrière-goût amer qu’ont les lauriers des victoires Colifichets sans saveur, sabre d’opérette,...
Tous les continents cachés de plus en plus sous la laine ont été déflorés par l’été. Que reste-t-il d’inédit ? Chaque cheveu de Vénus a été compté, filé, chanté. Puis copié et revendu en séries limitées. Pour toute rentrée, la mise à jour n’est que le...
L’automne s’annonce, fin de règne du jour en vue et rien de nouveau sous le soleil qui décline. Fin des vacances, nous n’avons plus l’excuse de la récréation. Or, sombre or, voici que les rues remplies d’écoliers annoncent le retour de son empire. Tout...
C’est un vrai palais de plaisir palatal, hurlé avec grand soin Le cor de Roland baillant les voyelles d’Arthur, au moins : Ces sous-entendus maculés d’entredits fortissimo Dans les lacis corsetés en toisons fauves des mots Meringués, peaufinés, gratinés,...
Elle suintait l'amour aveugle. Alors lui voulait la lire en braille. Au nom de l'amour, pas sur le pouce. Mais elle avait comme de naissance la très douce connaissance des hommes sur le bout des doigts vivant de l'amour à la va-comme-je-te-pousse. Ils...
Sur le mur un portait d’Andy Warhol rince les dents jaunes de la guerre et de l’enfer. Au fond de mon bol de café, je cherche que faire. Tirer les rideaux ? Ouvrir le jour en laissant entrer les artistes : « Monsieur le comte matin sur cour et son vélomoteur...
Bientôt ton reflet sera piqué Dans le grand miroir infidèle Où tous les souvenirs appliqués Disent nos vies si belles Nous avions fait connaissance Un soupir chez des amis communs Pour le temps d'une seule danse, Macabre, a croisé nos chemins La goutte...
À LIRE, LIGNE PAR LIGNE OU COLONNE PAR COLONNE, AU CHOIX Juste leur dire : Vous, nouvelles vagues Le fond de vos envies Comme la mer, va et vient Influence le cosmos tout entier Découvre un trésor oublié L’avenir du monde, notre avenir Qui n’attend que...
Les nattes d’herbes s’étendent, cuites au gel En écailles bouchant les failles de la forêt Le canal de la lumière marqueté est à monder S’il veut dérober en douce le tulle du ciel, S’écouler de buisson en guenille, vers les lichens La sève encore elle...
C'est un poème d'anniversaire, il est vrai écrit pour une autre amie, sans laquelle j'aurais moins et moins bien écrit, mais je souhaite qu'il aille à ta taille, comme à beaucoup de femmes… Elle ne m'en voudra pas que la fécondité rayonne. On dirait l’anniversaire,...
1 — Trouver un paysage, ne serait-ce qu’un fragment d’horizon dont je n’ai ni soupçon ni souvenir d’en avoir un jour tiré un croquis. Le passer au soleil pour faire mentir la rengaine. 2 — Secouer ce sombre lien qui se penche de moi vers moi se regardant...
Il paraîtrait que l’automne, ça donne le blues ? Et que les feuilles,mortes, se ramassent À la balayette, comme des pellicules sur le col. Il s’amuse à traînailler des jeux bricolés. Où le ciel damasse ses accrocs sur le bitume : Où la lune poivre la...
Tant et tant de gens lisent des magazines, des reflets se découpent dans les vitrines Puis les rues chacune après l'autre se couvrent d'anges bleus et verts, qui pleuvent serrés et zèbrent les halos souffrés des lampes. Sous les flocons mystiques la déchéance...
Co-écrit avec "Emma"; je ne regarderai pas les brouillons pour savoir qui d'elle ou de moi, car : voilà. Muß es sein ? Es muß sein. http://emmanuelle.g.over-blog.com/article-20440280.html (nota & tecū serva : le lien Myspace est mort et nul ne l'a fleuri...
Oui des enfants ont été assassinés, mais de là à demander la peau de leurs tueurs… memento, memento… Memento Clairvaux La folie de moines qui battaient le fer, taillaient le bois, décapaient les âmes à l’acide du travail et de la prière, et où d’une forêt...