Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Elle avait les yeux couleur hall d’hôtel Lorsque calmement les lustres brillent Que les tapis ont d’étranges chemins pastel Hirondelles fardées répétant en escadrilles Qu’à midi la chambre devra être laissée libre. Elle a avait cet appel au creux de la...
Ne t’inquiète pas,Dis adieu au fatrasUn jour on seraÀ la barre, guidant nos cargos gîtant, en haute montagne,Tout léchés par les vagues peignées avec soin au râteau.Là-bas, à l’appel des neiges, lancé sur quelques rameauxDes étoiles de mer fleurissent...
Madame l’Existence, Conformément aux émotions, et par hasard aux convertibles convenances, aux sentiments, nous avons enfumé l’arrière-salle des immeubles aveugles pour que la brume sur leurs façades donne aux lampadaires une allure d’arbres à lunes....
Messaline de kaolin Mezzanine de carreaux fins Tu guettes du bout des yeux La tache noire, son ombre Sur le damier des tommettes Surprise par tes frissons Les yeux perdus dans le vague Front ridé comme ton jupon Quand les amours perdues S’en vont bien...
La nuit doit être énucléée : impératif ; c’est l’heure de balancer dans son orbite le cercle de ma lampe. Ma lampe est la pupille de la nuit. À l’écran un point rouge émerge, bubon ou soleil : un quelqu’un m’a écrit. Dans le crâne de la nuit, les comédons...
Ne me faites pas de tombe quand Je serai mort. Sans chrysanthème À déposer, une fois l'an Je veux l'oubli de l'oubli même Évitez les pleurs, rires ou cris Sur vos tablettes, sur vos registres Grattez mon nom, quand il est inscrit Rester un peu vivant...
En terrasse varan sous la bouche de chauffage La buée et la nicotine fulminent de mes naseaux Travaille à regarder les gens les choses et l’entre-d’eux De retour à la table temple branlant de dossiers À pleines manies pétris les noms où gèle le mouvement...
(©l e b A b e l, Cie du Talon Rouge) À quelques minutes du Camp de Natzweiler, À la porte de l'Hôpital où furent amenées les dépouilles chaudes de 87 hommes, Ex-Anonymes Matricules Rayures Disparues Dans la nuit et le brouillard, Bonjour. Bonjour, Menahem...
Sous la croûte dorée par le soleil couchant Que la neige gelée déteint en frangipane, Qui a eu l’idée de s’en venir cacher une Dent de janvier ? Dans la brume où le bus prend son temps Rêvant de sucre, d’érables et de cabanes, Un rayon de soleil se plante...
(le titre est illusoire, j'attends vos propositions) La ville est striée de taches de bruit Frappes de cris, fabrique d’ennui Où des mâchoires claquent au gré Du vent qui emporte… peu importe. Il fera toujours soir quelque part. J’ai une île falote, mais...
Je t’ai aimée dans le matin, Aimée dans le printemps : Qui s’en souciait, vraiment ? En avril, nous nous découvrions fil à fil. Il faut que jeunesse se passe, Que les frénésies s’embrassent, Pour dévaler ainsi la pente. Rouler emmêlées dans la gueule...
L’eau étendue comme une aile de corbeau glacière jusqu’aux dents La plage sans oisif à peine quelques mouettes de cendre Comme une dévorance qui serait comme une faim Comme par tous les comme déposée un peu plus loin Sous des pulls et des sous-pulls d’images...
J’ai revu « N. » Il a obtenu après moi les mêmes titres que moi. Il lui manque mon expérience, mon renom. Il a de quoi compenser par ce génie du badinage mondain que je fuis, où il affûte ses lames contre ce qu’il n’a pas. Je n’ai pas revu celui qui,...
Puisque tant d’horizons viennent charger La longue langue grise des rues léchant Nos gencives en briques surmontées De diamants prêts à mordre les nuages Faute de pouvoir tonner la rage… Près des ponts aux longues rêveries, volutes lourdes, Avec les feuilles...
Beaucoup de poèmes mis en ligne sur des blogues ou sur Facebook attirent souvent des éloges très chaleureux. Les plus acides de leurs détracteurs regroupent ces rimes (« mon amour : je t’aime ; mon bébé je t’adore de même ») dans la catégorie des photos...
La manoeuvre la plus simple quand, pitoyable, on ne peut briller, mais qu'on veut la première place est d'opérer un double mouvement. Premièrement, gagner la confiance de la cible dont on convoite l’éventuelle réussite, en se proposant comme collaborateur,...
Le général C’est tout comme une envie lancinante. Un gros mot à dire que personne n’ose avouer qu’il le dit. Dans le noir Mais que chacun accuse son voisin qu’il l’a dit C’est comme à l’école, Quand je savais déjà dire que C’était pas moi, mais lui là-bas....
Mais qu'est-ce que je fais là ? J’ai sur mon disque dur 3 volumes finis de poèmes au moins. Et encore bien d’autres en gestation dans mon cortex. Julos Beaucarne (http://julosland.skynetblogs.be/) un jour m’a engagé à me faire confiance : il aime ce que...
Accusé Réception Du Camp De Natzweiler‑Struthof. (© le babel et la Cie du Talon Rouge)) À quelques minutes du Camp de Natzweiler, À la porte de l'Hôpital où furent amenées les dépouilles chaudes de 87 hommes, Ex-Anonymes Matricules Rayures Disparues Dans...
(pour répondre à Luc Bersautier, je remets en ligne ce poème) Sous les oliviers Rangées tels agrumes Les feuilles d'Ovide, les futures décrétales Mourraient de soif au soleil Le tintement d'une encre les appelait déjà plus au nord. Écoute sur le fleuve...
Septembre Chargés de quelques mois ouvrés, À son horizon les lampes soufrées Plus que les soleils grisonnant déjà Ils s’élancent sur les trottoirs Ouvragés et orangés, cannelle parfois À nouveau en leur automne, À nouveau au mois des pommes : Les cageots...
J'espère que ce texte écrit pour Jilber te consolera… Messaline de kaolin Mezzanine de carreaux fins Tu guettes du bout des yeux La tache noire, son ombre Sur le damier des tommettes Surprise par tes frissons Les yeux perdus dans le vague Front ridé comme...
Trop neuves les peurs avouent L'assassinat du passé : Ses bals et ses rendez-vous Ont fini de jacasser… Les voluptés des printemps Divorceront de l'hiver : Les fêtes rares et leurs airs, Nus ne gardent pas d'amant Des jours bleu-gris se dévouent, Flammes...
Un silence pesant entoure les morts exécutés par l’armée depuis des mois en Syrie – et même au Liban - sans doute, en douce. Nous ne pouvons laisser sans voix ces bouches ouvertes, cris sans nom, vies mises en suaires. Plus que les galipettes d’un nabab...
Fawzy Al-Aiedy, musicien venu d'Irak… Tu te souviendras bientôt Voyant le sable autour de Bassora, Que la mer au bord du sable, là-bas, c’est le ciel Une étuve bleue qui protège les hommes De la colère des dieux Tu sauras regarder l’Euphrate et le Tigre...