Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
J’ai comme un haut de coeur slave
Je vais l’âme morte, je me sens gogol*
« La maison des morts » trace un « cercle neuf »
Autour des vapeurs meurtrières
La Loubianka n’est plus de mise
Anna Politkovskaïa avait Grosny
Au fond cœur ; tu lui as offert
En plein coeur, les balles de Tchétchénie
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
Je ne sais plus ce qu’est l’âme slave
Je vais l’âme morte, dans « la maison d’un fou »
Plus de « mouette », ni de « cerisaie »
Les splendeurs de l’hiver sont ton masque
Alexandre Litvinenko avait dit ton nom
Sa vision des choses t’empoisonnait
Et tu as irradié sa vie en silence
Quel humour : tu choisis le Polonium
Est-ce pour rester proche de tes frontières ?
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
Je ne sais plus ce qu’est l’âme slave
Je vais l’âme morte, je me sens gogol
Il est dangereux de se « souvenir de la maison des morts »
Tu as délocalisé la terreur
Ramzan Kadyrov ne savait rien faire
C’est pourquoi tu lui as donné la Tchétchénie
Aux bons dogues, les morceaux du festin
Qui sont les soixante-trois sur la liste
De ceux qui doivent se taire d’un silence éternel ?
Tu as tout changé : le KGB se dit FSB
Kasparov joue sur la diagonale des fous
La vérité est toujours dans la Pravda
Mais il n’y a plus de Crocodile
Pour mordre les abus et les vols
Il y a juste ta télé, ta radio et ta voix
« Humiliés et offensés », par toi, Grand Tsar
Les Roms gèlent sous les tentes
Les noirs sont grêlés de coups à Moscou
Les homosexuels sont lynchés
Les ONG sont épurées
Mikhaïl Borisovitch Khodorkovsk
Mourra sans doute de l’uranium
De la mine voisine de sa cellule
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
Je me sens une des âmes mortes
Je vais de « zeks » en zeks, je me sens gogol*
« La maison des morts » trace un neuvième cercle
Chaque jour enferme mille « Ivan Denissovitch »…
Tobariç ! Parle-moi de la Géorgie
Des talibans que tu laisses fleurir
Au Daghestan : leur moisson
Sera publique, grand faucheur !
Parle de ces armes dont tu abreuves
Tous les Syrial Killer de Damas
Et des atomistes de l’Iran
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
J’ai comme un haut de coeur slave
« Quel crime pour quel châtiment ? »
« Quelle guerre que ta paix »,
Mon « Grand Inquisiteur »
Tu écris le roman de la mort en cyrillique
Et de tes scieries ne sortent pas une isba
Rien que des costumes de bois
Grand Tsar Poutine, à la nouvelle année
Viendront les trois rois de ce monde
Il y aura Bakou avec son or noir
Il y aura Hu JinDao admirable boucher
Il y aura tes mafias pour l’or
Tu nous noies dans l’encens de tes popes
Pour jouer au saint pur de l’orthodoxie
Emprisonner les Madeleines Punks
Si vous venez tous les trois, attendez…
Vous n’êtes pas les rois mages
Vous êtes les quatre fléaux de l’Apocalypse
La peste, la famine, la guerre et puis toi :
Grand Tsar Poutine, Saigneur de tous...
Grand tsar Poutine, ô Saigneur des Russie
Je ne sais plus ce qu’est l’âme slave
Je vais l’âme morte, je me sens gogol
Il est dangereux de se « souvenir de la maison des morts »