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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 04:51

Mais qu'est-ce que je fais là ?

J’ai sur mon disque dur 3 volumes finis de poèmes au moins. Et encore bien d’autres en gestation dans mon cortex.

Julos Beaucarne (http://julosland.skynetblogs.be/) un jour m’a engagé à me faire confiance : il aime ce que j’écris. Plusieurs de ses amis idem, dont Jilber (http://jilber.fr.free.fr/) qui m’a invité à ses printemps et ses automnes de poètes. François Laur à la plume si fine m’a fait savoir qu’il me considérait comme un genre de trobar. J’ai publié un recueil, — à compte d’éditeur, quel luxe — Les Amours Post Industriels, aux Éditions de la Petite Vague. La Compagnie du Talon Rouge m’a choisi pour auteur lors de ses lectures de poésie publiques. J’ai donc droit à mon tampon "petit poète régional fin XXe, début XXIe siècle".

Et maintenant…

Avec mes dizaines de poèmes bien rangés et ceux qui arrivent : que faire ?

• Option un : courir quelques maisons d’édition, et, dans la masse des ouvrages, après avoir eu raison des comités de lecture, parvenir à occuper 2 cm sur les 80 dévolus, le plus souvent, à la poésie en librairie ? Bilan prévu : quelques dizaines, peut-être, avec le temps, une ou deux centaines d’exemplaires vendus. Les poèmes qui se vendent sont au programme des écoles. Combien de poètes invités sur les plateaux de télévision ? Et chaque septembre plus de 800 romans débordent sur les étals. Être édité, c’est tout d’abord une joie : le sentiment d’avoir la parole est enivrant. Et puis on se retrouve seul, dans un salon du livre, le stylo inutile, tandis que les recettes de cuisine, les souvenirs en épais sépia, les volumes sur les paysages régionaux, les romans dans l’air du temps font florès.Option un : offrir un tirage au pilon, se dire : "Bonheur ! je publie". Or, sous mon nom usuel, pour éviter le mélange des genres, je publie aussi, sur commande en fait, des ouvrages officiellement sérieux, plus et plus souvent…

Publier n’est rien si la lecture ne suit pas.

• Option deux : faire de ce blogue ma maison d’édition en ligne. Je n’y perdrais et ni gagnerais ni plus ni moins qu’en une édition sur papier. Mais. MySpace m’apportait bon an mal an une soixantaine de lecteurs par poème (ce chiffre lui-même plonge de façon vertigineuse). Overblog m’en apporte rarement plus de 20, qui viennent en partie des annonces sur MySpace : même cliquer sur le lien est un effort en trop. Option deux, prendre le risque d’être plagié, mais risque minime, car j’ai trop peu de lecteurs. Ma poésie ne semble pas mériter le détour, et je n’ai pas l’âme d’un poète maudit : pour cela, il faut être hors de portée de l’autocritique ou hors de portée d’autres tâches. Il y a des milliers de pages mises en ligne chaque jour : sans promotion, c'est l'anonymat du métro à 18 heures.

Comment avoir le goût et le temps de "se vendre", "faire connaître sa production", même au sens honnête de ces mots ?

 

• Option trois : laisser la diffusion de poèmes aux gens bien introduits, bien renseignés. J’écris moins, ces temps. Moins n’est pas zéro. J’ai toujours besoin d’écrire pour quelqu’un ou quelques-uns. La satisfaction de ces destinataires guide mon dernier coup de rabot sur le texte, un impératif inconnu engage les précédents…

Option trois : pas de décision, ni de continuer, ainsi ou autrement, ni de stopper.

 

Que faire ?

En attendant, je vais continuer à faire vivre ce blogue, mais avec le furieux sentiment de parler au silence de mon écran : SdB, Hervé, Zanzibar et d’autres qui me lisez, je serais tout aussi bien à vous envoyer des courriels soignés, sans plus. J’y prends autant de plaisir, et vous me répondez…

J’ai choisi dans mes archives des textes que j’aime et qui sont typiques de certaines de mes recherches. Je poste en actualités une autre tentative : un compte-rendu poétique d’évènements, un journal contemplatif pour changer des nouvelles. La restitution des manchettes de journaux, avec des morceaux de poésies en-dedans.

J’expose ici mon travail d’atelier avec ces essais.

 

Ce qui me blesse, peu à peu, comme une écharde s’enfonçant de plus en plus profond, c’est l’absence de commentaires, de réponses. Mes mots sur une page à peine lue, sans autres mots en écho.

 

... 

 

Je ne sais pas comment ne plus écrire, mais je ne sais pas comment écrire ce qui donne envie d’être lu et d’y répondre.

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