Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 02:11

Belle ? Sûr ! Elle était belle !

 

Habillée de suppliques, elle avait la candeur d’une route nationale bordée de platanes, puis plus loin que le regard, les échancrures de son coton annonçaient un village, une place, deux parasols, une table en fer forgé avec, de fenêtre en fenêtre, des fumets de festins se répondant…

Belle, oui, elle était belle !

 

Elle n’était pas « jolie », de saison,

Prête à faner dès que cueillie :

Belle, pour sûr, elle était belle.

Avec son regard pour toujours sous garantie, comme n’ayant jamais servi, la taille ceinte d’une bande noire asphalte, un corsage vert où les ombres et la sueur modelaient sa ramure, jusqu’à sa moiteur et son eau de toilette, mêlées dans le duvet de son cou, se répondant…

 

Belle, que oui, elle était belle !

 

Elle n’était pas « bien mignonne »,

Bibelot charmant destiné au grenier

Quand le sucre fatigue la cheminée

Belle, et comment ! elle était belle

Jaillissant de l’annonce comme une promesse de vie lente et douce, une campagne fleurie enfin, elle avait dit son nom. Il avait vu sa photo et déglutit chacun de ses mots de cannelle. Elle avait apprécié jusqu’à l’allure de son appel, et depuis des soirs, ils allaient se répondant.

 

Belle ? Certain : elle était « belle ».

 

Ni trop pimpante ni trop effacée

Le corps et le cœur embellissant

Tout ce qui s’approchait d’elle

De cette beauté que l’âge ne touche pas.

 

Si belle, se pouvait-il que ce soit vrai et dans sa vie à lui ?

Alors, rameutant ses forces, avant qu’elle ne perce le vide de la porte, il saisit, entre le pouce et l’index, son rêve imprimé en couleurs, le mit avec l’annonce pliée en quatre dans son portefeuille, se leva, laissant un pourboire de prince charmé, et la rose rose signe de reconnaissance fichée dans la carafe, bien lisible, son absence et la fleur se répondant.

Belle, de fait, elle resterait belle !

Maintenant, le printemps la croisant dans les ruelles de ses songes jouerait à l’enlacer de lumières jaunes.

Il la retrouverait à chaque émotion, sans ride inutile, et lui dirait des mots qui se déposant en son oreille, deviendraient beaux.

Il ne sera plus jamais seul.

Elle est avec lui pour toujours en son portefeuille.

Aucune hirondelle n’avait encore jamais fait son printemps.

 

Le printemps, avait su cette année-là lui faire une hirondelle, qui, à son tour, l'installait en plein printemps, à condition de ne pas encager, entre deux pans de cuir, plus que sa réponse.

Belle, à jamais, elle resterait belle.

 

 

(Fraisage fin avril 2013 de l'A.R. de fin mars - début avril)

Repost 0
rédigé par le babel - dans principes
commenter cet article

Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages