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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 17:01

(pour répondre à Luc Bersautier, je remets en ligne ce poème)
 

Sous les oliviers

Rangées tels agrumes

Les feuilles d'Ovide, les futures décrétales

Mourraient de soif au soleil

Le tintement d'une encre les appelait déjà plus au nord.

Écoute sur le fleuve ton mauve

Enseigne ta carte

Au flot déroulé des phrasés,

Buvant l'Or du Rhin,

Dépeins l'Escaut,

Dépeins l'Escaut, la Seine, tes berges

Chante-nous tes mots embellis palatins 

Doux jusqu'à enlacer les lumières tamisées

Brouillards saxons et marges de l’Empire ;

Saxophones hurlant le blues gris de la ville froide

Au gré du sens extase au verso des choses.

 

Le sang de la Saint Patrick dégoutte sur nos parterres,

Le voilà ce verjus qui édente l’hiver, un forsythia

Se pare d’une allure de menora : pour quelle Pâque ?

Je n’ai plus rien à dire, si ce n’est : « dis-moi ».

Me voici boue informe derrière le dernier pavillon

Pondu sur ce qui fut un bosquet, une symphonie pastorale.

Mon crépi, tu le feras à ta connivence, golem parmi cent.

Si tu voulais me semer de bonheurs muets sans histoire,

Je me ferais pour ta crémaillère, gazon japonais.

Je te parlerais de tes trains arrivant à l’heure,

Tu me raconterais d’un silence, tes primevères

Sans à-coups, ni commentaire, ordinaire.

Nous prendrions les premiers thés sur la terrasse,

Goûterions aussi les premiers frais à la brune,

De temps à autre, raviverions le brasero

Dans nos crépuscules : un mot, une virgule, dorure

Festonnant le silence, incarnat de présence.

Ainsi lentement, l’été passerait aussi rapidement

Qu’un feu pour la Saint-Jean, un jour de printemps. 

 

Ô roux passage vers l'automne,

Quand les plaines de sable franchies

Les accents d'Agde oubliés

Sur les coteaux transis brodés de chenus et d’eaux,

Les verbes trouvèrent sur quel sol s'allonger.

Fûts, grumes sur les longues barges endormies

Puis lentement, les feuilles pourries en terreaux,

Du côté ouvert où,

Incrédule Thomas, le Savant en bonnet, posait son index,

Sur le bord tranché des codex

Touchant le cœur d’Aristote battant

Peu à pluie, marche sur muret

D'une page d'Ovide ou de Virgile,

Naquirent les mânes de Rilke et Whitman...

Doux chemin des mots, des sons et des brumes

Jusqu’aux tilleuls.

 

Recto verso coteaux : je n’ai dire que ton écho…

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rédigé par le babel - dans archives
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