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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 22:10

(poème dont je m'aperçois ce jour qu'il manque à ce blogue)

Lentement tu ouvres la bouche,

Avec soin, tu extrais d’entre tes dents

Un point d’interrogation,

Une courbe enroulée sur elle-même, sur toi.

Ta question s’est posée en termes choisis.

La réponse, tu l’as bien cherchée, au fond :

La résonance sert la soupe faute de logique

Dans des faïences bleues, pour garder les apparences

Saines et sauves.

Tes énigmes s’éclairent en couches superposées :

En jupons crêpés pour garder la virginité du futur.

Et puis

Enfin déposées sur quelques rayonnages

Une à une, les espèces éteintes façonnent

La nuit

Où passent les uniformes des gardiens

Où tu finiras par te reposer, muet, éternel,

À la verticale des ammonites.

 

Tu saisis ta chance, tu prends la parole.

Tire sur le fil du micro, enfourche tes rêves !

Le temps ?

C’est un serpent

Il se déroule sans jamais se mordre.

Il ne file jamais droit,

Il connaît la tangente.

Il coupe les virages

Ton moteur lâche des gerbes d’étincelles

En raclant l’asphalte quand tu penches

Tu y es : tu laisses ta trace dans l’histoire.

Il est pour toi ce bouquet, toi l’inconnu.

Creuse toi le cortex, agite tes sillons

Rentre dans le vortex de ces microsillons

Et chante le blues des grandes illusions

Sur un soixante-dix huit tours fané

Spiralé comme une vieille ammonite

 

Essaye donc, la bleusaille !

Touche l’Histoire du bout des doigts !

Cherche à lui voler un peu de son stuc :

Elle se lovera dans sa coquille…

De cancans en rumeurs, tu pourras te suivre

À sa trace suintante sur les pages

Dans l’encre séchée, cristallin sentier de gloire,

Sur les mémentos dévorés par les limaces

Dans les encadrés des livres d’Histoire

Oh…Vas-y, tu en meurs d’envie !

Mais vas-t-en, donc ! Déjà tu te dessèches…

Si tu cours vite, tu sauras où attendre sa sortie :

À la verticale des ammonites.

 

L’escargot du temps montre ses cornes

Il jaillit d’une spire finement ciselée

Écho d’un écho d’un écho de la première

Agonie

Sous des discours de miel et de farine

Colimaçon pâteux de cieux brumeux et chargés

De la vapeur des ferry-boats au dessus des charniers

Des fumées des chaumières des contes de fées

Chaque houle où tu t’agites est une révolution du vent

Et tu es son petit soldat, un éclat sur

Une spire si finement martelée,

Sur peu d’éternité infiniment repliée sur elle-même

Jusqu’à briquer une perle : un simple et pur instant

Posé là : Aleph, écrit en forme d’Oméga.

Un point en suspension

Dans la verticale des ammonites.

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rédigé par le babel - dans archives
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commentaires

sophie 09/12/2012 16:50


en faisant des ronds dans l'eau?Difficile de savoir en regardant une spirale si on est parti de l'intérieur pour gagner l'extérieur ou l'inverse!Sé déployer ou se lover?

le babel 09/12/2012 20:08



nous avons l'obligation d'écrire droit sur des lignes courbes



SOPHIE 05/12/2012 22:06


ce sont des segments de droite mis bout à bout?Des spirales qui s'enroulent et se déroulent à l'infini?

le babel 07/12/2012 00:51



comment y répondre sans se répèter ?



sophie 02/12/2012 18:55


la verticale est une spirale qui prend de la hauteur! quel beau texte!merci

le babel 02/12/2012 21:04


donc, avant que pour la énième fois over-blog ne bogue, je disais : ? ¿ ? le temps n'est ni un cycle ni une droite.


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