Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Étranges sont ces durées félines Tournant sur la pointe des secondes Tenant des heures sur les hallebardes De leurs talons hauts, vespérales Étrangement feutrées, quasi feulées Tous leurs entrechats sont gris Autant que les regards immobiles Les reins...
Écume de fin de criée, saumure sur les cils, Il faut bien s’essuyer les yeux, garder le style En plug-in les kleenex dans la boîte à gants, Les gyrophares gâchent un peu le rouge et le piment Mais le ciel est à l’aurore autour des panneaux clignotants...
Au bout du monde, Court un désert Au bord du désert, S’écoule une rivière Au bord de la rivière, Se trouve une ville Au bord de la ville, Se couche un homme Au cœur de l’homme, Couve un feu Au cœur du feu, S’écroule la Syrie. Au cœur de la Syrie, Les...
Donne-moi de cueillir Deux brassées de ta vie Pour en faire un tapis, Où je pourrais dormir Donne-moi de goûter Au silence des fleurs Qui jaillissent voûtées, Cantiques de chaleur. Deviens un souvenir Fragile, arc-bouté Au-dessus de mes peurs. Laisse-moi...
Grand Tsar Poutine, ô Saigneur des Russie J’ai comme un haut de coeur slave Je vais l’âme morte, je me sens gogol « La maison des morts » trace un « cercle neuf » Autour des vapeurs meurtrières La Loubianka n’est plus de mise Anna Politkovskaïa avait...
Ces jours-ci la nuit est fragile Époumonée Papier de soie Le moindre clou de lumière Le vert d’une diode La déchire Pourtant il faudrait Bien accrocher la lune On a le temps ! Idem, les ombres n’ont rien d’immense À leur nadir Vagues en flou Dentelées...
Voici le printemps et tout se courbe Les angles des branches comme des rues Se couvrent de spires moutonnent. Court circuit cuisine salon via véranda Une mi-temps percée vers les clairières Dans l’agenda, feuler de l’air à perdre haleine Arrive l’été...
Viendra le mauvais temps, passé à s’asseoir et attendre, Tout git là tiède et engourdi, tendons comme réflexes Les désirs comme les regrets s’en vont dans le plomb du ciel Où se noient les fêtes et les splendeurs estivales ; Il pleuvra depuis si longtemps...
"La Cigale, ayant chanté" (Vous savez quoi, mais silence) Considéra comme insolence Que la baise fut venue : Pas un seul petit cachet On l’a vue qui cravachait À en perdre la santé Parce que partout la Région Lui avait fait pousser la chanson À la suite...
En septembre 2012, je regarde, je prends des notes, je traduis des mots anciens et maudis l'amnésie des siècles : j'ai même peine à écrire à ma Lectrice de Luxe. je déplore qu'elle puisse en douloir et parie qu'elle sait que silence est parfois complice....
Peut-être trouverais-je un jour un Nantes Où la fille d’un geôlier viendra me délier Me délacer de tout le poids Là mes pieds frappant le sol béniraient sa main ? Peut-être verrais-je ce qui me hante Dans la gorge du regard où vente le noir M’effrayant...
Tout va tant au repos que nul Ne peut d’un bruissement des lèvres dire Vers quelle canopée le murmure des bâtis s’élance Chacun couronné de son arbre des possibles Tel que jadis un Auguste de lauriers tel qu’ici un clown Sa perruque rousse en guise de...
C’était un moment délicat. Il fallait soulever les calcaires en bordure du jardin pour voir les cloportes les uns tomber, d’autres s’enfuir, d’autres se rouler en pangolins humides. Les voir m’évoquait les tribolites ou trilobites du livre de la Préhistoire...
J’ai mon dictionnaire de rimes, si besoin. Mais je n’en ai pas besoin : il me faudrait tout d’abord écrire. Je n’ai rien qui descende de la tête au doigt. Pas de ruisseaux d’automne qui détrempe les prairies et les cheveux, qui force la première putréfaction...
Il n’y a rien. Ce n’est rien. Trois fois rien. Je n’ai rien, mais que du rien, à dire. Un quelque chose façon chiffons, Cendré et terne me sert de décor Il n’y a rien. Ce n’est rien. Trois fois rien. La pluie goutte crème et beige Sueur sur le toupet...
------------------------------------------------------------------------------------------ j'ai mis du bois à craquer dans le silence du feu qui s'est mis à me parler de la flamme j'ai mis du feu à brûler dans le silence du soir qui s'est mis à me parler...
L'horloge dentelle le pourtour, Des silences saccadés dans la nuit : Vanilles pointillées de désir, Il pleut Tantôt l'oiseau de la cour Picotera le grillage du matin Tictaquant sur le lit cage : Il pleut Sur l'ourlet replié en corne D'un corsage orné...
Les accroche-cœurs, chevelures couchées immobiles, Griffures vertes parmi les néons des autoroutes, Toutes ces lumières qui passent et partent idem Puis se décoiffent en gerbes irisées d’huiles froides Grises comme un hijab humide dodelinant dans la foule....
Au long du temps, je me suis lavé de bonheur. Ou bien quelque chose m’a encore échappé. Dès le matin, des phrases se tendent entre les choses. Rails de trams, téléphériques et syntaxes. Ce sont des mots velus pleins de pattes, Vifs et fins pour tisser...
Il commence à faire froid On ne sait pas pourquoi Mais on sépare le temps en nuits Nuits de chat, nuit de veille Nuits par dessus l’épaule Girofles plantés dans les fruits Un parfum de fleurs sommeille On avance blanchi comme à l’aube les saules Bon an,...
Avez-vous buriné ce silence Souffle retenu, tension matinale Quand on la ville attend le moment du départ ? Avez-vous senti ce soupirail Là où le silure gluant se délecte de vase, Là où les poissons geishas avance leurs yeux de bathyscaphe. Là retenu...
Je soussigné Hiver, surnommé Général Hiver par Napoléon, qui s’y connaissait un peu quand même, surnommé très souvent le terrible, le pénible, et autres galanteries, tiens à dénoncer le complot médiatico-politique dont je suis victime. Déjà remis en doute...
Bientôt : minuit. Indécis, tu tournes dans ta tête. Si pensif, fuir ce qui te bâillonne ? Où comment ? Rien jamais n’arrête Tous ces jours, qui chacun te braconne Sur tes propres terres. Et tu te laisses faire. Somnolent, dans ce regard de naja Tu as...
Dans le dos, un frisson. La nuit, tu te relèves, Une main sur mon front Brûlant ; de saison, Du thym rouge parfume le salon. « Bonne année, bonne santé ? » La neige n’est pas là. Le froid fait une trêve, En tenue de galas. Pourtant, me voilà Grippé consigné...
J'ai comme l'ennui de ton souvenir quand tu n'es pas là J'ai l'espoir de rire et peur de la peur Je t'attends et puis Je compte les heures et les mots à dire le reste s'enfuit Quand le long ennui de ton souvenir me mène, ailleurs J'ai perdu mon rire un...