Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Rien à déclarer — II — Ne rien avoir à dire ne pose pas de problème, avec tant de façons d’écrire. Qui a mis au point le sonnet, le lai ? Qu’importe. F. Ponge a inventé la chronique poétique : le récit, les états progressifs du poème où tout y danse....
Ce n’est pas l’angoisse de la feuille blanche. Nihil dicendum. Rien à dire. Ce qui veut dire — non, rien — oui, sans gravité —. (Impossible d’utiliser le lave-vaisselle comme métronome : le pire étalon que je connaisse ! Le lave-linge avec son tambour...
Maïeur Erdogan Maïeur Erdogan, j’écris ton renom sur tes refus Sur du papier d’Arménie « Ils n’ont rien dit pour les Arméniens : ils ne diront rien pour les Juifs » (1) Tu le sais, on parlait comme ça en 1933. Tu voudrais être khalife faute d’être caïd...
César datait d’hier, Alexandrie brillait : Philon, Arius, des livres, encore des livres et Athanase… la chaleur et les dattes, les higoumènes et les apophtegmes, puis Nag Hammadi : Chenouda III ? Patience ! Vous sautez au moins trois centaines de lustres…...
Mais si, on va les creuser les rues À coup de dents, Ouvrir une baie d’émail dans les murs, Juste pour faire l’avenue au soleil levant Mais sans Golden Gate : trop de cinéma… On s’assiéra sur le balcon des printemps. Et nos haleines fumeront comme des...
LE CHANT DES INDIGNÉS Quand j'écoute des chansons, très anciennes ou très récentes, je peux les classer en plusieurs piles. Une pile de prières, qu'elles soient rituels, cantiques, incantations, notez à mi-hauteur un pont de chants consacrés aux puissances...
Quelques siècles en amont de nous, ce n’étaient ni Standard’ s & Poor, ni Moddys qui imposaient leurs lois aux Princes régnants, mais Venise, Venise son doge et ses ors, ses argentiers et sa puissante flotte commerciale, ses accords et ses banques. Venise,...
Durer dans une grisaille taiseuse, Fonds de pièces à demi hors champ L'ombre, que la liseuse perce, cercle Le courrier, le journal, les lunettes. La Terra incognita a été découverte. Rehisser les voiles ? Pourquoi ? Craquant de nos haubans fatigués, Ricocher...
Je vis sous un soleil couchant-levant Selon le sens de la pellicule, Au fond, un peu flou, souvent s’entend Le bruit du projecteur, la bascule passe de l’air sur les bobines clapotant J'ai pour plèvre un rideau, brocard or et sang, crépine qui ne demande...
Le temps n'est pas mort, il dort : Dore, dore, petit instant Safran muscat au soleil dehors… Dore me rêvant d'alambics et de reflets ! Les terrasses sont blondes de feuilles Les volets bougent le vent, bougent Mais lentement mais silencieusement mais...
Heinrich Heine, Poème LXXVII variation 3. Merci Emma. Ah ces yeux, les revoilà Ah ces yeux, les revoilà : L’autre fois, sur moi, aimable salut… Et ces lèvres, les revoilà : L’autre fois, sur ma vie, douces tendres… Et cette voix, la revoilà : L’autre...
Vous savez "J'accuse" : l'avez vous entendu ? Voici les mots de Zola, collés sur un format 4/4, métronome à 66. Du Rock'n Roll Zola. Certes, je n'ai pas mis en musique mais en vers de huit pieds. Que nos journaleux apprennent ce que c'est qu'accuser....
C’est un temps de cuisson au four, pour s’accrocher faute de lumière aux souvenirs d’enfance quand le coke en braise allumait la fine lucarne en mica du poêle. Rien de plus urgent que de faire mentir les gémissements des os. Mi-novembre, mijotage. L’automne...
Souple le temps se faufile en m’effaçant En me fondant tout simplement dans la masse Là où quelques résidus d’ors brillants logent, Premières braises alignées sur les gilets, Médailles sorties pour le jour du défilé, Novembre joue aux petits soldats de...
Je ne suis pas Lindbergh pour me moquer de l’océan Je ne suis pas Blériot pour me jouer des brumes grises Je ne suis pas Vespucci pour te trouver dans l’inconnu Je ne suis pas Paul-Émile Victor pour briser ta banquise Je ne suis pas le Commandant Cousteau...
J’ai marché au Burkina. J’ai marché au Fasso J’ai marché au gros rouge. J’ai marché au grand soir J’ai marché au boléro. J’ai marché au fado J’ai marché au Jihad. J’ai marché au piccolo J’ai marché au Paradis. J’ai marché à Denfert-Rocherau J’ai mal aux...
C’est un village avec des chiens Comme on en voit partout Chiens debout Chiens assis Ou de garde Aussi parfois C’est un village comme un chien Il y en a plus qu’on ne croit Chien de faïence Chien de ma chienne En chien de fusil Au bord de l’eau C’est...
Solo de scie à métaux, souffle retenu Gerbes d’étincelles pleurant sur la rue À la basse un moteur, silence à demi nu D’un jour en ville quand la date importe peu Quand seules comptent les heures entre deux feux… Le feu des joues sous le vent Le feu du...
J’aimerais bien me lever et rêver encore, Sans avoir à porter la lourdeur de mon corps. Au grenier, mes illustrés s’effritent sous mes doigts Momies desséchées en poussières de n’importe quoi. Je ne peux pas être plus que ce que j’ai été Tantôt tous les...
Sur une terre à demi bleue, Masse d’eau ou bien chape d’azur À travers des terres à demi nues De lichens en forêts touffues Nous irons comme à l’aventure Rechercher des abris moussus Tout sera à nouveau comme pour de faux : Selon l’usage, pour les jeux...
(parce que non, la terre, chère amie, ne tourne pas rond, je te dédie ce soir ce poème déjà ancien) Dieu ne rêve plus aux hommes. Ici, dans les appartements, les objets trouvent maintenant la douce compagnie De leur avenir. Le ciel se plaît à les imaginer....
Sud Ici J’ai encore été recouvert, Jetant un œil alentour, Par des grumeaux de bleus Tenus les uns aux autres Par des plombs de lumières, Sur les carreaux de landes Tendus de mauve lavande Sur la pente des ocres, zébrés de gris En fait des routes en poudre...
C’est le moment ou jamais d’admirer le camouflage des vaches. Elles sont repeintes juste à point pour se fondre dans le ciel lourd, plein de taches blanches et cramoisies nommées : flocons. Car les vaches, en toute discrétion, volent dans le ciel, en...
Le ciel est assurément sirupeux, Azur ou blanc tendu molletonné, Débris de futurs névés pelotonnés Le poids du rien froid et sérieux Comme une lame peinte parfois en bleu Et sur les reflets de coton blancs À la brune y saigne le couchant Quand les nuits...
La ville est un cheval qui dort debout Avec son plaid en tuiles sur le dos Il fumerolle au matin à découvert Posé en dernier fêtard d’aplomb Vitrail terni ocres en patchwork Sagement posé de la nuque à la croupe Jeux des quartiers bouchonnés à l’aubette...