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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 01:37

 

Je lègue mon corps, morceaux par morceaux,

À l’indifférence générale.

Mes pages glanées s’offrent aux corbeaux.

 

Des vendangeurs sur les coteaux

Trient les feuilles et les grappes,

Pour nous porter sous la presse,

Laissant, en guise de vigne,

Des marges, des lettres en plomb :

Il ne reste de l'été que des ceps

Jadis tous neufs sous la frappe,

Avant les grêles et le sécateur,

Et maintenant maladresses,

Incapables d’un seul signe.

Nouvelle, leur nudité raconte

Des livres récoltés en ligne

Avec des mots délaissés

Quand l’encre effleure les yeux.

Nous sommes impressionnés,

Soignés et soudain remisés,

Les branches cornées, affaissées,

Au loin des regards envieux,

Pour laisser notre vin raisonner

Ceux que nos grains vont griser,

Sur les coteaux, leur soir venu.

 

Je sens bien à quel point je perds de vue

Ma chair rendue à sa vie minérale,

Saison après saison, de plus en plus.

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rédigé par le babel
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Jean-Marc 04/09/2014 15:56

je choisis les maladresses, pour le chemin qu'elles ouvrent
l'encre pour l'odeur
les lettres de plomb pour l'infini des métamorphoses

l e b A b e l 04/09/2014 16:40

Tu as donc été vendangé. Maintenant, Rilke te dirait "Fais-toi vin" !

emmanuelle grangé 31/08/2014 18:15

tope-là

l e b A b e l 31/08/2014 18:56

Chiche ?
et si on s'inquiétait des choses qui ne s'inquiètent pas nous ?

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