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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 08:21

L’automne s’annonce, fin de règne du jour en vue et rien de nouveau sous le soleil qui décline. Fin des vacances, nous n’avons plus l’excuse de la récréation. Or, sombre or, voici que les rues remplies d’écoliers annoncent le retour de son empire.
Tout a été dit. Même de cela, tout a déjà été dit. Agonie ou naissance, tous les cris ont été poussés. Nous n’avons plus rien à dire qui soit nouveau, sous le soleil qui décline.

Nous avons enduré toutes les cigales de l’été. Tout a déjà été dit, exploré, exploité, découpé, chanté. 

Chaque été, l’été se meurt dès sa naissance en un vacarme éblouissant. 

Tout a été dit. Même le dire a déjà été dit.

 

Comment sont passés les frissons, aux premières fleurs promises murmurées à ton oreille et que les orages des longues journées chaudes ont réduit à l’état de robe fleurie chiffonnée par la sueur et la poussière ?
Tout a été dit.


Nous avons rangé la terrasse, les fêtes sans nouvelle chanson sont des crépons emportés fripés dans les bosquets.
Que reste-t-il à marquer au canif sur le banc écaillé près de l’autoroute, à entailler au poinçon sur les madriers enserrant la route à prendre parce que telle doit être la route, et qu’au carrefour il faut virer, braquer : il faut rentrer ?

Ce sera de saison, la boue et la pluie s’ajouteront à la fatigue des jours pour donner une bonne raison de rentrer. 

C’est la rentrée et tout a été dit. 

 

Nous allons nous relever et, bien droits, tenter de retrouver les pleins et les déliés inscrits comme morale à nos tableaux d’honneur. 

Le travail a repris ; nos soupirs à l’aube quand il faut bien se lever ont déjà été répandus sur la table de la cuisine. 

 

Il est temps, au matin à l’embauche, de remplir les casiers, poser sur leur glace pilée les reflets de nos chaluts.

À l’aube, les rêves ont les ouïes fraîches et le ventre ouvert, alignés dans les vestiaires des entreprises, parmi les effets personnels. Ce soir, avariés, il faudra tout d’abord, les rentrer chez soi et trouver qu’en faire avec leur odeur âcre en avertissement à quiconque oserait les conserver, oserait les redire. 

 

Les rêves ne sont pas des souvenirs.

Ceux-ci sont une saumure, peut-être fabriquée en série dans les détours organisés pour ne pas se perdre en des raccourcis.

Car c’est la rentrée, et le retard n’est plus charmant.

Nous manquons de temps : c’est la rentrée, le travail a repris. Tout a été dit, mais il faudra encore et encore en redire le plus fade, le plus convenu.
Même entre amants, ce n’est plus l’aventure de l’été, mais le sage chemin des habitudes : les premiers pas ont été posé il y a déjà longtemps, et le butin des printemps partagé, épuisés.

 Tous les continents cachés de plus en plus sous la laine ont été déflorés par l’été. 

 

(à suivre…)

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rédigé par le babel
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emmanuelle grangé 10/09/2014 13:17

feuilles de basilic, sel, feuilles de basilic, sel, ... oindre avant de refermer le bocal

l e b A b e l 10/09/2014 17:52

Chaque souvenir a son parfum que les soupentes grignotent à grands coups d'oublis.

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