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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 03:55

(version 16 ou 22, je ne sais plus, reprise de ce vendredi 10 février, deux ou trois heures avant l'aube ; un jour, promis, je tenterai de dire "il est fini")

J’ai regardé le bord de mon corps…

là où commence mon inconnu

 

Bilan ?

Je ne serai pas démocrate : le bonheur des uns fait le malheur des autres

Je ne serai pas républicain : le bien commun n’est pour personne

Je ne serai pas anarchiste : la loi du plus fort finit par triompher

Je ne serai pas monarchiste : les symboles ne sont pas immuables

Je ne serai pas totalitaire quand la totalité souffre un par un

 

Le débat ?

Il faut nommer qui a tort et qui a raison ; ça ne longe que les tombeaux des « autres »

La lutte ?

Il faut nommer le vainqueur et le vaincu ; elle ne ronge que ce qui est aux « autres »

L’indifférence ?

Elle ne nomme ni victime ni bourreau, elle ne songe pas aux « autres »

La résignation ?

Elle ne nomme ni les uns ni les autres, elle ne plonge que dans le vouloir d’un « autre »

Je ne veux pas le partage des richesses des autres

Je me moque de libérer la femme des autres

À quoi me sert de proclamer l’égalité des autres

Dénoncer les abus de pouvoir des autres

Réclamer le désarmement des autres

 

J’ai regardé au bord de mon corps… au premier point de mon élan

 

J’ai regardé au bord de mon corps… là où la solitude

S’achève ou redouble comme le gel en février

 

Tous les ceci et les cela une fois prouvés font loi,

Mais périmées par le temps passés à les prouver

ceci et cela lus et approuvés quelquefois

ceci et cela durs et éprouvants souvent

ceci et cela comme neige au soleil

ceci et cela comme les infos de la veille

 

Le désordre vert des feuilles au jardin, sous le vent

L’écho des musiques de cour en cour, en vagues

le parfum d’un café au matin, un rien grand-chose

la douceur les cartes sur le tapis au bar, mousse et humus

la saveur d’un moka ou d’un piment, feu dans le fade

portent en leur face cachée une dédicace,

l'épitaphe des combats inutiles, des armées identiques,

des drapeaux alignés au musée de mes désertions

 

Le rideau des platanes sous la pluie,

Vers le canal, borde mon lit

le long de la route nationale,

encage mon horizon.

je vais déposer mes oriflammes et mes bûchers,

et

jusqu’au bord de mon corps, devenir

ce que je suis, ce dont je ne rêve pas

 

Je suis du sang, je suis de la sève,

de l’eau des torrents et du grain de la pierre.

Je suis un suc dans la branche,

une veine dans le bras, une rigole sur la grève.

Je serai hier je suis demain j’étais maintenant.

J’ai tout autant de créances que je devrais avoir de croyances

 

J’ai regardé le bord de mon corps : de très très près, là

Où les molécules se frôlent en vraies galaxies :

les atomes ne dessinaient aucune frontière.

Seules dansaient des amas de quasi-particules, toutes de même facture.

L’orgue des choses va jouer la musique de mes sphères,

bosons, neutrons, électrons, photons, protons, marchons, marchons —

Puis réglera ma dette aux échanges atomiques :

Car mon coeur danse déjà debout sur mes tripes

 

J’ai voulu toucher le bout de mon monde,

J’ai bien des limites, mais je ne trouve pas ma frontière.

Je ne suis qu’un résumé des autres choses, mises autrement, pour un temps par ici.

Une combinaison possible de particules à jamais séparables.

Et à ce jour, consanguin de toute chose.

 

 

 

 

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rédigé par le babel - dans actualités
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commentaires

emmanuelle grangé 13/02/2012 19:25


"j'ai regardé le bord de mon corps", ceci n'est pas coutume et de tout temps. "j'ai tout autant de créances que je devrais avoir de croyances", ceci est de rime, excuse le peu. Consanguin de
toute chose continuera

le babel 13/02/2012 19:34



C'en est à se demander à quoi riment certaines coutumes.



patrickdreux.over-blog.com 11/02/2012 17:27


Loin des monades sans fenêtre ton microcosme respire....

le babel 11/02/2012 17:38



Étonnant, que tu choisisses ce mot qui m'est cher : monade. J'ai beaucoup aimé apprendre de Boèce et Alain de Lille, et de ceux venus après eux, la
philosphie de la Monade, jusqu'à la recroiser en des livre de science-fiction, sous le très beau titre (le contenu du roman lui, n'est pas demeuré) : "Monades Urbaines". Monades nomades nous
sommes, seul en pluriel dans la cosmogonie inachevée.



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