Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
Par le babel
Les bandeaux à sourates, mantras des angoisses
Les cantilènes de la célébration, les
psautiers
Posent un par un dans la poussière des greniers.
Les
calicots des processions de nos paroisses
Devant le trône des saisons, ils défilent, passent
Au rythme des foules changeant de drapeaux
Sans jamais changer de problèmes, en
troupeaux
Les Panthéons perdent noms, et carapaces
Ne restent que les
souvenirs de leurs anges
Mais depuis demain, déjà, sans trêve
À même
les arbres, les lichens, la terre.
Ces anges tout en doux brocarts de rêve
Ont mordu jusqu’à la sève chaque pierre
Ont sucé la moelle de chaque
torchis
Tant l’avenir est sérieux :
Le goût de
l’anarchie,
Sur terre comme aux cieux.
Enfin la chair sera Verbe.
Dans les temples déserts
Pousseront des herbes.
Et de mes yeux de chair,
Je verrai
Descendre,
Enivré
Et tendre,
Ce soir
Empli
D’espoirs,
De vie,
En
Fruits,
En
Paix :
Nul
Bruit.
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