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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 09:43

Quoi, mes habitudes ?

Mes habitudes sont un peu partout, parfois même en voyage à l’étranger.

Ici, on en voit de plus en plus s'installer dans le dimanche maritime. Avec l’âge, la consolation en taches de mousses sur monuments de nos histoires s’ajoute à la certitude que le vent, la mer et le soleil ont la dévotion de l’exactitude.

D’autres de mes habitudes voyagent : je l’ai su un matin tout suant de rosée, croisant sur une artère une native de l’hebdomadaire méridional, sans doute d’origine rurale.

Il faut dire que ces microclimats intimes, avec leurs reliefs sur nos hauteurs de vue, offrent une supériorité d’habitat sans comparaison avec la nonchalance des étangs du sud.

Les châteaux de ma mère élèvent là pour les palombes des plèvres de brume, soupirs dans les alvéoles pulmonaires des forêts dont la canopée ne cesse de psalmodier un encens pour éloigner les loups.

Venues des plaines diurnes où les tendons, les nerfs font tourner les moteurs et les muscles à l’unisson, nourrissant leurs callosités, ou bien venues tout autant de mon bassin minier oriental, des habitudes d’avant-hier aiment à y cacher cette disparition dont la répétition n’étonne plus, en se perdant dans ces refrains ricochant de radio en radio, résonnant à l’unisson de la vague que l’électrocardiogramme répète.

Ne vous fiez pas aux apparences, ma population de marottes n’est pas en voie d’extinction, mais intégrée dans ma cartographie globale.

Dans la Capitale — suivie grâce aux contrôles dès que passe un miroir dans un éclat de solitude —, l’habitude est de changer d’habitude : on appelle cela « la mode ».

J’ai plein de manies : des sédentaires côtières (l’assaut du vent de mer les indiffère), des nomades résidant sur mes autoroutes. Ça ne manque pas.

Je peux même vous confirmer que oui, « il » existe. Cet équivalent du cimetière des éléphants où l’ivoire attend d’être cueilli sur la carcasse, fret pour vaisseaux et gains. Il se tient dans un repli de mon désert sabbatique, un causse sous-continental, qu’une montagne de banalités dérobe aux regards. Jardin secret de la mémoire. Mes manies s’effaçant dans le sépia s’y rendent à pas comptés, en fin de vie, barrissant parfois de loin, s’extrayant de mon cortex pavillonnaire, quittant leur confort en pierres de meunières blanches veinées d’ocre, de briques et de bibelots. Tout s’estompera en chemin vers le cimetière des habitudes. Et, l’usage le veut, on les oubliera.

Désormais, mes autoroutes y passent. Je peux ainsi les apercevoir rapidement lors de ces rendez-vous avec un déjà-vu, où, faisant le pont, on a du temps pour un retour en enfance vers les mercredis passés sous la chevelure des coudriers, là où, maintenant, le tourisme des idées a tout bétonné de slogans et de résidences bégayant des jeux de cubes pour adultes.

Ne soyez pas dupes : j’ai des rituels un peu partout.

Cessez donc de confondre nos libertés avec nos complexes géographiques intérieurs : ça, c’est une très mauvaise habitude.

(Fragon, dont vous trouverez le blogue, "dans les rues intérieures" parmi les liens à droite, m'a, avec sagacité et bienveillance, souligné dans la première version une erreur stylistique récurrente. Qu'elle en soit remerciée. Son blogue témoigne du soin dont entoure chaque phrase.)

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rédigé par le babel
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