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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:26

1 — Trouver une chose et la détailler en une forme de paysage, ne serait-ce qu’en un fragment d’horizon sans soupçon ni souvenir d’en avoir un jour tiré un croquis. Passer les couleurs au tamis du soleil pour faire mentir la rengaine, raviver les chairs en frottant sur ce qui vient et laisser mariner jusqu’à obtenir un pâton à carder en liens très fins. Bien noter les références du paysage.

 

2 — Laissez se dégoûter ce sombre lien aussi longtemps qu’il penche de moi vers moi, se regardant écrire. Attendre qu’il perde son point de vue, son idée sur la question, puis son crayon, puis sa page, puis son envie d’écrire. Armé d’un mardi plus gras, accepter la jachère des mots. Ne garder que l’empreinte du paysage, décomposée avec soin.

 

3 — Nouer les aiguillettes de mes idées fixes, les faire passer du rang de taureaux à celui de bœufs, leur annoncer que la charrue se passe de leur joug, trouver un tracteur pour retourner le regain les envoyer dans la cour des enfants. Toute lourdeur doit être étouffée aussi longtemps que le souffle ne s’impose pas. Poser le souffle sur la page blanche. Sombrer dans ce vide sans lâcher la main du paysage.

 

4 — Jeter un caillou, un calcul dans le blanc de la page, puis un autre et encore un, jusqu’à ce que de ricochet en ricochet, une phrase en ronds de sorcières s’écrive comme la semaine des quatre jeudis. Accrochez la ronde au souffle à l’aide de quelques points de repère prélevés sur ce qui dépasse cornu du paysage initial.

 

5 — Prendre le tout et s’habiller en plumitif, pour s’y appliquer comme de la belle ouvrage, avec le souci du détail. Ne jamais répéter que le rythme. En même temps, mettre en RTT les illusions de posséder si ce n’est quelque chose à dire, du moins la manière de dire : tout ce qui est à dire a déjà été dit. Sauf ce paysage désormais en cet état-là.

 

6 — Dérouiller les persiennes et le vasistas qui apportent un peu de frais en dedans, et se faire à son idée, puis à sa réalité, mais s’y faire autrement sans pour autant porter d’autre masque que ma propre trogne. Chasser les miasmes de la semaine ouvrée s’ils ne chantent pas dans les recoins du paysage désormais fermenté et allégé par le courant d’air.

 

7 –Écouter le glas se mêler aux clarines. Une semaine est morte, une autre est au pacage. Dans l’entre-deux, écrire le portait du paysage, et l’envoyer si possible à un œil sûr et certain pour le relire, car il est plus facile de voir ce que l’on veut dire que ce que l’on dit. Au retour, prendre les remarques, pour les mâcher jusqu’à identifier ce qui en elles a du goût. Alors : les incorporer.

 

-------------------------   entracte -----------------------------

 

Mettre le paysage au propre, et le rendre public, le publier chez un Éditeur, dans une gazette ou un blogue. 

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rédigé par le babel
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