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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 15:03

Je ne « donne » que ce que je produis, quantitativement mesurable : sperme, squame, sueur, salive, excréments.

Tout ça, ça rentre dans le sac du voleur de poules.

je ne donne que ce que mon corps accepte de céder quand rien ne l’y dessert : lui, cette pierre dans les cercles des remous de l’esprit, que teinte l’âme, car « le plus grand enserre et supporte le plus fort ». Notre corps gît dans les remous de l’âme. Il ne donne que la vase au fond de la mare. Les carpes qui traversent mon esprit s’en suffisent.

La beauté n’est donc jamais qu’intérieure. Elle est une irisation de la personne, de la surface de l’eau, en dépit et en deçà d’une certaine façon de remplacer du vide par de la chair.

Je ne donne jamais rien de moi à mon aimée.

Le temps parfois dit offert, parce que la vie est commune, nous joint, et ne m’appartient pas plus qu’à elle. De toute façon, le temps n’est que du calcul mental. Seule la durée nous touche. Je ne produis aucune durée.

Je ne produis rien pour elle.

Je produis malgré moi le sillage de ma vie corporelle. Alors, inviter quelqu’un en ces remugles d’algues et d’eaux usées… un peu de dignité !

La plus puissante étreinte peut n’être qu’un doigt frôlant le dos de la main, lorsque la victoire appartiendra à l’autre, qu’elle ne lui sera pas volée, sous prétexte de partage. Je suis là, mais caché dans son ombre.

Je lui donnerais un bras qu’elle ne saurait que faire de ce trophée macabre. Je lui donnerais moi-même en entier que ce serait un orviétan de plus. Je couperais ma parole pour elle qu’elle n’aurait pas plus de mots à dire.

Que donner qui ne soit scorie ou apparence de don ?

Inutile de donner, quand le lien est là.

Le lien est toujours autre.

Mais.

J’aime qu’elle existe, elle aime que j’existe, même si parfois c’est douloureux à dire ou à vivre, le mieux nous est cependant est d’exister géographiquement, socialement, n’importe comment, mais nous deux fois chaque soi au plus près. Deux tuiles pour un toit.

Elle n’a rien à voir avec ce que je peux donner ni avec ce qu’elle peut donner. Elle n’est ni à prendre ni à laisser et ne confirme pas les définitions – quel diktat ! —, mais colore les paroles par son parfum.

Cette trace-là, elle l’abandonne. À chacun de le reconnaître ou non.

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rédigé par le babel
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emmanuelle grangé 07/06/2013 11:14

la preuve ! hyperdense et léger, ce texte-là. J'y penserai longtemps sans doute aucun.
(il semblerait que tes annonces me re parviennent enfin, j'ai encore eu ce matin une demande de confirmation à l'abonnement...)

l e b A b e l 07/06/2013 17:53

S'il y a un demain, alors il aura un autre écrin

emmanuelle grangé 07/06/2013 13:02

demain, sonnera-t-il si différent ?

l e b A b e l 07/06/2013 11:31

Je me suis permis de faire comme si tu demandais à être abonnée, d'où le courriel que tu as reçu.
Je vois que peu de gens ont apprécié ce texte.
L'Internet aime l'efficace, le métronome à 66, 4 x 4 syncopé et ficelé comme un rôti servi dans un sex-shop rayon bondage, parce que le goût du jour impose de s'afficher en de tels banalités mélangées, mais canaille ainsi qu'en un palais des Masques.
Malgré une coquille, ce ponton demeurera ainsi tant que je n'aurais pas trouvé comment le sertir de ces mouettes et cotons rayés qui, excusant tout au nom d'un parfum de vacances iodées par les modes, débusquent aussi tous les arts d'aimer.
Merci de l'avoir épinglé, ce bredouillement !

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