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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:33

On peut ne pas l’avoir vu de ses yeux vu partout, mais c’est vrai.

Au camp de Natzweiler-Struthof, aujourd’hui en Alsace Française, furent internés des triangles roses.

Ce camp était dit de niveau III. Il n’y a pas de IV : IV, c’était Treblinka, Auswitzch I, Sobibor…

Un rescapé a vu son amant coiffé d’un sceau en fer blanc lui couvrant le visage, puis les chiens furent lachés. Les cris.

1945, 1946, 47, 1953, le temps passe : l’homosexualité n’est pas compatible avec la Résistance virile. Et c’est souvent un délit, alors.

Donc, dans les défilés mémoriels, les triangles roses n’ont eu aucune place.

Même leur deuil devint honteux.

Le deuil de celui qu’on aimait, car encore une fois, seul l’homosexualité masculine dérangeait : ça n’a guère changé.

On mate les gouines, on mate les pédés, mais « mater », au passage, change de sens.

Act-Up est venu et sans respect aucun a volé le signe de Caïn.

 

Il en est un certain, Rudolf Brazda,qui vient de mourir : il était le dernier des veufs.

 

Il y eut des triangles noirs, tziganes, violets, curés et chrétiens, couronnés de barbelés et crucifiés à Dachau, bruns aussi, rouges pour les politiques, jaunes pour les juifs, bleus pour les apatrides.

Et le dernier des triangles roses, Rudolf Brazda désormais est mort.

Mais il y en eut.

Certes, ils ne sont que 3 à 7 % de toute population de la Mecque à Moscou, via Texas et Rome, Lhassa et Paris.

Certes, toute minorité, et c’est ce qui nourrit la xénophobie actuelle, lorsque postée au-delà de sa majorité par des exceptions risque le pogrom à la moindre crise, certes…

Mais ce futur à refuser n’excuse pas d’effacer la mémoire.

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rédigé par le babel - dans actualités
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emmanuelle grangé 16/02/2012 00:47


un article qu'on aimerait lire dans la presse loin des aboiements car il émet une pensée et des détails essentiels que la mémoire a égarés. mater, par exemple.


Merci.

le babel 16/02/2012 07:50



La presse — purée ! — n'est plus que jappements. Au nom du droit à l'engagement, l'information est reléguée. Au nom de la nécessité de vendre, l'analyse est
remplacée par le copié-collé de l'air du temps. Ce ne sont plus des journaux ni des journalistes, mais des nuitaux, et des nuitalistes. Nuit de la pensée, qui nuit à la pensée.



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