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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 05:08

Sous les oliviers

Rangées tels des agrumes

Les feuilles d'Ovide, les futures décrétales

Mourraient de soif au soleil

Le tintement d'une encre les appelait déjà plus au nord.

Écoute sur le fleuve ton mauve.

Enseigne ta carte au flot déroulé des phrasés.

Buvant l'Or du Rhin, dépeins l'Escaut,

Décris la Meuse, la Seine, tes berges

Chante-nous tes mots embellis palatins 

Doux jusqu'à enlacer les lumières tamisées

Brouillards saxons et marges de l’Empire ;

Saxophones hurlant le blues gris de la ville froide

Au gré du sens, extase au recto des choses.

 

Le sang de la Saint Patrick dégoutte sur nos parterres,

Le voilà ce verjus qui édente l’hiver, un forsythia

Se pare d’une allure de menora : pour quelle Pâque ?

Je n’ai plus rien à dire, si ce n’est : « dis-moi ».

Me voici boue informe derrière le dernier pavillon

Pondu sur ce qui fut un bosquet, une symphonie pastorale.

Mon crépi, tu le feras à ta connivence, un parmi cent.

Si tu voulais me semer de bonheurs muets sans histoire,

Je me ferais pour ta crémaillère, gazon japonais.

Je te parlerais de tes trains arrivant à l’heure,

Tu me raconterais d’un silence, tes primevères

Sans à-coups, ni commentaire, ordinaire.

Nous prendrions les premiers thés sur la terrasse,

Goûterions aussi les premiers frais à la brune,

De temps à autre, raviverions le brasero

Dans nos crépuscules : un mot, une virgule, dorure

Festonnant le silence, incarnat de sa présence.

Ainsi lentement, l’été passerait aussi rapidement

Qu’un feu pour la Saint-Jean, un jour de printemps :

Verso lumineux des semaines de vitraux opaques.

 

Ô roux passage vers l'automne,

Quand les plaines de sable franchies

Les accents d'Agde oubliés

Sur les coteaux transis brodés de chenus et d’eaux,

Les verbes trouveront sur quel sol s'allonger.

Fûts, grumes sur les longues barges endormies

Là lentement, les feuilles pourries en terreaux,

Deviseront comme le côté ouvert où

L'incrédule Thomas, Savant à bonnet, posait son index,

Sur le cœur d’Aristote battant au bord tranché des codex.

Peu à pluie, marche sur muret, d'une page d'Ovide ou de Virgile,

Sont nés les mânes de Rilke, Whitman, et d'autres fenaisons :

Doux chemin des mots, des sons et des brumes

Jusqu’à tes tilleuls, où infusent nos anodins.

 

Recto verso coteaux : je n’ai à dire que ton écho…

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans principes
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commentaires

fragon 08/04/2011 19:56



Il est juste comme il faut.


je fais tourner.


Merci.



le babel 09/04/2011 20:34



enivrant ?



emmanuelle grangé 31/03/2011 19:17



non, pas d'occis



le babel 09/04/2011 20:31



Oui, mais comment vivre à en mourir sans en crever ?



hervé pizon 27/03/2011 09:33



tout est dans ce où.


 



le babel 29/03/2011 23:39



Cet où, c'est tout


un point c'est tout


 


Ah ces jours, j'ai bien du mal à swinguer comme tu le fais !



Seb 26/03/2011 19:03



Promenade si belle au gré de vos mots! Un vrai plaisir!



le babel 29/03/2011 23:37



merci, rendez-vous au prochain versant



emmanuelle grangé 26/03/2011 12:42



comme cela sourd, comme cela résonne d'un versant l'autre ! hauts comme trois pommes, rose, ma rose, nous te murmurerons un pas devant l'autre, encore



le babel 29/03/2011 23:36



une sourde musique, est-ce un oxymore ?



anatole2011.over-blog.com 23/03/2011 18:34



pour cette percée de lumière des paysages recto-verso que tu nous donnes à voir, je te remercie



le babel 24/03/2011 04:16



Mise en perce d'un tonneau où j'ai fait fermenté des tas de morceaux mélangés de choses vues, de fait. Souvent ainsi j'écris avec des morceaux remisés depuis
longtemps.



anouk 23/03/2011 17:40



Tour et détour de saisons, par-delà les villes, pays, fleuves en goûtant un thé au passage pour fêter l'un ou l'autre saint, tout en poésie.


Rare encore, à part un livre, sont les lectures où l'on connaît un recto verso.


Sur le chemin de la vie, recto verso existe...., je l'ai rencontré .....il n'a pas d'odeur, faut s'en méfier comme du gaz !



le babel 24/03/2011 04:14



Sans le gaz, je devrais manger la vie toute crue. 


Or, la vie, souvent je ne peux pas y croire.


Donc, je dois bien remettre les gaz,


et me remettre à y croître.



brigitte fraval 23/03/2011 12:51



Face à ce flot de mots jetés à la volée sur nos saisons à venir ou advenues , je reste  page blanche ,sans voix , sans mots ... Merci.


 



le babel 24/03/2011 04:10



Ouf, j'avais effacé ta réponse, mais elle a été restaurée ! Si tu es page blanche, alors tu peux accueillir l'écriture : quelle chance…



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