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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 02:53

 

Je ne peux ni ne veut clore février sur une révolte sablée.

Tant de choses se bousculent sur ces sujets : chacun s’y va hâbler.

Je voudrais parler de la lenteur des aiguilles des horloges

Je voudrais parler de la béance des agendas à remplir

(Aujourd’hui on a eu un accident, ça fait passer le temps).

Je voudrais parler de l’étrange sourire d’une bouche de métro

Dont les grilles closes parlaient d’orthodontie urbaine,

Avant la logorrhée inarticulée des heures d’ouverture.

(Agiles les souris sortent à Saint-Michel se gaver entre deux rames)

Je voudrais sortir un carnet de ma poche : je n’en prends plus

Ces jours. Le désir se cache sous une lourde tresse d’usures

Comme un cou de porcelaine sous une guimpe empesée.

 

(Et si j’ai passé mes jours à dire que je voulais vivre, aurais-je vécu ?)

 

Hamlet, quel idiot ! ce n’est pas être ou ne pas être qui est en question

Mais l’intolérable constat de ne pas parvenir à être : impossible.

Un éclat, un seul une fois, on apparaît, on crève le néant.

Mais guère plus qu’un spectateur faisant silhouette sur l’écran

Parce qu’en retard, il se veut cependant aux premiers rangs.

J’aimerais frémir à regarder incrédule entre deux chapeaux ridicules

Un train entrer à toute vapeur en gare de la Ciotat.

Scénario inexistant, meilleur film du monde et à jamais,

Un peu de gris en stroboscope, sans penser que Méliès soit quelqu’un.

 

On existe une seconde, le temps qu’un néon grésille et meurt.

Arrivé à la station service, on s’installe sous l’auvent de l’échoppe.

Griller une cigarette à dix mètres de tonnes d’essence : c’est légal.

(Il y a une odeur de nostalgie dans les coussins de l’appui-tête)

Le GPS me donne un itinéraire en couleur, mais sans me dire

Ne serait-ce qu’une fois ce que je viens faire là, puisque faire,

Faire et encore faire, j’ai un abonnement, une addiction

A cette ration, cet ersatz à l’incapacité radicale d’être,

Avec comme en écho la blessure de ne pas savoir que faire

Comment faire pour dire ne serait-ce que l’amour ordinaire

Sans engager la lassitude de se répéter, ni la douleur des impairs.

 

Et je n’ai toujours pas eu le temps de m’atteler à rendre le son

Lourd soyeux lent inquiétant des cygnes volant au ras des toits :

Escadrilles de nuages sur le laiteux d’un ciel dévoré d’hiver

Comme un thorax où la sève peine à venir museler le vide

Mes côtes sans feuillage, branches asséchées d’un torse,

Lorsque l’hiver gagne après le corps, le cœur. Lorsque

Plus que les hirondelles, c’est le printemps que j’attends

Avec ses floraisons où le temps s’enfuit soudain dans un regard vague.

 

Ah oui, Emma, je voulais te répondre mais j'ai effacé ce qui était ici, que certains ont déjà lu, pour le repriser et pouvoir lui donner de quoi s'insérer dans les Accusés-Réceptions.

 

 

 

 

 

 

 

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans de vous à moi
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commentaires

fragon 16/03/2011 22:14



Tiens, avant je voyais... me voilà aujourd'hui à entendre.


Voici ce que ton texte faisait remonter de mon cerveau à mon oreille :


- Il a passé sa vie à avoir peur de mourir et puis, il est mort. Au moins, il n'a plus peur maintenant.



le babel 18/03/2011 12:19



Bientôt nous toucherons, pas le fond, mais la base…



hervé pizon 11/03/2011 08:47



très beau texte.


 



le babel 16/03/2011 02:07



Je ne pensais pas à une telle nécessité, mais il faut avancer



emmanuelle grangé 01/03/2011 17:33



ps: impossible de le rapter! Tu me l'envoies, dis, dis ! en février était mon anniversaire, alors j'ai bien le droit d'un cadeau !



le babel 03/03/2011 22:43



C'est fait..



emmanuelle grangé 01/03/2011 17:31



Tu ne m'en voudras pas ? je copie colle imprime celui-ci, puis m'en irai un jour ou l'autre -bientôt- pirater quelque machine enregistreuse au poil.



le babel 03/03/2011 22:42



Ah et puis, beurre et dais ensemble, douceur et pan de lumière crème



Jean-Marc Lefebvre 28/02/2011 11:01



j'aime, comme on aime


j'adore le dernier paragraphe et ses floraisons



le babel 28/02/2011 14:05



floraisons à venir



SA RESTERA TOUJOURS UNE EMOTION 28/02/2011 07:32



VIVEMENT LES GIBOULEES DE MARS...ET UN PRINTEPMS CHAUD...



le babel 28/02/2011 08:47



Idem que pour L. groulez (nom très lyonnais, ne trouvez-vous pas ?) : j'ai préféré effacer cette version un peu reprise pour refondre le corps du texte...
Vous aurez lu les deux aspects en lisant la version désormais à part : sentirez-vous en quoi cela diffère ?



Lyonnel Groulez 28/02/2011 06:37



Un bistrot des ans où il faut ramasser certaines pièces et les garder loin de celui qui lorgne dessus. Que celle à qui ce joli message est destiné le reçoive. C'est un grand bistrot ici aussi,
puissions nous nous y tenir chaud.



le babel 28/02/2011 08:45



Désolé ce texte manquait d'usinage, j'ai entamé sa reprise, et collé la nouvelle version supra



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