Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 00:46

 

Un jour, j’irai où les oiseaux ne meurent pas en grappes, tombant tels des fruits renonçant à mûrir sur un pan du ciel. 

J’irais embrasser les gargouilles d’une église détrempée, rongée jusqu’au cœur de la pierre par les pluies acides, 

et sous la chaleur du baiser, les chéneaux à larges gueules redeviendront ce qu’ils étaient avant que la stupeur les pétrifie : des anges. 

Ce sera un matin où la brume s’écarte comme un rideau de douche. 

Puis un peu de parfum nous vient. 

Alors on sait que vêtue de bleu tendre, une belle arrive, fraîche portion de ciel en printemps, même avant la saison.

Ce sera le cri d’un amandier qui refuse le gel, ce sera un mimosa nourri de cendres après plusieurs étés d’incendies.

Je n’entendrai plus le vacarme assourdissant des hâbleurs 

me promettant la lune si j’accepte de les pousser vers les hautes fonctions dorées 

comme un bouton d’académicien sous les lustres de la République. 

Non, ce sera un jour de silence. 

Au-dessus de moi tournoieront des étourneaux, 

ou peut-être des corbeaux, ou bien je ne sais quelles plumes…

Je verrai tenir debout le lierre sans la maison, 

il s’accrochera au vent ou à ses habitudes, 

 aucun arbre n’étouffera sous son embrassade.

Un jour, j’irai où les enfants ont le temps de jouer sans devenir 

ni soldats, ni prédateurs en chef de la cour de récréation, ni délateurs ou zélotes. 

Dans un barouf ronflant, les bras écartés, ils me frôleront 

comme des biplans, écharpes au vent.

Ce sera sous un tilleul pleurant le jaune de ses fleurs entre l’ombre de ses feuilles, 

nous aurons, nous aussi, le temps de prendre nos âges par la main, 

pour les laisser nous guider d’année en année,

sans devoir gagner une vie que l’on a déjà.

Un jour, j’irai là-bas, où les oiseaux ne se laissent pas choir sur le bitume

à la recherche d’un pont d'où se noyer.

 

 

Carte des morts massives d’animaux (cliquez pour voir…)

 http://img832.imageshack.us/img832/4379/mdwo.jpg]

Partager cet article

Repost 0
rédigé par lebabel.over-blog.com - dans actualités
commenter cet article

commentaires

François Laur 20/01/2011 16:56



Désolé pour le redoublement du commentaire précédent : il y a eu erreur de manipulation.



le babel 20/01/2011 18:52



Warhol a osé plus…



François Laur 20/01/2011 16:50



Certes, maintes fois, l’échappée m’a séduit. Et alors ? S’échapper est un voyage à travers des pays peuplés désertiques fertiles des contrées des rivières à roues des vallées des montagnes
des mers des gouffres des cavernes des repaires des amours des fourrés rêves et insomnies ballets de cour femmes du roi, une terre sur laquelle vous croyez quelquefois pouvoir trouver un sol, un
fondement solide, une consolation, des fins dernières, vainement, jusqu’à vous mettre en quête d’un ailleurs, par nostalgie, sans doute, de vous ne savez trop quel mirifique jardin, quel enclos
merveilleux. S’échapper fleure l’espoir, la prévision, la croyance et la désertion ; vous avez le sentiment d’être guetté, dérouté, et que ni cartes ni GPS ne seront en état de vous porter
secours dans votre fuite forcenée. S’échapper semble s’apâturer d’heures, mois et années, reprend haleine dans les saccades les ruptures les syncopes, dans l’écart pour scruter un lointain de
ruines. S’échapper vous glace lorsque les entrailles vibrent de lourds vocables hardi effroi tempête. S’échapper s’aimerait monstre des grands fonds surgissant plein soleil : après tant de
nuit obscure et si longue submersion, enfin quelques rayons sur sa peau sans pigment. S’échapper en vient à s’échapper de lui-même ; alors, vous découvrez qu’il s’agit depuis toujours de
commencer à commencer, de conspirer à la libération du possible, malgré chimères, spectres et charognes qui hantent demeures et corps – malgré la fragilité de l’argile –, chevaucher
l’onde pulsatile du souffle et du sang, inventer votre chemin : injustifiable, injustifié, ni salutaire ni funeste. Faire ce qu’on peut avec la peau qu’on a, langue qui fore et
fouille, travaillante.



le babel 21/01/2011 23:34



et surtout comme le chante Julos, "que les nuages ne tuent pas les hommes".



François Laur 20/01/2011 16:49



Certes, maintes fois, l’échappée m’a séduit. Et alors ? S’échapper est un voyage à travers des pays peuplés désertiques fertiles des contrées des rivières à roues des vallées des montagnes
des mers des gouffres des cavernes des repaires des amours des fourrés rêves et insomnies ballets de cour femmes du roi, une terre sur laquelle vous croyez quelquefois pouvoir trouver un sol, un
fondement solide, une consolation, des fins dernières, vainement, jusqu’à vous mettre en quête d’un ailleurs, par nostalgie, sans doute, de vous ne savez trop quel mirifique jardin, quel enclos
merveilleux. S’échapper fleure l’espoir, la prévision, la croyance et la désertion ; vous avez le sentiment d’être guetté, dérouté, et que ni cartes ni GPS ne seront en état de vous porter
secours dans votre fuite forcenée. S’échapper semble s’apâturer d’heures, mois et années, reprend haleine dans les saccades les ruptures les syncopes, dans l’écart pour scruter un lointain de
ruines. S’échapper vous glace lorsque les entrailles vibrent de lourds vocables hardi effroi tempête. S’échapper s’aimerait monstre des grands fonds surgissant plein soleil : après tant de
nuit obscure et si longue submersion, enfin quelques rayons sur sa peau sans pigment. S’échapper en vient à s’échapper de lui-même ; alors, vous découvrez qu’il s’agit depuis toujours de
commencer à commencer, de conspirer à la libération du possible, malgré chimères, spectres et charognes qui hantent demeures et corps – malgré la fragilité de l’argile –, chevaucher
l’onde pulsatile du souffle et du sang, inventer votre chemin : injustifiable, injustifié, ni salutaire ni funeste. Faire ce qu’on peut avec la peau qu’on a, langue qui fore et
fouille, travaillante.



le babel 20/01/2011 18:53



Et ne jamais laisser à la douleur l'honneur du dernier mot...



hervé pizon 17/01/2011 19:38



zut ! ça marche pas !


http://www.youtube.com/watch?v=SgeI6G4CLMk


 



le babel 17/01/2011 20:32



http://www.youtube.com/watch?gl=FR&v=SgeI6G4CLMk, là ça charmera ça marchera au pas pas cadencé mais en décence cadence tendance de danse



hervé pizon 17/01/2011 19:38







le babel 17/01/2011 20:36



Bouge pas, j'apporte une clef de douze : c'est surement le delco. C'est toujours le delco....



Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages