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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 09:26

« Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome » attribué à A. Einstein. Alors, quelle fission envisager ?

Qui de Don Juan ou du médecin légiste connaît le mieux le corps des femmes ?

Questions, encore des questions.

Le café fume, et mes hésitations montent en moi. Je n’arrive même pas à être prêcheur en mon esprit. Toujours une pointe de doute s’échappe des vallées où j’ai remisé mes réponses, comme des granges, des silos. Le bout de mes phrases choisit la garrigue où le sens s’épuise, se disperse dans la rose des sens.

En fait, quelle est ma ligne de conduite ? Quand je serai stoppé comme tout le monde, quand la poussière crayeuse de l’accotement sera retombée, qu’auront dessiné mes freins sur la fameuse route du destin ?

 

Je vis à la verticale des ammonites.

L’histoire, ce n’est pas une droite entre une origine et une fin, une diagonale ascendante nommée progrès, une ligne descendante nous chantant « tout fout le camp ». Le temps, dans nos histoires, bégaye. Quatre saisons, trois cent soixante-cinq jours, retour de flamme, ricochet des frissons avec le tomber en amour, avant de laisser tomber.

Pour autant, ce n’est pas un cercle, un rond-point où patienter avant d’en sortir direction RIP, VIP ou SDF. Il y a trop de changements, trop de chaînons manqués ou manquants. Le temps dans nos histoires, dérive en hors sujets. Ça ne tourne pas rond dans nos révolutions.

Parce qu’en fait, l’histoire, c’est une spirale : à nous d’écrire le nombre des spires. Sur nos axes, des échos répètent et déclinent les thèmes qui étirent cette ligne entre son début et sa fin… Et en sautant par-dessus les spires, le temps se rapetisse : c’est un fleuve qui soudain enroulé se remonte de ponts et ponts, de saut en saut sur les pierres plates posées en travers. À la verticale des ammonites, zeste d’une orange pour calendrier. Ni droit ni circulaire, temps ou histoire, c’est de la spirale, une réglisse à dérouler.

Je vis à la verticale de toutes les ammonites : si une blouse blanche effectue à la pointe de son scalpel une fine coupe au travers de ma vie, on me verra descendre, en ligne droite ou rectifiée, des nautiles et des fonds marins ; l’éparpillement de mes atomes, à l’autre bout de l’escargot sera la semence d’une galaxie, arrivé à son oméga, il montrera les cornes sur Alpha du Centaure

Cela, je le vois bien. Le reste n’est qu’un enroulement de doutes, d’hésitations.

Je ne peux même pas être prophète en mon propre esprit.

J’attends que la fission des atomes des préjugés fasse exploser les prétendus savoirs des légistes, de ceux qui, pousse-au-crime, leur fournissent les pages mortes d’un hiver en plein été.

Quand Don Juan serait légiste, il ne saurait encore rien du corps des femmes…

 

 

 

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rédigé par le babel - dans de vous à moi
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commentaires

Dran 03/06/2011 13:29



Un texte reprenant les variétés du sombre ... buio ... effectivement, il me revient de manière incertaine "nût" (nuit) en wallon je pense, voir textes chantés par William Dunker. L'oeuvre au noir
comme germination. L'ombre comme refuge contre un soleil tyrannique. C'est une belle idée que tu as là. On t'ammènera nos réfugiés ...



le babel 07/06/2011 15:59



Chiche… mais pas ce soir, il fait trop chaud !



dran 31/05/2011 10:31



J'avais compris le début , mais je reliais "nît" à "nuée", nuage ... Dans l'incertitude j'ai préféré l'humour complice. C'est très beau. 



le babel 03/06/2011 07:40



Nuée ce serait plutôt Nebel. Depuis 43, nocturnes et nuées sont des mots salis, prostitués. J'envisage un refuge pour ces mots qui n'y pouvaient rien.



Dran 30/05/2011 22:37



En dat in da kas ! (quelque chose comme "et vlan dans les gencives !" - en moyen-haut bruxellois ; - )))



le babel 31/05/2011 04:10



je n'avais pas traduit…


le sens est ambiguë, entre


"Le jaillissement seul, et rien de désolé sauf moi"


et


"L'origine (du monde), et rien de nu sauf moi", ce que mon psychanalyste reliera à Courbet : il est payé pour ça



Dran 26/05/2011 01:07



nescience ou gai sçavoir abandonne-toi au nuage d'inconnaissance pzrfois pourquoi pas


 


Donna Juana



le babel 30/05/2011 21:09



Nur Ursprung unt nît bloz zonder ik (ah ! le moyen-hat allemand : un poème !)



anatole2011.over-blog.com 23/05/2011 15:31



et puis je prends des risques et je me trompe et qui suis-je moi pour vouloir ainsi mais j'ai fréquenté des ateliers où tout se disait où tout était remis en question remis à l'ouvrage composté
redonné à lire et ainsi de suite jusqu'à l'inébranlable poème sans un mot de trop tout plutôt que le silence, n'est-ce pas?



le babel 30/05/2011 21:06



Oui, tu prends des risques, car tout ce que j'écris est déjà élagué… mais va, vole et me venge…



Jean-Marc Lefebvre 23/05/2011 00:49



en réalité, je ne le réécris pas, je l'élague, car tout est déjà là !



le babel 30/05/2011 21:05



Que les raccourcis ne te mènent pas hors du Guide des Égarés…



Jean-Marc Lefebvre 23/05/2011 00:12



proposition de dialogue


je réécris Fission des atomes et des préjugés avec l'unique préoccupation d'ouvrir le sens


pour que chacun puisse faire sien le texte


je n'ai d'autre motivation que le texte lui-même, je t'assure et j'ai l'avantage de l'oeil extérieur, j'ai donc de mon côté la distance


et un immense respect de tous ceux qui prennent temps et vie dans l'écriture


Es-tu d'accord pour ce jeu d'atelier?



le babel 23/05/2011 06:20



Dans une heure, je quitterai la gare, retour vendredi. D'ici là, sans réseau ou presque, fais ce qui te parais bon : il y a peu de chances que je puisse lire ou répondre !



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