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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 10:57

Je n’ai pas chaud, je n’ai pas froid.

Je ne suis pas affamé, je ne suis pas rassasié.

Je ne connais pas de toujours, je ne connais pas de parfois.

Je ne suis pas bien, je ne suis pas mal.

Je ne suis pas au septième ciel,

Ni au trente-sixième dessous.

Je ballotte juste dans du rien.

Un flocon d’avoine dans du lait

Poche terne sur fond pâle

Et voilà pourquoi ce que je dis, c’est rien.

J’écris rien, je me tais, mais,

c’est plus fort que moi, à voix haute.

Je fais le bruit de mon temps,

le bruit que ça fait :

ici et là, de par chez nous autres.

On n’est pas malheureux,

mais ce n’est pas la joie ;

les jours se lèvent, les jours se couchent :

aucun n’est pareil, c’est étudie pour.

Du coup, tous se ressemblent,

avec leur air de pas pareils.

Ils n’ont pas de couleurs,

parce qu’ils en ont partout.

C’est comme ça dans la vie, de nos jours.


Il y a de l’imprévu aussi :

C’est prévu dans le pack

On n’a pas le temps

Mais on gagne du temps

On envoie à l’imprimante

Des pages vides comme blanches

On branche les baffles

Pour tomber dans le déjà dit

Pour inventer demain

On copie l’invention d’hier

Ce qui a marché, charmera

Ni en haut, ni en bas

Pas de face, pas de dos

Même plus fade

Plateaux garnis

On n’est pas chaud

On n’est pas froid

 

En politique ?

On n’a plus de gauche

On n’a plus de droite

On se recentre

Mais pas au centre.

Le sable coule des deux côtés

Au milieu il y a rien

Drôle de goût qu’a ce temps

Mais goût quand même, goût du jour :

 

S’approcher de la fenêtre avec la barre de bois écaillée

Où s’appuyer des mains le temps de regarder

Et voir des choses sans importance

Dont aucune ne doit manquer

 

On est juste éveillé et c’est la nuit

Mais pour faire quoi et avec qui

Puis on dort sans sommeil

Divan devant la télé allumée

Pas vus pas pris

Lisses comme les discours calibrés

On avait été chaud un jour

Mais on a refroidi nos principes

Quand on est resté de marbre

Et qu’on a dégelé par principe

C’est comme ça de notre temps

Et certains rêvent d’avant

S’ils ont manqué l’avant, il en reste

D’autres attendent après

On s’arrangera, il y en aura, ça ira…

Ni jeunes, ni vieux

Ni ci ni ça

Ni heureux ni triste

Pas même mous, pas vraiment durs.

 

Dans l’air climatisé, une seule saison : l’année !

Clartés tamisés, nuitées éclairées,

Ça passe lentement, longuement

Puis ça se replie, tout tassé dans un

« Comme le temps passe vite ! »

Après Pâques, Noël ?

Après Noël, Pâques ?

 

 

Même pour dire le commencement

celui des premiers débuts de ce vingt-et-unième siècle

de civilisation, où nous sommes arrivés,

Chez nous

On sait faire, mais on n’y arrive pas.

On prend du fané piqué sur un cure-dent,

on ajoute du futur à la ligne,

juste pour boucher le trou entre les deux,

ce trou où tombe le rien qu’à présent il faut dire.

On rajoute une tomate cerise.

Belle brochette et puis d’autres suivent.

La table est mise, basse, en attente

qu’un verre vidé libère les langues

Et que le silence enfin crève

comme le rembourrage trop vieux du fauteuil

Mais le rien à dire qu’on dit

n’a jamais  fait ce silence-là

qui après Mozart est encore du Mozart.

 

 

Je n’ai pas sommeil, je vais aller me coucher

Je n’avais faim quand j’ai mangé

Je n’étais pas en colère quand j’ai protesté

Je ne suis pas mort, et je ne suis pas en vie

Je suis de ce temps qui est notre temps

Un point : c’est tout.

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans archives
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commentaires

hervé pizon 18/12/2010 23:12



entre deux c'est-à-dire sur la lame.


 



le babel 19/12/2010 13:33



"et ça saigne encore", dirait Manset



Arnaël 18/12/2010 14:46



L'individualisme est toujours forcené, de la "cool" attitude se créent les "freaks" des comics, les avatars des mangas, les antihéros des bandes dessinées, et l'autre, et sois dans tout ça, la
panique se raccroche au fric?


 


Ma couleur est le noir, et des pastels irisés y vivent.


 


Amicalement, Rémi



le babel 19/12/2010 13:34



cool, freak, héros, panique : que de sons à travailler dans ta remarque… 



SOAMI 18/12/2010 11:18



...c'est tout et c'est déjà pas mal...



le babel 19/12/2010 13:35



pas mal ? Même pas mal ? Veinard…



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