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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 23:17

Monades urbaines

Solitude même avec soi

silence des rivalités mises au loin :

l’heure d’été recule les cessez-le-feu

Dans un rai de lumière tournoient ces poussières où Dante voyait des anges : j’ai sans doute reçu un ange dans l’œil.

Depuis, je n’en vois guère d’autres.

Sur le faîte de nos toits où miroitent tuiles et pigeons, une armée de bonnes intentions bouche le ciel, comme autant de fumets d’usine, de chaudrons infernaux où nos prédations mijotent.

Nous crèverons de nos pollutions, nous étoufferons de notre prédation. Pour un poste, pour un pays, pour un pouvoir, pour le meilleur morceau dans le plat, pour la place à côté du chef qui nous permettra d’assassiner le chef si besoin, par précaution, parce qu’on se sait jamais, parce qu’on ne peut pas faire confiance.

 

Prédateurs... L’homo predator predatorum. Plus que sapiens. Le sapiens sent le sapin. Quand nous serons fossilisés, dans un million d’années, on retrouvera nos dents, acérées et puissantes. Or nous sommes déjà fossilisés dans nos carnages.

Prédateurs complets : nous avons choisi des dirigeants à notre image, capables d’incarner, d’insérer dans la chair, une nation dévorant l’autre nation. Ce n’est plus chose à penser, mais quotidiens persillés de haine, diaprés de violence. Un champ de fleurs carnivores en couronne sur la tête de l’humanité, chapeau-claque et gueule de croque-mitaine, le futur avance son fiacre : et vive la mariée !

 

Pour que « ça » change, il faudrait rater une marche dans l’évolution, être un chaînon manqué dans la chaîne alimentaire.

 

Nous sommes chacun un pixel de l’écran. Chaque pixel doit changer de lui-même là où il est. Ou bien l’écran restera de la même couleur, mais grâce aux avancées technologiques, de plus grandes en plus grand, de plus en plus offerts aux sommelleries quadrichromes : à force de les répéter, nos prétextes sont devenus des grands crus.

Les dalles des télévisions sont les étendards des leurres où s'enrôlent nos demains, enfants de troupe promis au carnage pour tuer la concurrence dans l'oeuf.

Tout se mêle depuis que les révoltes ont eu leur quart d’heure de raison d’État.

Sûr qu’il faudra du temps ! Tout un lac à océaniser ! Je suis une paillette de sel à la recherche d’un océan.

 

 En attendant

Toi, le monde

 

Je ne peux plus te souffrir

En souffrance, le monde

Dans le cri des enfants

Et le craquement des murs

Des tanks qui s’effondrent

Dans des larmes qui ne chantent plus

Et dans la sourde plainte

Des fleuves qui rougissent

Comment te souffrir, le monde ?

 

Souffre que je te montre quand

je te goûte, le monde

Dans ces rires nocturnes

Et les odeurs de pain chaud

Qu’on achète au tout petit matin

Dans les mots inutiles, parce qu’ad hoc

Et dans la lente forme

Des amitiés qui s’écoulent

Qui dégouttent sur toi, le monde

 

Souffre que je te montre que

je te souffre, le monde

Dans les villages noirs

Sous la cendre et la pluie

Dans les masques nègres

Trophées pendus en nos salons dorés

Et dans le roulement

Des percussions funèbres

Comment te souffrir ce monde ?

Me dégoûtant de toi, le monde

 

Je ne peux plus souffrir que

tu me souffres, le monde

Dans le clochard glacé

Qui boira mon écot

Entre deux insultes

Dans les indifférences des files d’attente

Comme dans les quolibets

Des gorges déployées

Je t’y souffre le monde

Tu dégouttes sur moi, le monde

 

Souffre que je te montre

Qu’en crier, le monde

Dans les appels boursiers

Annonce de déroutes

Dans les chômages nus

Où les journaux parlent d’autres vies vivantes

Et dans le long silence

Des téléphones muets

Je t’y souffre, le monde

Comment te souffrir, le monde ?

 

Je te souffre, le monde

Dans les amours déçues

Qui finissent en tendons

En un corps recouvert

Enfin, mais bien trop tard par un simple drap

Et dans ce mémorial

Qui prélude à l’oubli

Je te souffre, le monde

Qui dégoûte tant de monde

 

Mais, c’est la vie, le monde !

Prends ton manteau, et viens

Tout le monde te regarde

On rentre à la maison

En vieux couple râleur

Qui s’aime et ne peut ne souffrir,

Oui, le monde, je sais, je sais

Comment te sourire au matin du monde ?

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans actualités
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commentaires

hervé pizon 06/04/2011 22:09



pourquoi dit-on rien ne change tout évolue ?



le babel 09/04/2011 20:33



parce qu'oublier est notre méthadone



Brigitte Fraval 28/03/2011 18:32



Tu as clos tes paupières sur des chimères,


Enfoui ta misère au chaud de l'gnorance.


Tu as scellé tes lèvres sur tes cris naissants


Silence ,coupable préface au néant


Tu as écarté de tes deux mains ,poings fermés


Tous tes rêves d'avant les ténèbres.


Tu as perdu le goût des écorces et des pierres douces ,


Oublié le chant des arbres et des feux.


Tu as déserté les chemins d'échappée belle


Et voilà que tu pleures ,perles mortes


Sur le magma froid de ta conscience


Dont rien ne renaît sinon l'offense.


 


 



le babel 29/03/2011 23:44



"Tu", lui, mais pas moi, et si tu as lu cela, toi non plus



Jean-Marc 28/03/2011 00:51



ce cri, écrit


un tour du monde


des siècles d'errance


des oiseaux de poussières


cette souffrance on dirait


ce dégoût cette part


d'ombres lasses


puis un rai de lumière


un sourire au matin


ainsi va aussi le pas


dans ce monde


et le paresseux


cet anti struggle for life


fait mentir Darwin


 



le babel 29/03/2011 23:43



Ah comme j'aime que des poèmes soient en écho



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