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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 00:40

Puisque tant d’horizons se chargent, 

Que la langue grise des rues lèche

Les gencives en briques surmontées

De diamants prêts à mordre les nuages.

Puisqu’une lourde haleine remonte du ventre

De la ville par les métros aux portes peintes

Avalant les uns ou les autres par habitude

Beaucoup plus que par gourmandise.

Puisque tout va sur les travers, que les cernes

Envahissent de boue les yeux fleuris des parcs

Que les jouets sont maquillés de deuils

Et que les jours s’éveillent troublés, pâteux.

 

Alors, près des ponts aux longues rêveries,

Avec les feuilles qui s’enfuient dans la pluie

Venue boire la neige à lente goulées... 

Alors, près des futurs qui s’annonceraient

Si rien ne brisait la ronde du courant

Lorsque sous les arches, le brun bouillonne.

Dans les reflets des miroirs qui se voilent

La face pour ne pas mentir aux Alice,

Pour tromper l’ennui dans une chambre

Parce qu’être enfant c’est être vivant

Dans un œil qui cligne sous le jeu,

Et on dirait que j'étais même pas mort.

 

Pour le silence, la pudeur d’une ombre

Le grain salé des murs de la cave tempérée

Où mûrissent les pommes d’hiver en leurs casiers,

Pour l'ombrage des arbres sans feuillage autre

Qu'une escadrille de moineaux affamés :

Je veux sombrer dans la clarté !

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans principes
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anatole2011.over-blog.com 28/01/2011 01:27



que j'aime ce texte


et sa chute


illuminée



le babel 28/01/2011 02:33



C'est devant une toile de Soulages que j'ai en partie compris cela



hervé pizon 11/01/2011 23:10



voilà un bel éclairage du sombre



le babel 17/01/2011 07:59



selon le TLF, on a aussi :


 




SOMBRER1, verbe trans.
[Notamment en parlant de la voix, d'un timbre, d'une note de mus.]Rendre sourd, grave ou voilé.



SOMBRER3, verbe trans.


AGRIC., vx.Donner le premier labour à une terre. (Dict. xixe et xxe s.).


 


Je pourrais donc prolonger, j'aimerais savoir le faire, jusqu'à vouloir
:





Sombrer toutes les stridences des faubourgs au
réveil


Sombrer l'aube pour que les belles nuits y
bourgeonnent



fragon 07/01/2011 11:58



Un des plus travaillés... j'ai vu que tu lis LilaKwin.. pourquoi me fait-elle penser à toi ?



le babel 07/01/2011 13:42



Pourquoi je ne sais, mais je sais que tu as lu le cheminement lent de ce poème, ses versions peu à peu gommées du trop dit et du trop peu dire... Et tu sais
quelle est cette dent de janvier en six jours ! Normal ! Tu es ma lecture critique.



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