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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 16:49

 

Bientôt, le blanc va s’en aller

L’érosion du caché songe à

Ce qu’il faut travailler sous la neige.

Mulot de fer, la rouille patiemment ronge

Quelque chose dans les entrailles du monde

Quelque charrue oubliée sous la terre beige,

Quelque rose de juin sous les glaçons d’hiver.

 

Marchant à l’orée du square, par la grille habituelle

Dans le jardin, tout est sous contrôle du froid…

Lichen et mousses durcissent par principe :

Plus appliqués à la rigidité des bornes

Moins à la fluidité des lames de fond,

Le pont de bois vert sonne comme s’il vivait encore

— peut-être vit-il quand il fait passer d’une berge à l’autre —

Puis sur le chemin, les feuilles givrées jouent sous les semelles.

Plus loin, se pose un gris sur le sombre

On jurerait du bronze, reflet figé aux formes vagues

Non loin du plan d’eau gourd : un marronnier nautonier,

Un Caron de ruisseau, machine à enjamber le temps, à ponter les jours.

Le futur a un goût de souvenir ;

Le bitume est une marelle ;

Le muret des puits, un appel ;

Et le présent, ce présent son écho

Y ai-je par jeu jeté une pierre : en vain…

L’obscur de l’hiver déglutit des silhouettes,

Les théories s’abîment dans la gueule des bassins.

Sans un bruit.

Alors : lever les yeux, percer un peu la brume…

Soleil ou baie rougie, lip-Styx du visage pâlot en tulle,

Un brouillas sombrement grenat,

Entre les dents du couchant passe le temps,

Chuchoté, dans le gel et l’haleine fumeuse

Mouvements immobiles entre deux lèvres, entre eux et nous.

Les nuages sont les cristaux ronds d’une logique molle.

Demain a droit de citer plus qu’en souvenir d’hier.

Tiens, une fleur en un vase déjà…

Déni préventif du gel,

Il n’est pas de coquelicot qui vienne fleurir sur la neige :

C’est étrange, car les guerres n’arrêtent jamais

De rougir les pages blanches

 

Mais au jardin, en paix funéraire,

je peux continuer

À crisser du gravier, faire de nouveaux pas, avec les mêmes sons.

D’ailleurs, j’ai déjà repassé le bosquet, le pont, la grille…

Qu’importe :


Dans le jardin, tout le contrôle du froid est muet sans moi. 

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans principes
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commentaires

hervé pizon 11/01/2011 22:51



le manteau de neige.


 



le babel 17/01/2011 08:02



oui,manteau de neige


écharpe de brume


cabe des révérbères


et chapeau que toits des aubettes.


Seuls quelques uns des arbres s'en vont nus dans l'hiver,


attendant l'été pour se couvrir de milles guenilles vertes



Rudes rêves (poésies par Philippe Cougé) 07/01/2011 08:13



le bitume est en effet une belle marelle



le babel 07/01/2011 11:38



Parfois le bitume est margelle plus que marelle, et d'un pas on s'en va tomber sans cesse dans le fond sans fond d'un reflet au clair de lune...Enfer, ciel paradis, sur un pied, clochant clopant
des braises en soleil couché tôt.



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