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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 02:42

Souple le temps se faufile en s’effaçant

En se fondant tout simplement dans l’ombre

Là où quelques résidus d’ors brillants logent,

Premières braises alignées sur les gilets,

Médailles sorties pour le jour du défilé,

Novembre joue aux petits soldats de glace.

Les tombes sont fleuries : des drames plein la jauge !

Secrets d’états et de famille, à votre choix…

Mais rien n’arrive qu’un soir de plus, en chasse ;

Dans les rues désertes, la pluie décrasse la suie,

Les arbres, un à un, se laissent tondre, résignés

 

Les parfums de thym, de cyprès, de sauge,

Ces plaisirs estivaux exilés entre mémoire et désir

On peut s’inventer sous la laine des palaces.

Remplacer les bars lustrés des campagnes plaquées

Par deux trois bals costumés place des Doges…

Nos clartés mentent, confuses, tête basse,

Laissant regarder leur soleil froid en face ;

Un peu plus de gloire pour que le temps passe,

Inaperçu, blessé parmi les mutilés ?

Des silences fades se laissent enfin empiler

Avec la laine et l’oubli pour cuirasse.

 

Au-dessus du canal la brume s’amasse :

Elle frissonne comme frissonnaient les Vosges

Quand on n’y survivait que de guerre lasse :

Novembre ? Que crois-tu me faire regretter !

Voici décembre, où la gaîté est de mise

Voici la fin d’année, où les bilans mentent

Voici le passage obligé vers les baisers sous le gui

Novembre : ta froide paix avec ses monuments,

Ses vieillards décorés pour des pages oubliées ?

Novembre, sous les néons, tu n’as plus de saison.

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans principes
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commentaires

Fragon 08/12/2010 22:31


Je vais mettre un lien sur ma page.


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:20



Je vais aussi mettre mes liens à jour, cette nuit peut-être



Llanafan 07/12/2010 12:29


J'ai longtemps détesté les arbres nus, j'apprécie maintenant leur solide ossature, cela pourrait même me rassurer.


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:19



L'arbre est un eczéma posé sur la peau de la mort et du vide...



hervé pizon 06/12/2010 10:51


les bilans mentent et les résolutions approchent.


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:19



je me demande si on ne pourrait pas intervertir tes termes… 



Seb (Skarod sur Myspace) 06/12/2010 10:26


Un plaisir de vous lire!


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:17



Combien de mots de Skarod ai-je déjà lus…



François Laur 06/12/2010 10:21


Wolfram von Eschenbach, tout amour de sa châtelaine, sentait-il sous le tilleul l’odeur des masques en bois blanc du Fayoum, celle des autres très passés, des entretués, des ensevelis sans linceul
chemin des dames ou ailleurs ? Ni les couronnes ni l’or terni des chrysanthèmes dans la pluie fine et les frimas ne parviennent à recouvrir bouches tordues, os brisés, dispersés, entassés, ventres
ouverts au champ d’honneur labouré au soc d’obus pour la prochaine semaison. Il y avait peu de foi dans l’harmonie entre l’ultime bleu très doux des dentelaires et la garance des pantalons quand
tombaient les fusillés avec les dernières feuilles des trembles. Et le noble jeu de l’Oie s’est mis à cacarder : Victoire ! Où donc le jeu ? Où le temps des cerises ? Qui redira jamais : les
tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ? Reste, plus rouge que sang mensuel, celui, précaire, de l’ampélopsis : beauté muette, ainsi que la volupté des collines, dans l’automne décisif.


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:17



 


Drei pfenning in dem peutel /und ain stücklin brot /,das was von haim mein zerung
/ do ich loff in not/.von fremden, freunden /so hab ich manchen tropfen rot /gelassen seider, / dass ich wand verschaiden… Gen Preussen Littwan /Tartarei Türkei uber mer /gen Frankreich Lampart /Ispanien mit zwaien kunges her /traib mich die minn /auf meines aigen geldes wer /Ruprecht Sigmund /baid mit des adlers
streiffen./Franzoisch, mörisch katlonisch und kastilian/teutsch, latein, windisch, /lampertisch, reuschisch und roman/die zehen sprach hab ich gebraucht /wenn mir zerran,/auch kund ich
fidlen/trummen paugken pfeiffen... Ich Wolkenstein /leb sicher klain vernünftiklich /des ich der werlt/ also lang beginn zu hellen /Und wol bekenn /ich wais nicht wenn ich sterben sol /das mir
nicht scheiner volgt/wann meiner berche zol /het ich dann got zu seim gebot /gedienet wol /so forcht ich klain dort /haisser flamme wellen. (Oswald von Wolkenstein)



Sybille de Bollardiere 06/12/2010 09:23


Ravie de vous voir ici, de découvrir vos mots.


lebabel.over-blog.com 10/12/2010 12:15



Oui, il faut tout apprendre : comment répondre aux commentaires, par exemple



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