Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 12:08

 

Rien ne semble arriver, mais sans ennui :

Des nuages fondus avec les galets lourds et gris,

Une lame, un soleil font d’un coteau un couteau.

L’horizon est une utopie, une vague idée bouchée

Par les nuées rocheuses en camaïeux. Dans ce réduit,

Chaque bruit plonge, le ciel tombe en petits morceaux,

Esquilles de petits printemps, crépitant comme frits.

Le lac sans reflet hésite entre la craie et la suie.

Il pleut sur l’eau. Il brille comme s’il ne pleuvait pas.

Aucune pluie ne trouble pourtant l'onde grave du lac

Il ne bronche pas. Encastré dans les restes

De l’hiver, il ne laisse rien paraître. Taches prises,

Arche-en-ciel et ombres sont sans effet ni reflet.

Tout le ciel tombe et rien n’atteint sa peau de cuir,

Ni n’arrête le mauvais temps : puis le temps suit,

Sans coup férir. Lente sérénité, immobile :

Rien ne distrait la pluie ensoleillant le ventre des truites

Dans les flaques, comme s’il ne pleuvait pas de lumière.

Seule la montée des eaux annonce l’écoute en surface

Bien plus profond que les rides, il giboule dans

Les tripes enlacées de vases et d’algues noyées.

Dans le silence, les grelons, accueillis carillons

Au tréfonds du placenta lacustre du printemps,

Gèlent des reflets irisés sur les écailles des torrents.

Un jour, par là-bas, le lac coulera en riant le printemps,

Couleurs du soudain fracturé dans les pentes

Egarées parmi les prairies, pour la vallée.

Pour l’heure, il soleille comme s’il ne pleuvait pas..

Partager cet article

Repost 0
rédigé par le babel - dans actualités
commenter cet article

commentaires

anatole2011.over-blog.com 14/03/2012 23:43


alors, je dirais le réel bien croqué, conférant même au croquis quelque chose comme une anima

anatole2011.over-blog.com 14/03/2012 15:58


davantage qu'un croquis, un paysage fouillé, âpre contemplation, intériorité d'un regard débordant

le babel 14/03/2012 22:54



un croquis oblige à croquer dans le réel, et non dans un prétexte pour un état d'âme, pré-texte comme son nom l'indique.



emmanuelle grangé 10/03/2012 13:45


si tu n'étais que fataliste contemplatif, cela frémirait à la surface des ondes; or cela grince et giboule plus profond.

le babel 10/03/2012 13:52



Quand j'aurais gommé les doubles marques, les répétitions, cela partira vers un poème.
La liberté est la plus terrible des fatalités : elle m'oblige à me vêtir de la peau que j'ai tissée.



patrickdreux.over-blog.com 10/03/2012 12:25


Tu nous ensoleilles!

le babel 10/03/2012 12:57



Ce qui pleut t'a-t-il plu ?



Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages