Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:15

Le ciel est assurément sirupeux,

Azur ou blanc tendu molletonné,

Débris de futurs névés pelotonnés

Le poids du rien froid et sérieux

Comme une lame peinte parfois en bleu

Et sur les reflets de coton blancs

À la brune y saigne le couchant

Quand les nuits de février sont longues

Quand s’épuisent les stères de rêves

 

Un reflet court de lampes en rayonnages

Se perd dans un miroir vers l’horloge

Que l’impatience sombrement interroge

Que l’ombre réduit à un léger bruitage

Que les aiguilles transforment en âge

Puis sur les façades bientôt humides

Le vert de la pluie coulera solide

Que ces nuits en février sont longues

À attendre que l’hiver s’achève

 

Plus tard le vent crachera dans l’herbe

De fins ventres de truites, galets d’averse

Où les congères se changent en gerbe

Où crâneur un chiendent déjà perce

Où quelques oiseaux conversent

Sur le fameux retour des hirondelles

Quand les cœurs racornis dégèlent

Là ces nuits en février seront brèves

Oubliées dans la montée de la sève

 

Oui, mais d’ici là, à nous la patience

La chaleur des fumures, la faïence

Des ciels bétonnés : on ne pense

Qu’à ces nuits de février si longues.

Partager cet article

Repost 0
rédigé par le babel - dans actualités
commenter cet article

commentaires

Seb 06/02/2012 10:38


Je vois aussi quelque vache dans ce ciel de février...

le babel 06/02/2012 18:16



Tiens donc, tu les remarquées ?


Sans doute quand l'oeil exercé les voit le mieux, à l'heure de la traite encore de nuit, quand la crème mousse dans les cônes des
réverbères, quand des mugissements se cachent en imitant le vent sous les tôles, quand une odeur de cuir monte des manteaux séchés comme
du carton par le radiateur ?


Oui, tu as raison.


Mais je dois le nier, car j'ai une réputation d'homme sérieux à défendre.


Ceci te permettra cependant de goûter à la sodad solitude d'Alvaro da Campo, gardeur de troupeaux.



Brigitte Fraval 05/02/2012 20:38


Déjà , léger , le parfum des lilas rôde aux croisées .Quelques arbres impatients racontent à qui veut les entendre les feux de l'Eté .Le soleil est en maraude .Il attend son heure .Mais combien
de morts encore, surpris aux bancs gelés ou aux portes des immeubles cossus .


Puissent ces nuits de Février vite s'égréner !

le babel 06/02/2012 03:09



Et comme chaque année, l'amélier, ou amandier comme on veut, laissera brûler de ses pétales blancs dans le dernier gel. Surtout ne pas imiter son
impatience.



emmanuelle grangé 05/02/2012 12:15


muscles courts du début, muscles longs ensuite. En bouche chauffée, articulés, finalement murmurés.

le babel 06/02/2012 03:08



Lentement le dégel, des congères aux ruisseaux. Je suis heureux que tu l'ai testé "en bouche" : j'avais oublié de bien vérifier sa sonorité.



patrickdreux.over-blog.com 05/02/2012 11:21


La patience est légère à te lire, comme à la surface de l'eau la promesse des saisons...

le babel 05/02/2012 11:32



Le charme des antalgiques n'enlève pas la sanie, mais la rend plus jolie…



Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages