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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 00:00

Viendra le mauvais temps, passé à s’asseoir et attendre,

Tout git là tiède et engourdi, tendons comme réflexes

Les désirs comme les regrets s’en vont dans le plomb du ciel

Où se noient les fêtes et les splendeurs estivales ;

Il pleuvra depuis si longtemps que le sec passera pour une légende,

Rien ne viendra troubler l’arthrite figeant corps et pensées

On se plaira juste à imaginer que

Parfois certaines âmes moisissent

Car ce leur serait un sursaut de vie.

 

Je me suis promené comme on se promène immobile

Dans l’ancien village d’Ouradour, en bordure d’Hiroshima,

(Ou bien était-ce en Syrie, en Colombie ou à Paris ?)

Là rien ne s’aperçoit, quand on garde sur les yeux

La peau des leçons apprises, la morale obligatoire…

Sur une pierre, un vieil homme pleurait,

Enfin l’âme ou l’esprit ou la vapeur d’un vieil homme,

Car dans ces là-bas ne vivent que des ombres,

Je lui ai demandé pourquoi sa peine comment son deuil

Lui il m’a annoncé sa douleur de se voir aux arrêts,

L’horreur d’avoir été démasqué, jugé et emprisonné,

Il serait bon, me suis-je dit en le quittant,

Qu’enfin son âme moisisse,

Ce ferait là un sursaut de vie.

Après le vert des pourritures, lavant les coupures

Viendrait une lente mousse

Et de peu en peu, de pluies en larmes

Qui sait si de son âme stérile ne pousserait pas un pommier ?

 

Lors, je ne peux plus penser à rien

Je suis moite mais ni de pluie ni de sueur

Je suis inutile, inondé de torpeur,

Rhumatisant moitié du corps, moitié du cœur

Je regarde sur le lichen de mes livres

Croupir les souvenirs des jours pâlis,

Malheureux ou gais, ils se sont éteints

Avec leur souvenir inhumé, déposé

Comme gerbe dans les notices officielles

Là je me dis, qu’il ferait bon qu’enfin certains

Moisissent, et gagnent un sursaut de vie...

 

Dans la calme mouvance des eaux dites mortes

Dans le bourbier lourd et fangeux

D’où à chaque fois est revenue la vie

Je voudrais redire aux gens de peine,

Une fois les deuils taris, qu'on laisse

Se gâter ce qui ne semble plus en vie autrement

Ce qui ne bouge que par la vermine

Qui s’agite dans les entrailles du cadavre

 

Puis dans l'encoignure rongée

Où nichent d’étranges insectes

Que surgissent les fêlures fleuries

D'une annonce de printemps,

Aussitôt qu’on publiera le décès de l’été.

 


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rédigé par le babel - dans actualités
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emmanuelle grangé 26/08/2012 19:43


le colchique est-il vivace, annuel ?

le babel 26/08/2012 21:01



Il est dans le "toujours futur permanent" des Sonnets à Orphée, mais comme caché, ainsi que tout beau poison se doit.



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