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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 09:54

Clodo : ça risque gros.

Ça pue l’échec. Mat, carte de départ, tarot truqué, jeu sans gagnant. Clochard. Campeur à côté des prestiges, insécuriteur social, « Clochard » ? Certes, pas tous les SDF mais les quelques certains nommés : « Clochards célestes », Kerouac™ © dixit. Ils sont en rond autour d’un bidon brûlant, vont sous les ponts où il fait encore plus froid car dans tous les paradis coule un fleuve. Le clochard céleste aime rêver sur les berges d’un paradis. Seine ou Gange, Bénarès ou Bruxelles : idem. Le hic est que les paradis, ça ne se bâtit pas : ça batifole, et on s’y love, ça pousse et on s’y endort dans les meules de foin, les pailles des soleils exténués de réchauffer le sang.
Il est ingénieux, le constructeur de nuages conformes aux normes à dénormaliser si… ah si la vie obéissait un peu à sa vie... Mais la vie n’obéit pas : les treilles et les trilles se moquent des grillages, les kakis font des jardins de Noël dans les jardins de banlieues torchonnées de gris. Quand on lui jette une pierre, la vie ramène le soleil couchant comme un chien sa balle... Les jours se passent le mot, et ricanent au passage : « clochard, pochtron, clodo au poteau !!! » Il voudrait… tiens ! Faire des ricochets avec un Louis d’or sur les calendriers. Ça ferait taire les quolibets des jours. S’il pouvait mettre son doigt dans la peinture, il redessinerait la course de la lune, et sur le ciel, une trace blanche ondulerait dans les rondeurs d’un corps de femme endormie. La course serait courbe, si belle, plus belle que celle anguleuse de la Bourse. Il voudrait bien, mais, il est à la cloche. Et celle de Wall Street ne carillonne pas pour lui.
Il voudrait interdire les pleurs. À partir ce cet endroit très précis, il le montre du doigt, là, au bout de l’abribus, il ne peut qu’échouer, comme un rafiot de pirate mangé par le sel et les coquillages, allongé sur une plage où ne passe aucun touriste, juste des gens occupés avec des manteaux à ne pas tacher.
Céleste, il pendouille du ciel, surchargé d’un rêve devenu un pensum.
Clochard Céleste, ça ne craint pas la peur : il fait aussi froid dehors qu’il gèle dans les yeux de ceux qui ont les moyens, des Décideurs Mondains.
Décideurs Mondains, ça aussi, ça risque gros. Ça sent nos échecs. Maté, carte de départ truquée, jeu sans gagnant. Mondain. Endetté à la Compagnie ™©. Mais décideur du côté des prestiges, insécuriteur social, affairé toujours sur le pont, occupé à voir passer les cadavres de ses ennemis, parce que dans son paradis, la sainte scène de ses parades, coulent des noyés, et donc il faut un fleuve. Pour inonder les autres paradis, même pas conformes aux normes, et faibles...

Il est ingénieux le vendeur de nuages de normes à respecter… Et les vrais gens lui jetterait bien des pierres, et lui ferait bien une trempette dans des Louis d’or, entre deux bronzage sur des plages interdites aux simples touristes, etc.
Idem à l’envers les deux décors se répondent, écho l’un de l’autre. Miroir, mon laid miroir ?
Clochards célestes comme décideurs mondains ? Peut-être, mais ceux qui ont les ongles les plus crados ont les mains les plus propres, ceux qui ont les cheveux les plus gras ont des rêves bien plus fins.

 

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rédigé par le babel - dans de vous à moi
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Brigitte Fraval 31/01/2013 13:32


J'ai lu cela ,de la colère plein les yeux .


Décidément la honte n'est pas là où on la croit , où on la place . Mais qui est donc ce "ON" ?

le babel 31/01/2013 20:01



Que des visiteurs d'un musée soient de vrais fléaus, ma foi, c'est la faute à pas de chance. Que le personnel du musée leur donne raison est incompréhensible. Qu'une ministre (de
gauche) bénisse le tout, cest innaceptable.



Brigitte Fraval 31/01/2013 13:00


Remettre des étoiles dans les yeux où plus rien ne brille , détruire les trônes d'or de l'usurpation , du mensonge ...Merci Joseph .

le babel 31/01/2013 13:24






Hier, un couple et son enfant sont allés au Musée, avec leur accompagnateur d’Aide à Toute Détresse (ATD 1/4 monde) : ils ont été virés parce que, selon d’autres visiteurs, ils puaient trop.
Ils puaient sans doute la misère, et je sais combien ça pue, combien ça s’accroche : ça sort des fringues, de l’haleine, de la présence. Mais virer un loqueteux d’un musée, ça, c’est
payant ! Ils étaient là sans resquille. Un genre de happening social. Voilà de la sueur dans ton Channel 5 de gauche. Voilà de la gueule cassée dans ton futurisme, du cubi de rouge dans
ton cubisme, de la crasse dans ta vision de la pauvreté, des ecchymoses dans ton bleu Klein, des abcès dans ton Bacon. Mme Aurélie Filippetti ci-devant citoyenne ministre de la Culture et de
gauche a déclaré à la tévé que c’était normal : ils n’étaient pas en condition de dignité pour visiter un musée.


Mais quelle est la dignité nécessaire pour voir un Manet ?



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