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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 06:55

J’ai regardé le bord de mon corps…là où commence l’inconnu

 

Je ne serai pas démocrate :

le bonheur des uns fait le malheur des autres

Je ne serai pas républicain :

le bien commun n’est pour personne

Je ne serai pas anarchiste :

la loi du plus fort finit par triompher

Je ne serai pas monarchiste :

les symboles ne sont pas immuables

Je ne serai pas totalitaire quand la totalité souffre un par un

Aristote, réveille-moi : ils sont redevenus fous.

 

J’ai regardé le bord de mon corps…au premier pas de mon élan

Là où ma peau devient de l’air

 

Le débat ? Il faut nommer qui a tort et qui a raison ; il ne longe que les tombeaux des « autres »

La lutte ? Il faut nommer le vainqueur et le vaincu ; elle ne ronge que ce qui est aux « autres »

L’indifférence ? Elle ne nomme ni victime ni bourreau, elle ne songe pas aux « autres »

La résignation ? Elle ne nomme ni les uns ni les autres, elle ne plonge que dans le vouloir d’un « autre »

 

J’ai regardé le bord de mon corps…là où je ne suis plus seul

avant que l'ocre du chemin se noie dans l'ombre bleue des sapins

Là où le vent et mon cuir s’épousent

 

Tous les Ceci et les Cela une fois prouvés font loi,

Lus et approuvés quelquefois

Durs et éprouvants souvent

Le désordre vert des arbres au printemps,

la rengaine des radios, le parfum du café au lait,

même le glissement des cartes sur le tapis portent

en leur face cachée

une dédicace, l'épitaphe des combats inutiles, des armées identiques.

Le rideau des peupliers sous la pluie,

au bord du fleuve, le long de la route nationale,

encage mon horizon dans une grammaire invisible à force de quotidiens.

 

Au matin, déposer mes oriflammes, feue la nuit, mes bûchers, et

Assis dans le chenal de mes rides, en bordure de mon corps, lisière

Jusqu’au bord de ce corps, devenir ce que je suis :

 

Je suis de sang, je suis de sève, d’eau en torrent et de grain en la pierre.

Je suis suc dans la branche, veine dans le bras, rigole sur la grève, 

Je serai hier, Je suis demain, j’étais maintenant.

 

J’ai regardé le bord de mon corps :

les atomes ne dessinaient aucune douane

 pas un seul pointillé entre eux et les autres

Seuls dansaient des amas de microparticules,

Toutes de la même facture.

 

L’orgue des choses a réglé ma dette :

il joue la musique de mes sphères moléculaires, mon âme danse.

J’ai voulu toucher le bout de mon monde, le bord de mon corps.

Je n’ai rien touché du tout.

Tous les mondes sont un seul, et hors d’eux, rien…

 

J’ai bien des limites, mais je ne trouve pas ma frontière.

Je ne suis qu’un résumé des autres choses,

mises autrement, autrement dites, pour un temps par ici.

Une des combinaisons possibles de particules à jamais séparables.

Et à ce jour, consanguin de toute chose.

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rédigé par lebabel.over-blog.com - dans principes
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commentaires

hervé pizon 02/05/2011 10:12



pas mieux oubliant, excusé vacancier.



le babel 02/05/2011 16:44



L'école buissonnière est une belle excuse



emmanuelle grangé 24/04/2011 11:25



j'ai encore failli le rater, ce clavifeste, pourtant j'aurais dû m'en douter, tu m'en avais avertie.


je te tends la main, homme en perméable



le babel 24/04/2011 11:49



Bienvenue au Club des Oubliants



Brigitte Fraval 23/04/2011 23:10



A ce jour les perturbations de ce monde font tant de vacarme que je ne sais si j'entends encore mon coeur battre . J'attends figée dans mes contradictions ,que se dessinent , ou se cassent , les
fragiles attaches qui  relient encore mon "être " à mes frères de désespérance . D'espérance ?



le babel 24/04/2011 11:54



Figée dans mes contradictions : l'aspic est au choix mets bien frais, lavande altère ou serpent sournois. Mais un aspic d'aspics à la fleur d'aspic… qu'est-ce ?



lilas kwine 23/04/2011 08:48



je ne suis pas une


mais cent mais mille


autant que l'on puisse


en compter


si peu que j'en laisse


effleurer


je ne suis pas toujours


celle que tu escomptes


je suis cette rencontre


avec l'humanité


un jour je cherche


ancrage


un autre


je vagabonde


mais sans cesse


à dériver


autour de ces mondes


je suis satellite


et pour toujours serai



le babel 24/04/2011 11:48



à mon retour - je pars ce soir - je vais colliger ces clavifestes… Cela ferait un beau Testament IV !



fragon 21/04/2011 19:28



Je ne suis pas ce que j’ai l’air d’être


Je ne suis pas le froid qui transperce


Je ne suis pas celle qui traverse


Front - tendu comme un arc - emmurée en sa tour


Je ne suis pas ce que j’ai l’air d’être


Front - plissé comme une outre


Scrutant au travers du pare-brise rayé le montant du temps qu’il me reste à rire.


Je ne suis pas ce que j’ai l’air d’être


Quand front - lisse comme un savon-


Je me laisse porter par mon sommeil


Et nage à contre courant afin de trouver qui et ce que je suis


Je ne serai pas celle qui dit moi je sais


Je suis le point d’interrogation


Le cœur qui palpite


La peau qui rougit


L’âme en éternel transit.



le babel 21/04/2011 20:02



Merci... vraiment, cela te va bien cette volonté, cette énergie. je sens les remugles de jours hésiter à monter jusqu'à ton balcon, comme lianes, glycines et autres perce-murailles



anatole2011.over-blog.com 21/04/2011 19:10



je ne suis pas ce cri au milieu des passagers


son écho peut-être son reflet embué


je ne suis pas le centre ni la périphérie


je bouge de l'un à l'autre


je suis un point de vue que je change


cherchant d'autres angles d'autres assemblages


j'avance en poésie dans la nuit des discours


 



le babel 21/04/2011 20:03



"j'avance en poésie dans la nuit des discours"


 


Julos Beaucarne a raison : l'auto-louange est un acte nécessaire



Fragon 21/04/2011 14:03



Zut et rezut...


mes deux commentaires se sont perdus dans l'espace !


J'abandonne.



le babel 21/04/2011 14:13



allez, viens, envoie moi un courrier et je te les publierai...


je vais demander à tout le monde de ferlutominer son clavifeste pour un IIIème millénaire (à temps nouveau, mots nouveaux), sur ma page. La contrainte sera :
commencer par un "je ne suis" ou "ne serai pas", puis atteindre un "je suis".


Marre du IInd millénaire, tournons la page.



fragon 21/04/2011 09:29










le babel 21/04/2011 12:30



(idem, te proposant  du regard un verre d'eau fraîche)



fragon 21/04/2011 09:06










le babel 21/04/2011 09:22







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