Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 09:21

Écume de fin de criée, saumure sur les cils,

Il faut bien s’essuyer les yeux, garder le style

En plug-in les kleenex dans la boîte à gants,

Les gyrophares gâchent un peu le rouge et le piment

Mais le ciel est à l’aurore autour des panneaux clignotants

Mon stock de projets tourne à vide ; je n’entends plus demain :

« Monte l’autoradio ! », dresse-le contre le silence

Dessillant le regard, les yeux en partance

Une journée de plus fera un jour de moins

On arrête, on se gare, on se pause…

Et tout ça sombre

Dans le ciel bleu

Qui s’éclaire

Si bleu

Si clair…

 

Retrouver avec les néons les couleurs des priorités

Cacher dans les replis chiffonnés du lin la loi de Newton

Occupée à ramener à terre avec nos chairs, nos charmes

On noiera dans la piscine les peaux à cacher et le trouble

Des eaux profondes stagnant dans le sternum

Au bord des larmes on accusera le chlore : pleurer,

Mais comme il faut, en gardant le tempo.

On prendra les couleurs à arborer au retour.

Écoute l’été grésiller dans les haut-parleurs,

Regarde le soleil dans le galbe des verres fumés

Comme tout est sombre

Dans le ciel bleu

Qui nous éclaire

Si bleu

Si clair…

 

On va…Claudiquer en Dalaï on the rock, avoir l’air du temps

Taper le marteau sur les marimbas et trouver le bruit charmant

Faute de Lhassa on ira au Macumba, où les spots mixent les âges.

Quand les dévots du tout sain, après trois ans et pleins de jours

À s’enfermer dans les certitudes du moment

Ignorent encore le cri des sourds, on peut prendre poliment congé.

Éblouis par les néons du parking, dans les vapeurs de Virgile

Sur l’appui-tête, les souvenirs en Channel

Se la dorent tout sages alignés loin des péages,

On revient… on s’estompe, on se pause

Et tout ça sombre

Dans le ciel bleu

Qui s’éclaire

Si bleu

Si clair…

 

Plages ou drive-in, mêmes reflets et projecteurs :

Une traînée, le soleil, se ramène, avec sa barbe nouvelle,

Sa robe lamée du soir trop matinal, nuage de flanelle.

Sur fond de station-service, faire le plein : on ne sait jamais

La fin de la route, le décor remonté dans les cintres

L’appui-tête sera trop luisant de demandes en retard.

Pas de GPS pour le sens de la vie,

On va tout seul aux distributeurs boire la commande

Allumés élégants géants comme des talons de drag-queen

On s’arrête, on y pense, on s’épaule…

Et tout ça sombre

Dans le ciel bleu

Qui s’éclaire

Si bleu

Si clair…

 

Brutalement parfois, dans un choc, s’arrête la dérive :

Le maquillage fond gelata dans le temps qui passe,

Le rimmel  est en trace de freins au bord des yeux

Le constat s’écrit avec l’encre pleurant en pluie d’été

Avec un peu plus bas, les flaques de sang, la tôle

On pensait avoir encore le temps de freiner

Un genre d’hibiscus rougit, sourit, embrasse,

Ouvert sur deux rangées de stèles blanches

Tout le mémorial de nos lignes de front, tandis

Que les badauds ralentissent pour voir nos carcasses

Nos faces à faces sans carrefour, encore les gyrophares

Qui s’arrêtent, nous égarent, les déposent…

Et le nous a sombré

Dans le ciel bleu

Qui s’éclaire

Si bleu

Si clair…

 

 

Partager cet article

Repost 0
rédigé par le babel - dans actualités
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages