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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 00:26

Bonsoir B., ,

Je ne peux, dans cette partie émergée de notre réflexion, qu’admirer ceci : http://francais.agonia.net/index.php/poetry/182232/index.html (Poèmes — Pâques à New York par Blaise Cendrars). Quel mouvement, quel élan !

Quant à moi ?

 

Je me méfie des gens qui veulent défendre l'honneur de leur dieu :

• Ou bien ils ont choisi un dieu si faible qu'il a besoin d'eux ;

• Ou bien ils y sont tenus par un contrat qui laisse le beurre et l'argent à son rédacteur ;

• Ou bien, terrorisés à l’idée de pouvoir peut-être imaginer s’être éventuellement trompé, ils supprimeront les autres choix jusqu’à ce que, n’ayant plus qu’une option, ils ne pourront en adopter de meilleure ;

• De toute façon, plus ils sont virulents, plus ils avouent combien ils ressentent plus ou moins consciemment la fragilité de leurs croyances…

 

De même, je me défie des athées qui ne peuvent passer une semaine, certains moins, sans chercher un curé, un crucifix pour le croquer, au grand dam de la Loi de 1999 contre les discriminations. Ils « ne croient en rien » : disent-ils et la force de la vérité les contraindrait à nous contraindre. Cependant,

• Dès que la porte se referme, je ne peux que croire à la vie du couloir ;

• L’incroyance n’existe pas ; la croyance en l’inanité des dieux oui. Chaque option pour une croyance me déclare athée d’au moins une autre. Croire et ne pas croire sont le recto et le verso de qui nous humanise ;

• Toute réponse à un « Comment » a trait aux sens : visible, tangible, audible, olfactif, gustatif. Tout ce qui répond à un « Pourquoi » tombe sous le sens, l’entendement : invisible, intangible, inaudible, insipide et se moquant des lois de la physique ;

• Les croisades athées défendent une inanité si vaste qu’elle n’a besoin d’aucun prédicateur.

De même, que les bigots, terrorisés, ils effacent les objections par le mépris, jouant à confondre rationnel et raisonnable, beaucoup parce que la mode les presse de se dire de gauche, rebelles, et jeunes. Leurs arguments centenaires sont périmés, leur virulence avoue combien ils entendent cacher leur ignorance sous des impératifs catégoriques, combien ils se savent ignorants, et prêts à abjurer leur athéisme pour peu que leur Camarde s’annonce.

 

Je n’accorde pas plus de crédit aux agnostiques. Par les lunettes de Kierkegaard, ce qui fait d’un homme un quelqu’un qui n’est pas n’importe qui est de poser un « moi, je » et là où le rationnel retire l’échelle, s’accrocher au pinceau d’un raisonnable.

C’est parce qu’on ne peut pas « savoir » si un tel m’aime un peu, beaucoup, à la folie que je dois prendre le risque de mes sentiments. C’est précisément le poids du doute qui les rendra croyants en rien ou en ceci et fréquentables, car capables d’exposer leurs questions sans croisade.

 

Par-dessus tout, je romps souvent les conversations sur la religion, en France. La laïcité n’a pas trouvé preneur à l’exportation, parce que l’usage français est de confondre laïcité et athéisme pratique, et de pratiquer l’ignorance. Nul ne doute que, face à une toile, chacun sans être peintre apprécie ou non, et peut parler de sa perception : mais sur ce point, il est admis que pour avoir un discours crédible, il ne suffit pas d’aimer fortement tel ou tel peintre. Il faut avoir appris, par des études, souvent longues ou bien par un apprentissage professionnel longuet itou. Mais pour les choses religieuses, chacun se croit Maître Régent et vaticine à tout crin, se moquant des diplômés, investi d’un savoir infus. Là où la nuance est la première loi, ils, croyants de ceci incroyants donc de cela, assènent des contre-vérités devenues banalités comme autant de victoire de l’intelligence.

 

Dès lors, on ne peut parler de religion en France sans que le ton monte. Les croisés de saint swami Bidule contre les brigades bakouniennes ne se mettent d’accord que pour clouer le bec à ceux qui voudraient remplacer la violence verbale par des connaissances seraient-elles dérangeantes…

Et pourtant, dans une société de plus en plus variée, tandis qu’une façon nouvelle, les religions reviennent, hormis en quelques pays d’Europe occidentale, malgré les stupidités proférées dans les médias, il faudra bien en parler sans s’entretuer…

Je t’assure, B., à la vue des échauffements que nous avons lus que ce n’est pas gagné… 

 

Passe une bonne nuit

 

le babel, fin août MMXI

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rédigé par le babel - dans actualités
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commentaires

anatole2011.over-blog.com 25/08/2011 16:00



la laïcité dans l'administration de la chose publique me semble la voie la plus fréquentable


je préfère considérer la part de spiritualité qui nous habite que les connaissances religieuses, je préfère construire une cathédrale intérieure


ne pas refuser mon héritage religieux mais le dynamiser


comme l'artiste, intégrer-digérer-transformer-créer


 



le babel 02/09/2011 03:20



je prolongerai bientôt ce texte, quitte à laisser parler moins la poésis et plus l'urgence…



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