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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 10:07
Je suis assez étonné d'entendre marmousets et mouflettes tonitruer des horreurs avec l'air appliqué de celui qui est fier de savoir sa leçon. 
Écoutez celle-ci : « Gentil coquelicot Mesdames /Gentil coquelicot nouveau ». 

On m'en baille de belles !
Il y aurait donc des méchants coquelicots massés en hordes sauvages au-delà la rassurante frontière de mon jardin ? Admettons que les méchants coquelicots aient tous été exterminés.
Le paysage est serein, il n'en plus que des bons. 

Arrive un rossignol qui parle latin.
Ne cherchez pas : c'est normal.
Vous pensez à la bestiole emplumée ? Ce n’est pas possible, le rossignol chante la nuit : est-ce qu'on va de nuit au jardin chercher du romarin ? Chez nous, non.
Bon, la femme d'en face, une étrangère, en été, descend la nuit en petite tenue et s'allonge parfois sur son gazon. Je ne l'ai vue que fréquemment par inadvertance.
Mais même elle, elle ne ramasse pas des condiments en pleine nuit.
C'est donc un autre rossignol, c'est-à-dire un « livre invendu ». Ipso Facto, il peut parler latin. 

Résumons. Une jeune femme — vous saurez tantôt pourquoi —, à l'époque où on se souvenait encore des méchants coquelicots depuis peu exterminés, veut nous faire accroire qu'elle s'en allait cueillir des simples au clair de la lune, lorsqu'un livre lui est tombé d'on se sait où sur la main. J'ai lu semblable chose au sujet de la Règle de St Pacôme, du Coran et de la Bière Catholique : tous tombés des cieux, présents offerts, prêts à l'emploi. 

Ce livre était écrit en latin : un livre savant qui fait loi. Et qui dit : « les hommes ne valent rien (2 fois, avec les blondes, faut répéter)/les garçons encore bien moins/les demoiselles sont bien » ! 

Lisez la dernière phrase, jamais on n'aurait dit ça à un mâle sans se faire pulvériser !
C'est donc un tendron qui chante.
Au sujet des dames, des matrones des femmes ayant vu le loup au moins le soir des noces : silence, motus et lèvres closes ! 

Silence, oui car quand on sait ce qu'on sait, hein, on a bien raison de penser ce qu'on pense ! 

Et voilà au final, quand on y prête garde, le résumé de cette comptine pour jeune fille : 
M'intéressant, sous quelque prétexte, à mon jardinet (vu le contexte, je crois que oui, c'est à ça qu'il faut penser) me sont tombés sous la main quelques principes venus de très très loin. Je suis une jolie fleur à peine éclose, mais je ne dois pas me laisser cueillir par les mâles qui sont des vauriens : je ma fanerais aussi sec. Sans parler des femmes mariées, disons que les autres filles sont de bonne compagnie. 

Serait-ce un hymne à Lesbos, chevillé à un mépris global des hommes ? Ça y ressemble. Je me demande si je dois prévenir le Ministère de ce qui se chante lors des récrés à la maternelle ! 

Comprenons bien ce qui, à l'heure où chantent les rossignols, attend la petiote soucieuse de trouver une branche de romarin dans son jardinet personnel. Prenons cette autre comptine où une petite hirondelle a volé trois sacs de blés. Des petits est-il précisé, et pour cause, imaginez une hirondelle, imaginez le sac qu'elle peut porter, disons 15 grammes. Stop, c'est idiot. Une hirondelle n'a pas de sac. Sachant que le blé, c'est de l'oseille, du grisbi, du pognon. Un sac, ça vaut mille : trois sacs, trois mille. Sûr qu'un pitpit, une boule de plumes n'en veut pas de notre monnaie. L'hirondelle, avant d'être un poulet à pédales, c'est un resquilleur, un arnaqueur. Quand on le fait prisonnier, c'est simple, un coup de bâton à chaque mille balles détournées (encore une fois, si c'était un oiseau, au premier coup de bâton, il était bon pour passer en terrine). Justice expéditive ou chariah, je ne sais pas. Même pour un petit escroc : si tu nous piques, on te toque. 

Résumons ensemble les deux comptines... 
« Filia mea, écoute la voix du passé. Certes, quand tu seras une Madame, mariée, ce sera différent. Mais en attendant, occupe-toi seule de ton jardinet, ou alors entre amies parfois, mais n'y laisse entrer aucun mâle : les plus jeunes sont les plus dangereux. Et tu as intérêt à obéir, parce que tout écart se paye comptant. Essaye d'arnaquer ta future belle-famille en te faisant passer pour la vierge que tu ne serais plus plus, et tu tâteras du gourdin, mais cette fois du vrai, en bois, du qui cogne. » 

Une fois ceci exhumé des comptines, voyez-vous, je demande s'il faut les apprendre à nos gamines... 
Et si, maintenant, je me penchais sur les comptines de fin d'année, avec ces loups affamés dans les bosquets qui renfilent bottes et culottes, les vents d'hiver et surtout toutes ces érections de sapins verts...

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commentaires

hervé pizon 24/12/2010 13:21



nous voici prévenus.


 



le babel 01/01/2011 18:04



Un homme prévenu en valant deux, que feront ces dames du second ?



emmanuelle grangé 21/12/2010 22:25



O Tannenbaum, O..., wie treu sind deine Blätter !



le babel 22/12/2010 07:57



fidèles ? C'est à voir !



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