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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 08:34


Quelque part en l’air : la pluie déchire les masques du printemps

Loup y es-tu…

Elle démaquille les feuilles poudrées au fer pour le passage vers l’été.

Loup, m’entendrais-tu ?

Elle les veut "nature", vertes et en sueur, quasi forêts et vierges.

Les fleurs inclinent leurs pétales fanés et mouillés,

Des haillons mis au grand jour, avec brèche et fente sur le plâtre

Paresse de la peau qui se laisse entrevoir

sans peur ni pudeur,

Loup, Loup, que dis-tu ?

Hé ! Sous le chiffon, dis, la chair est belle !

Loup, dépose-moi, veux-tu…

La misère de juin puisera aux faillites des jardins de mai .

Rien que de très naturel.

Il est un temps dit-on qui sera le temps des roses

Et ce jour-là, le vent se cachera sous les voilages

Loup, m’y mordrais-tu ?

Nus, les murs revêtus de crépis paressent

Alanguis verticaux tels marins paradant en marcel :

Langues blanches plâtrées sur le mordoré crépu de lierre.

Loup, m’enlacerais-tu ?

Ils se couvrent d’ombres d’arbres, de tatouages éphémères,

Torse bombé de blanc gueulé d’un soleil snob

Marlous en goguette, ils surveillent les pimprenelles en floraisons.

Loup, Loup, que regardes-tu ?

La grêle ou les maraudeurs peuvent les priver de ces récoltes,

Alors, alors, oui, ils paradent, chemises en fleurs

Regards sombres dans les lucarnes, volet dépenaillé éventant le rien

Vague rideau flottant à l’embrasure autant de coquetterie dans l’œil.

Loup, loup, m’as tu donc vu ?

D’ici, combien de ces façades nous trompent l’œil ?

Murs, qui jouent à l’homme, le vrai, le tatoué des faubourgs.

Allez mon loup, mon lierre, monte là-dessus,

Et fais nous ta vie

La tienne, mon grand Loup, car

Moi la saveur de l’humain, je l’ai trouvée dans la fraîcheur d’un baiser.

Et ça...

Ça vous a un tout autre goût, une toute autre saison

Loup, loup, ne m’attends plus.

Loup, Loup, je n’y suis déjà plus...

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rédigé par le babel - dans principes
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commentaires

patrickdreux.over-blog.com 02/07/2011 11:49



Il y a de la charpie, des haillons, du désenchanté qui balance au gré de tes mots, et quelque chose de mordant, un vieux roi qui erre parmi les salles désertes et qui se pose bien vivant dans sa
parole assise sur un fauteuil voltaire...



le babel 05/07/2011 10:02



C'est un monde post-industriel où règnent cent familles. De noblesse, celle de l'âme, il n'est guère monnaie courante. Mais les aristocrates du pavé chantent même ce qui les déchante, comme un
caniveau aux accents argentins.



emmanuelle grangé 20/06/2011 10:19



homme de goûts



le babel 23/06/2011 15:19



Il y a peu de la bouche d'égout à la bouche de goût. Mais j'ai su combien de bijoux s'en furent perdus dans un regard d'égout…



Arnael 18/06/2011 09:43



Très beau et il sonne vrai! Le loup a rendez vous avec moi mais je n'y suis pas.



le babel 23/06/2011 15:18



Alors jouons à chat ?



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