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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:31

 


Le temps n'est pas mort, il dort :

Dore, dore, petit instant

Safran muscat au soleil dehors…

Dore me rêvant d'alambics et de reflets !

Les terrasses sont blondes de feuilles

Les volets bougent le vent, bougent

Mais lentement mais silencieusement mais sentencieusement

Mais mentent, mentent : ils mentent ;

Ce n'est pas un temps mort

C'est du temps qui dort, et dort, dort puis dort

C'est l'été qui se tait, ses fruits assaisonnés

Et c’est l'automne qui respire, saison nouvelle-née

 

Leurs temps dorment germent attendent

Avant de souffler leurs bougies,

Avant de craquer leurs jointures

Avant de claquer leurs ventaux

Avant d’endosser leurs paletots

Avant de se lever et de partir

Résolus, chacun de son côté :

« Entendu : on ne s'est jamais vu, jamais enlacé... »

Un été, une automne se font la guerre tendre

Plutôt briser là, le frais se fait attendre

 

Le temps n'est pas mort, il dort

Dore, dore, petit instant

Tout talé un soleil rouge

Myrtille grenat

Une brume blanche

Oreiller ou draps

Écume immobile sur le trafic des jours

Boucan en double file bouchonnée

Dans un autre dehors, l'été dort

 

Alors, dors, dors

Et rêve de moi ;

Je vivrais une nuit de plus,

Enrôlé dans le duvet de tes songes,

Si tu m’y accueilles,

Épice dans le bouquet

De ton vin vert

Amertume dans le carreau, la fenêtre

Pâle endive

Résidu du jour en ventôse à la brune

Sur la langue chargée du fleuve

Je vivrais léger dans ton haleine chaude

Lourde de vin, de cumin et d'orange

Comme des printemps songés

Depuis la crue de novembre

Qui mangent les berges, les mangeront,

Sans raison céder à la boue épaisse,

Et monteront, monteront : à l’assaut des quais.

 

Notre temps n’est ni mort, ni dehors :

Il dort, dort, et rêve à nos corps,

Rejetant les mailles pour une peau de lin.

Rêve de moi, dans l’ondine chaude montant

De la fonte brûlante, rêve, rêve, rêve-moi.

Mais pas trop fort : à mi-voix

Habille-moi de tes désirs pour l’hiver, puis dors.

Mais ne m'en veux pas si je renais nu.

Un été, une automne aiguisent leurs crocs durs

Plutôt que de nous mordre le froid nous fait soudure

Rien de nous n’est mort, tout dort.

Viens là auprès contre moi….

 

 

                        I. 

(Post-Scriptum à E.G et N.R : Oui, vous le connaissez, mais j'ai estompé ici cela souligné là ceci, c'est à la énième lecture que les échardes se lissent)

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rédigé par le babel - dans principes
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commentaires

François Laur 25/11/2011 22:54


...

François Laur 10/11/2011 10:19



Il fait matin depuis très peu. Voici belle lurette que le premier choc des feuilles mortes qui voltigent est passé : c’est l’heure où les essors d’après vendanges gagnent la plaine. De nouveau,
la besogne de rempailleur, celle de tresseur d’osier : ravauder, enfiler des brins de mémoire (corbeau crieur du devoir*, merle moqueur, ramiers gris bleuté riverains, saveur
fraîche des olives charnues) pour qu’elle monte comme du lait, pour repousser les préambules de la chute, continuer la translation, même si elle s’anatomise en une quantité de vols toupillants,
sans connexions très nettes, si bien que la troupe charbonneuse bouge – ainsi l’espère le scripteur – selon un double remuement : celui qui la déplace avec lenteur, et, à l’intérieur du
groupe, cette débauche de girations, de voltes, d’arabesques, comme des divagations qui, pourtant, ne gêneraient pas l’évolution générale. Les retardataires ? Souvent un couple qui paraît
n’évoluer que dans sa seule intrigue (geste nuptial, escapade joueuse), mais sans se dissocier du tout. Tant de traces à explorer, de trajets à  inventer ! difficile de se
soustraire à l’inconnu qui requiert ; car élancés, ils s’élancent, l’amour et la comparaison**. Mais en pans disloqués rassemblés séparés quand le temps fane les mots, le timbre
chaque fois décalé, l’écho transformé à partir de ses propres sources. Est-ce l’impasse ? Je recommence, cherche une piste, un accès, ton odeur femme sur ma peau, tes hanches opulentes comme
emblavure de juillet. Le monde, un jour, s’ouvrira-t-il en paroles aussi pourprés que figue mûre tiédie par le soleil ? en mots saisis par la naissance, plus longs en bouche que le premier cri ?



le babel 24/11/2011 20:17



---  (ceci est un silence ) -------



hervé pizon 09/11/2011 22:03



lu aussi, mais ce n'était pas la saison. et aimé.



le babel 24/11/2011 20:16



les saisons, comme les langues, sont mortes quand elles se taisent



gilbert 05/11/2011 17:07



j'aime beaucoup ce texte



le babel 06/11/2011 09:25



Et j'espère qu'il t'aime, te va, te suit, te parle puis te boude pour te revenir



emmanuelle grangé 05/11/2011 09:25



celui-ci ne peut que se murmurer, la preuve en bouche à mon 2e passage en cet Accusé Réception des mortes saisons, et s'entend sans amplificateur.



le babel 05/11/2011 10:12



Pourquoi ne peut-on marquer d'un 'jaime" certains commentaires ? En bouche, j'espère travailler le cri, le murmure, le sanglot, le rire… De fait, c'est peu un rorate coeli, une klage pour
consoler…



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