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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:17

Les accroche-cœurs, chevelures couchées immobiles,

Griffures vertes parmi les néons des autoroutes,

Toutes ces lumières qui passent et partent idem

Puis se décoiffent en gerbes irisées d’huiles froides

Grises comme un hijab humide dodelinant dans la foule.

Le jardin boueux de brumaire où les talons s’enfoncent,

La sueur des ventres verrouillés, les loquets des nerfs,

Toutes ces bordures occupées à se boucher la voie

À se prouver que leurs dieux résistent…

 

La fatigue et la peur colmatent la ville

De repères anonymes. Je voudrais quelqu'un,

Mais pas n'importe qui : je veux n'importe toi.

 

Les radiateurs ont depuis longtemps refroidi

Sous les vitres opaques, je monte les étages,

La braise de ma cigarette ouvre un passage

Sinueuse dans les ombres allongées par l’hiver,

Le vernis soudain jaune du parquet, raie manta posée

Flamme d’après-midi dans les salles vides,

Toutes ces onduleuses montées sans aucun sommet

Antiphonaires pour les litanies du temps écaillé.

 

J'ai beau chercher, les souvenirs sont habiles

À se montrer oubliés. Je tiens par la main

Chaque large vide où retombent mes doigts

 

Des colonnes en faux marbre et de vrais masques

Pour le va-et-vient des badauds, brillance du sombre

Sous les lampes halogènes, se serrer moins seuls

Surexposer les toiles aveugles, faire nombre

Les robes rouges d’un soir sont empesées de coups d’oeil

Moulent des aisselles moites parmi les bouquets

Sous la lune, la rambarde de fer, la cour dérobe

Toutes ces ouvertures coagulées où saignent

Sans un cri les échos des dos et des pieds refusés

 

Dans ton regard, la même douceur s'enfile

De blessures en espoirs. Je viendrais demain

Invitation muette, comme un jouet de bois

 

Une distance, un muret avant la pente finale ?

Où que tu voyages je sais la trace de ta buée.

Chez nous sera préparée ta fête lente et sépia

Où les masques seront sans surprise inutiles.

Au bout de la voûte des platanes, le soleil

Percera la route, qui t’emmènera dans notre rue.

Crevant l’armada, quittant les faux-semblant

Où même ton absence ne parlait guère que de toi.

 

J’attends quelqu'un, ce sera n'importe toi.

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rédigé par le babel - dans principes
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commentaires

soleildebrousse 30/10/2012 19:02


Il y avait longtemps que je n'avais vu autant d'images en un seul texte.

le babel 30/10/2012 20:47



C'est l'art de la compote, et nous avons cela en commun, n'est-ce pas ?



emmanuelle grangé 30/10/2012 13:30


à l'antipode de l'idéal(e) 

le babel 30/10/2012 20:47



je suis heureux que tu puisses mesurer la distance entre deux versions. J'espère ne pas m'être fourvoyé.



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