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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 02:21

Alkan, Op 31, 8 La chanson de la folle au bord de la mer. À écouter avec le poème.

(En réponse à la question d’Alkan)

 

 

Demain,

 

Encore,

 

Elle reviendra 

les oiseaux crieront des morceaux de  vent 

En miettes les blâmes du jour

Piétineront les galets

Demain

Encore

Poursuivie par les chiens

Elle ira 

Elle tournera

Ses mains en tous sens

Son varech de doigts ridés

Tressés par l’espoir et le rien du tout

 

Demain,

Encore

Elle se postera

sera la risée des enfants

leur jettera des regards d’amours

Piétinés par les marées vides

Demain

Encore

À la jetée

Son corps hors de sens

Chahutée, au froid

Sans lit où dormir, rêver trop seule

Allez

Tu verras

Elle là

Dansera

Jettera ses peines d’amour

Portées au grand jour

Folle pour nous qui du coup

Gardons la raison pour nous

Les raisons chez nous

Raison de nous

Raison  burnous

Pour nous

Que nous

Demain,

Elle sera fidèle

À nos tours

 

 

 

Enfin

D’accord

Elle nous semblera

 

Un dessin au crayon d’enfant

Si fluette, mais tracée trop lourd

Le sel aiguisera  ses traits

 

Et puis

Encore

 

S’agitant pour des riens

Elle rira

Tête dans les bras

Salomé en transe

Cep noué par cent années

Aigries par l’espoir d’un seul rien du tout

 

Ainsi

Encore

On viendra

Lui montrer le blanc de nos dents

On se moquera de tous ses amours

Marinés au creux de ses rides

Tu viens

Au bord

De la jetée

On va redonner du sens

La montrer du doigt

Sans nous elle serait toujours si seule

Là-bas

Ses mains

Nues elle

Les ouvrira

 

Nous avons la raison pour nous

Les raisons pour tout

Les fous

Pas nous

C’est bon

Tout doux,

Resteront le modèle

De nos contre jours

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rédigé par le babel
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commentaires

Emmanuelle Grangé 15/01/2017 11:38

je suis incapable de lire et écouter ailleurs... donc je t'ai lu, puis écouté Alkan, et comme certains de mes entêtements sont poreux, me suis laissée aller aux flux et reflux, bien fait pour moi, heureuse bougresse !
j'aime les effilochés, leurs sent-bon aigrelets, et, ce matin, ta chanson de la folle

l e b A b e l 15/01/2017 12:20

Si tu écoutes bien, le vent te convie à lui jeter des pierres.

dreux patrick 13/01/2017 09:01

beau et limpide dans sa danse tragique

l e b A b e l 13/01/2017 16:41

Quand je dis "évident", cela veut dire que c'était là sous nos yeux. Ensuite, il faut décoller la fresque sans l'abîmer, de fait.

dreux patrick 13/01/2017 11:29

Oui Joseph, "si évident", mais pour capter ces évidences il faut écarter beaucoup, travailler longtemps, s'abandonner aussi, accorder son "la" à l'évidence que nous fuyons parfois par négligence, paresse, ou même trop de connaissances... tu as gardé la boussole de ces évidences, et c'est en cela que tu es poète....

l e b A b e l 13/01/2017 10:56

C'est parfois si évident.

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