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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 23:52

Le 2 .02. 74, une « homme devenu fou » a tué de neuf coups de lame Louise Hélène France, épouse de Julos Beaucarne. Alors qu’en réponse la haine et la vengeance grondaient, Julos a répondu par une lettre ouverte que vous pouvez lire ici sur son blogue (http://julosland.skynetblogs.be/archive/2009/02/01/chandeleur-75-il-y-a-34-ans.html

 

Désormais, pour ceux à qui il est cher, selon son mot, le 02 du 02, c’est : la « chandelouze »…

 

Chandelouze pour tous

 

Combien comme moi étaient des inconnus

Qui se sont sentis revivre ?

Ils s’en allaient, tout couverts de givre

Et tu as fait en sorte qu’ils soient reconnus

Au moins par eux-mêmes

Et le reste, que nous importe…

 

De poème en chanson

Jour après jour, ils vont

Chacun comme son pied est fait

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, oblige notre écoute en nous

 

Combien comme moi ont franchi ta porte

Et se sont senti revivre ?

Ils avaient le cœur tout couvert de givre

Ils vivaient en des années déjà mortes

Parce que trop mal aimées

Comment pouvaient-ils semer?

 

Tes poèmes, tes chansons

Jour après jour, leur ont

Montré où le matin renait.

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, accouche l’avenir en nous

 

Combien de tes mots sont-ils affichés

Pour aider à vivre,

Lorsque les amitiés se couvrent de givre

Que les amours sont à défricher

Après ces longs hivers

Où la tendresse s’est écorchée.

 

Tes poèmes, tes chansons

Ici comme là, nous font

Rejeter plus loin nos peurs

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, combat tout au fond de nous

 

Combien de centaines ont reçu ta lettre

Et se sont sentis revivre ?

Ils avaient un cœur rempli de peine

Ils allaient nus sans rien à mettre

Au fond de leur hiver,

Gelés au mauvais vent d’hier

 

Tes poèmes, tes chansons

Mot après mot, les ont

Fait humain de leur texture

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, trouve ses échos en nous

 

Combien de colères as-tu désertées

Retrouvant comment vivre ?

Quand le sang de ton aimée mêlé au givre

A recouvert l’aube et toute sa clarté

Emportée dans cet hiver

Où neuf coups de couteau ont été portés

 

Tes poèmes, tes chansons

Pas après pas, nous ont

Fait avancer au rythme de ton deuil

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, a eu raison au fond de nous

 

Combien de journées as-tu enflammées

Pour la sentir y vivre,

Et ôter de ton cœur un peu de ta peine ?

Tu balades avec elle dans nos souvenirs,

Avec ta bien-aimée

Sans aucun jour à condamner

 

Tes poèmes, tes chansons

Jour après jour, nous l’ont

Présentée et fait retrouver.

 

Ainsi, Julos, ta chandelouze, pleure bien fort en nous

 

Comment de fois faudra-t-il répéter

L’urgence de vivre,

Sans laisser la haine et les coups trompeter

Pour recouvrir le bonheur de leur sale givre

Où fait le fier

Tout ce qui gèle le sang neuf dans nos artères ?

 

Tes poèmes, tes chansons

Pour toujours, seront

Avec nous, et ceux qui viennent après :

 

Vois-tu, Julos, ta chandelouze vit même plus loin que nous

Et quand dans une souche, nous partirons aussi

Elle fleurira au-delà, dans tous les lointains si proches

Ici-bas, Julos, ta chandelouze, est portée comme une broche

Épinglée à chaque fois que la vie trouve un revers

Elle fleurira sur nous malgré les armes et leur fer

Elle fleurira, pour toujours, ta maudite chandelouze.

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rédigé par le babel
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Xu 01/02/2017 16:41

Merci pour lui ;-)

l e b A b e l 01/02/2017 18:08

Il nous a présentés l'un à l'autre !

Adrienne 01/02/2017 08:26

en effet, année après année, je continue d'admirer cette grandeur d'âme!
et mon admiration ne fait que grandir...
admiration et reconnaissance.
Merci pour ce rappel!

l e b A b e l 01/02/2017 09:56

Faire autant de beau à partir d'autant d'horreur en dit beaucoup sur ce que peut un homme

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