Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 06:30

L’oreiller n’a pas d’odeur si ce n’est carrée

La moquette étouffe le plus petit des chocs

Dans ce petit bout de voyage, tout est amarré

Aux immeubles, aux gares comme pour faire bloc

Face au roulis, aux dérives, s’il le faut aux tempêtes

Pas de meilleure solitude que celle de tous les hôtels

Rien ne perce le capiton de ces recueils chuchotant

Que je voudrais conjuguer un verbe avec toi

Passer le cap, revenir plus tard, de peur

D’ouvrir les yeux avant que tu ne me les fermes

 

Tu sais, il y a urgence :

Regarde le temps passer

Et nous, usés à le sonner !

Tout ce qui nous présente fane

S’étiole, fatigue, se démode.

 

Le fourneau sent la chaleur, le nid préparé

Les épices traversent le nez d’un coup d’estoc

Sous le piment, tout est sage, désemparé

Par le feu sec, par l’assaut d’acier ou de rocs

Qui dévore le palais et vide soudain la tête,

Rameutant la solitude de n’avoir rien dit à celle

Dont le présent parfumera mes heures venant

Comment conjurer les coups du sort avec toi

Cracher les clous de la vie, et à cette heure

Ouvrir les yeux avant qu’ils ne nous les ferment

 

Nous pouvons choisir la danse,

Même sans savoir guincher

Nous avons tant donné :

Nos couleurs et filigranes

Ont pali sous trop de codes.

 

Tes senteurs pleines de fleurs, sillons chamarrés

Plongent dans ma glaise le fer de leurs socs

Tu me prépares sous le froid de quoi comparer

Tes jardins à mes montages de bric et de broc

Les mises au point mort s’avouent comme défaites

Riant comme une pluie d’oiseaux dans le ciel

Quand le soir s’allonge sur leurs pépiements

Nous avons trouvé assez de fèves toi et moi

Sous la pâte du banal, pour dissiper les vapeurs,

Ouvrir les yeux avant qu’on ne nous les ferme

Partager cet article

Repost 0
rédigé par le babel
commenter cet article

commentaires

Emmanuelle Grangé 27/12/2016 18:33

Feu ! Que c'est beau ! Masculin féminin !

l e b A b e l 28/12/2016 03:50

Nous sommes usés à chanter les chagrins d'amours, ou les les jeunes amants. Il est peut-être un peu de place pour les amours au fil du temps.

Cathy D. 26/12/2016 15:32

Les beaux mots de la mise à mort de la routine ordinaire

l e b A b e l 26/12/2016 20:26

La routine est une pudeur, parfois.

Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages