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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 05:45

À NOTER : les voyageurs sont de plus en plus tassés : leurs couleurs se mélangent.

Toutes les bonnes raisons se poussent dans le métro, et débordent l’une sur l’autre.

Être ainsi jetés du quai au hululement vers les portes en est-il pour autant

un voyage à la valeur du bruit? Ou bien n’est-ce qu’un rêve trouble

comme dans le roulis d’un wagon-lit? De toute façon, assis dessous

ou bien jeté dedans, il paraît «qu’on n’y peut rien, quec’est la vie».

Mais je sais que

Les vendanges tardives ne sont pas encore arrivées.

Les paniers en osiers s’empilent pour les décorations à venir.

L’eau de pluie ravive les ocres de l’osier le long de la tresse

C’est une coiffure de dame ancienne, à la vapeur

Il manque encore bien du gel pour confire le grain flétri de suc,

Comme un cœur réduit à son cri et figé par la nuit.

L’éclat jaune vert dans le vin avoue un bref désir d’hiver.

À NOTER : même si les trains vont de plus en plus vite, même si leurs couleurs éclairent les tunnels, je ne vois toujours aucune raison de monter dans le métro, mais une nécessité

Qui viendra assentir au fait que ses quais ne sont pas un voyage percé en ma mesure?

Ou que de telles trajectoires dans le souffle tiède des rames frôlent mon haleinede trop près?

Combien de temps a-t-on passé à trouver ce son transperceur de tous les autres,

simplement pour dire : je pars?

Mais je sais quel

Blanc dispersé dans le chemin boueux des vignes

Est du gel logé en cachette sur les pierres plates

Apte à faire dévisser une cheville trop pressée.

Quand tout sera prêt, on pourra tailler une dernière fois.

Ensuite, l’an prochain, le bois dégagé, rangé, sec comme pierre,

Craquera malgré lui quand y germeront bien verticales

Les oriflammes dressées dans la cheminée, ou le brasero.

À NOTER : Au voyage retour, la surprise ne devrait plus être de mise, et pourtant, elle est là.

Le temps que l’homme retourne du singe à l’arbre, ce dernier est devenu planches,

Puis les planches sont devenues wagons et les wagons se sont passés du bois

Ainsi dans ces tunnels, précédé par le progrès, l’homme retourne vers son arbre,

Une forêt de cercueils en commun soupire de lâcher ses masses de proies

Entre les murs de morgue carrelés vaguement situés par une épitaphe bleue

Mais je sais que,

Alors, la nuit viendra très vite, venue de l’orée où elle a tenu tout le jour

Elle s’étendra mangeant les sols un par un, puis les murs et le ciel

Évitant les cadres où les familles donneraient à voir si un regard se posait

Plaquée dans les recoins par les guirlandes tendues au-dessus des ans neufs

Et malgré ce zigzag venu du lointain, sous les arbres, on dira qu’elle tombe!

Même la neige de minuit dans le cône du réverbère ne tombe pas : elle passe

Au gré du vent, et de mille choses qui l’intéressent et la détournent

À NOTER : je soupçonne le métro de me rendre la monnaie de ma pièce.

Nous sommes assez nombreux ici pour qu’il n’ait pas à quémander

La moindre éventualité de ma bienveillance envers son odeur de chien

De rance, d’huiles et de sueurs mêlées Chacun de nous deux passe

À sa façon, mais le maître demeurant en sa maison de besoins criards,

C’est lui.

Mais je sais que j’ai noté ceci

Ma musique a troqué depuis longtemps le métronome des souvenirs à venir

En guise de métropolitain avec toutes ses correspondances en boucles closes

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rédigé par le babel
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