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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 03:35

Les faïences cuites au feu de nouveaux enfers

S’invitent à nos bavardages familiaux le dimanche

Les faims du monde m’échappent de plus en plus,

Comme un plat brûlant saisi à pleines mains

Dont le dernier cri pose à terre les fumets

Et soudain le silence s’étire et puis se rompt

Je ne sais pas comment pourquoi tout cela

Je sais simplement que l’automne est là

Et que la pluie ne lavera pas toutes les tombes

 

Je ne sais pas pourquoi les machines se taisent

Dans la graisse figée autour des axes chromés

Tandis que les ouvriers chez eux reçoivent

Les coups d'arrêt en recommandé que certains

Avec l’aisance des vétérans lancent en salves

Des demains vides où se décident la vengeance

Je ne suis pas fait pour ces drôles de jeux-là

Les cartes, la mise me tombent des mains

Le jeu se tache dans les flaques de pluie

Qui viennent ajouter sur nos peurs le froid

 

Je ne sais pas pourquoi les sirènes forcent

Les files lentes qui revenaient à la maison

Quand une façon de croire, une façon d’aimer

A été revêtue de folie, d’une lourde burqa de feu

Les néons criards chassent l’ombre au plus loin

Où personne ne regardera, où chacun craindra

Pourquoi a-t-on séparé les jumeaux livre et vivre

Les hommes pleuvent du haut de leurs espoirs

Averses sur trottoir, sales de leurs cieux maudits

 

Je ne sais pas où nous avons rangé les insouciances

Les jeunesses cheveux au vent, les chants d’amants

Plein leurs vingt ans, et les lendemains au goût de baste

À la cave, il y a tous ces souvenirs de leurs parents

Au grenier, sous clef, les malles sombres d’avant

Comment avons-nous égaré les nonchalances

Elles ont dû tomber entre deux cahiers de morale

Sans elles, l’automne va courber son bois trempé

De pluie, fumant sans réchauffer, unissant de gris

Les cieux couverts et les cheminées étouffées

 

Si je savais comment pourquoi tout ceci et tout cela

L’automne aurait de quoi installer ses demi-jours

Pleuvoir en douce, à la mesure des girandoles

Mouiller les feuilles sèches, les pommes mûres

De cette odeur aigre accrochée aux granges humides

Si je savais que faire de tous ces journaux hurlants

Comment jeter dans les ruisseaux tous ces dégâts

Je ne comprends rien à ce genre d’automne là

Je ne reconnais pas ce qu'il fait tomber sur le sol

Qu'est-ce donc que cette pluie qui nous saisit là  ?

 

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rédigé par le babel
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commentaires

dreux patrick 19/10/2016 09:39

Au moins, dans tes mots, à les lire, le vivre et le livre sont rose et chèvrefeuille...

l e b A b e l 14/11/2016 21:22

Et leurs parfums mélangés n'attendent qu'un lecteur pour le guider sur la page de crépi beige où ils poussent.

md 08/10/2016 17:58

oscillations d'épigrammes ..aime les 3 derniers vers de chaque dix... md

l e b A b e l 08/10/2016 20:35

Merci. Les oscillations sont du mouvement, b'est-ce pas ?

Emmanuelle Grangé 07/10/2016 11:31

pas plus de mots : t'ai lu d'une traite, suis une éponge. merci.
(t'envoie un message là-bas)

l e b A b e l 07/10/2016 11:59

Pour nous, témoins de loin, ça fait déjà presque un an. Les horloges s'accélèrent avec l'augmentation des distances.

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