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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 19:56

(version deux, désolé pour le rappel)

 

Finalement c’est une parole que nous sommes,

Une de ces paroles qui se retournent vers l’homme

 

Quand l’homme existe enfin dans cette parole d’humus

Cette parole, en cette fin, retourne à l’homme comme un plus

Lui, il réside dans les travers de sa parole aux relents de terre

Rien de ce qui se dit ne se dit sous le ciel sans une telle parole

Une parole qui enfante la vie, qui éclaire tout ce qu’elle frôle

 

La clarté des hommes brille tout au long de leurs vies

À la façon des lampadaires dans la brume du canal

Même l’ombre brille sombre dans cette clarté, fanal

Où la lumière retient nos obscurités, au chaud, en vie

 

L’homme se tient là, nu autant que neuf, vu autant que veuf

Veuf de ces langues de bois dont on fait les cercueils

Fraîchement venu comme un au milieu des autres hommes

Il se balade parlant sa parole parmi les hommes, partagée

Inhumée, dévorée à coups de dents douces comme baisers

Simplement le temps que des hommes croient en elle

Cette parole sonne vraie, campanile qui vérifie

À la scène comme à la ville, côté cour ou tout contre

Que l’homme est le seul témoin sur parole quand sonne le glas

En témoignage de la clarté des hommes nés ou à naître

 

La clarté n’est pas l’homme : mais elle témoigne de lui

La clarté n’éblouit pas, elle indique le prochain pas

Cette parole est une vraie clarté, une lame sur un parquet

Jaillissant de notre monde, enluminant tout ce qui est humain

Le monde est clair et éloquent, son blanc brillant entre les mots

De la lumière jaillit en fontaine autour de lui, ce joli monde

Parce que l’homme y a laissé sourdre sa parole qui sonne

 

Oui

La chair, les tendons et les nerfs sont tissés en paraboles,

Et par elles, nos paroles habitent, babillent, tours de Babel and co

À elles la gloire, à nous d’être visibles, parce qu’éclairés de mots nouveaux

 

Ça vient depuis qu’il n’y a ni après, ni souci de l’avant, ni regret du possible

Parce que le possible est souhaitable à voix haute, si en chair d’homme

C’est notre peau tendue qui nous raisonne loin des mots creux et des slogans

Nous parlons en chair, et en os, sous l’écho de nos deux voûtes sourcilières

Ça commence sous tes yeux : ta parole est à prendre, si tu la veux

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rédigé par le babel
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commentaires

François Laur 21/03/2016 16:00

Merci à toi.

Emmanuelle Grangé 21/03/2016 12:54

lu, lu, relu et dit à voix à peine haute. certaines lectures de poèmes font du bien quand elles résonnent au plus près de la marche du poète, celle-ci en exemple. faire du bien est chose rare.

l e b A b e l 21/03/2016 15:54

Merci. Il a été écrit en vue d'être lu; je devrais marquer sur tous mes poèmes "attention, à lire à voix haute, svp, merci".
Et si cela te fait du bien, ça me fait du bien.

François Laur 21/03/2016 10:20

"C’est notre peau tendue qui nous raisonne loin des mots creux et des slogans" : oh oui ! Résonance de l'être-au-monde : la parole, tissée de chair, de tendons et de nerfs.

l e b A b e l 21/03/2016 15:55

J'avoue : en écrivant cet éloge de la chair, j'ai pensé à toi !

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