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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 03:24

Depuis l’arche de béton, regardant ces routes,
Couples de lumières écossés au goût du jour
Tatouant l’inconnu comme en pointillés
Les bruits de moteurs s’égouttent
Dans mon sang : je les écoute
Roulant vers nul ne sait quoi, pas même nous
Nous qui avons remonté depuis là, depuis déjà…

Du haut de mon pont, je regarde les voitures
Dans leurs yeux flottent des passagers en flou
Inconnus comme tatoués en pointillés
Une fois berline hautaine perchée sur ses roues
Une fois luxurieuse cabriolant sa chasse à courre
Combien sont arrivés à rebours, pour en retour
Exhiber des chromes, et aller, et venir, ici et là ?

 

Debout sur le pont, en dessous, filent des années
Rubans et jacquards cousus au jour le jour
En pointillés tatouant l’inconnu
Les jours si longs coupés en travers des trop courts
Les accrocs de l’un, ruptures que l’autre recoud
Et marqué au revers, au bitume ou à la boue :
« Val d’enfer » ou « presque Paradis », c’est déjà ça !


Depuis l’arche du pont, je distingue notre route
Je me souviens de nos déviations, nos carrefours
Nous tatouant l’inconnu en pointillés
Nos éclats de voix, et nos je m’en fous
Tes arrêts en urgence quand je bous
Tes colères en silence, mes dialogues de sourds
Pour au final arriver ensemble ici, et se dire : « Déjà ? »

 

En bas, sur le seuil de la station, tu me fais signe
De rentrer dans le tombereau, reprendre notre ligne
Un jour l’amour ne se dit ni se fait : il est déjà là
En attente, en pointillé, tatoué sur un ex-inconnu
Dans l’entre-dit sans besoin d’autre toit.
Dis, Ferré ! (…)

Avec notre temps, tout ne s’en va pas, non pas déjà.

Voilà, le clignotant a joué, le paysage a bougé
L’horizon est tatoué, à découper selon les pointillés
Les étoiles, les néons, les lampes, puis les reflets

 

Avec le temps, parfois, on aime d’autant plus
Qu’on laisse nos sillons le dire à notre place
Que ça nous recouvre tout en nous laissant nus
Que les grands frissons nous laissent de glace
Que ce temps-là, et tout ce qui nous vient,
Se garent grisâtres en file dans nos vies de rien :
Car ce temps où tout s’en va, ne nous rattrape plus.

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rédigé par le babel
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commentaires

Evy 29/01/2016 21:54

Petit passage dans ton univers pour te souhaiter un bon week-end bisous Evy

l e b A b e l 31/01/2016 06:47

Merci.
Je travaille justement ces mots "comment vas-tu , "

Paloma 17/01/2016 21:32

Un voyage dans le temps qui paraît mélancolique et sans but... parfois on se demande où se situer dnas ce temps infini...
J'ai aimé !
Bonne soirée

l e b A b e l 18/01/2016 10:05

Parfois, on casse l'infini sur le rebord de la fenêtre, et la blessure encore est infinie.

François Laur 16/01/2016 12:26

:-)

François Laur 16/01/2016 11:17

J'ai "partagé" sur facebook.

l e b A b e l 16/01/2016 11:53

Merci beaucoup. Cette fois-ci, pas un seul mot rare : de la poésie d'autoroute, mais entretenue.

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