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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 19:16

Voilà, il va faire nuit et la lumière est jaune de pluie

C’est le jour enfin où on peut chasser la nuit, 

La peur pour fêter Pâque en famille.

 

Un moment à la synagogue et la semaine en famille.

Aucune miette n’échappera à l’œil du papa. 

Aucun faux-pli à celui de moma.

 

Et là ils sont deux, seuls, jeunes et sous la pluie.

Ils sont deux, amoureux et ils rient.

Pas de famille alentour.

 

Ils partent à la Schul en amour

Ils vont chanter ce que c’est que de fonder un peuple

Ils vont rire d’en finir de n’être rien

Ce sont des choses de famille

 

Voilà, ils ont quarante ans d’exode à eux deux

Quarante ans à être des enfants

Mais malgré le vent et la pluie, ils sont amoureux

 

Il est venu tout seul la chercher toute seule

Il a un parapluie blanc

À lutter contre le vent

 

Elle rit seule d’être décoiffée

Après des heures à se coiffer

Devant les murs très blancs

S’agite un parapluie blanc

Et en dessous deux bientôt amants

Ou bien déjà : qu’en sait le vent

 

Lui tient d’une main son aimée

De l’autre son parapluie blanc

Et de la dernière sa kippa blanche

 

Seuls les volets clos, austères et morts

Viennent poser de ce gris que reprend la route

Comme l’annonce du banal où va rouler leur amour.

 

Eux, ils s’en moquent, en cette fin de jour.

Ils vont sous un parapluie blanc

Posés sur les façades blanches

Seuls dans la rue affairée à toutes les Pâques

Tandis que gueulent les mauvais vents

 

Ils ont traversé la mer des herbes amères

Les moqueries des pauvres hères

Les conseils et les prudences des pères

 

Il est venu tout seul la chercher toute seule

Ils partent à la Schul en amour

Et là ils sont deux, jeunes et sous la pluie.

 

Ils sont deux, amoureux et ils rient

Le parapluie blanc sur les murs blancs

Le Nom ignore ce qu’ils vont en écrire

En amour blanc sur façade blanche

à l’encre des routes et de la pluie

Sous le parapluie encore blanc

Avant que ne les avale le vent…

 

אותי, הג.ו.י., אני שמח לראות את זה

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rédigé par le babel
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François Laur 04/04/2015 20:51

« Savoir que la chair est cette pâte à pétrir / Que le sang à fleur de peau rosit la tendresse du monde » (Max Pons)

l e b A b e l 04/04/2015 21:16

Allez, je te traduis la dernière phrase : "moi, le goy, le non-juif, je heureux de regarder cela. Il y a un clin d'oeil au shomer qui observe, mais je chipote… "

l e b A b e l 04/04/2015 21:14

Avec un zeste de surprise et de l'amour malgré les crachats reçus.

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  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
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