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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 07:54

On y verra de la mousse, des oiseaux, des bruyères

Et ce qu’il faut de brume pour une lumière

Plus douce, plus velours, plus printanière.

On retrouvera nos marques dans l’écorce :

Cœurs entrelacés et toutes les amorces

Des amours auxquels, toujours, mars nous force.


Ne venez pas nous dire que tout cela est d'un kitsch !

Si vous saviez combien on s’en fiche et refiche !

On veut du printemps, comme marqué sur le menu :

Le reste, tentatives et caprices, n’est pas bienvenu.


On cherchera nos madeleines dans les vergers en fleurs,

Et ce qu’il faut de cotonnades mouvant comme vapeur

Autour des corps retrouvant leurs petites senteurs.

Chacun ira guetter son amandier, son hirondelle.

On descendra du grenier toute une ribambelle

De hontes bues, de miellat, de promesses, de flanelles.

 

Le printemps, Noël, la plage et les rentrées scolaires :

Le bon ou le mauvais goût n’ont rien à y faire.

On y est fidèle comme le chaton dans son panier

En pastels sur le calendrier des sapeurs pompiers.


Voici les jours où les sons portent un peu plus loin :

Jusqu'aux maisons aux portes ouvertes, témoins

Que nous marcherons encore les fleurs au poing

Parce que c’est le printemps enfin qui revient.

Notre sève le sait, notre sang bat, notre envol s’en souvient :

C’est le printemps, on est simplet, et ça fait du bien.

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rédigé par le babel
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François Laur 21/03/2015 09:58

SE GÎTER DANS LA HALTE BRÈVE

Pourquoi faut-il que la romance la plus ringarde, la série la plus douceâtre me mette la larme à l'œil comme le ferait l'œuvre la mieux accomplie ? Faiblesse de vieillard ? Empreinte ineffaçable d'automatismes fleur bleue, fruit de l'effritement continuel de l'intellect par le poncif ambiant, valet de toutes les férules, à quoi on réduit la langue ?

Brusquement, lorsque cela me gagne, j'ai l'impression d'être immergé dans un flot de niaiserie, au seuil d'un lieu de délices aussi benoît que mièvre où l'on sert tout mêlés philtres d'amour et calmants.

Mais l'aurore, le prairie emperlée d'aiguail, la senteur du seringa, les mûres dans les haies, l'arbre à fraises ses pompons écarlates, le doux sifflement de la pointe des peupliers, l'avion scripteur de nuage dans l'azur, ta hanche dans ma main : me voilà régénéré, affranchi de mon pataugis. Et j'esquisse une dance sur le vibrement des mots.

l e b A b e l 21/03/2015 10:19

Merci beaucoup, François.
Accueillir dans l’entrepôt de l’Atelier de Texture un coffret de F. Laur, quel climax !
Nous voici donc à cette fin mars, à l’unisson des merles et pies, chacun « chantant comme son bec est fait » (Julos Beaucarne), dans le plaisir de nos haies en plein délire, se sentant soudainement des capacités de jungle, de bosquets aptes à protéger toutes les belles de tous les bois dormants leurs hivers, et qui dormiraient encore, oui, et on revient à ce fichu piaf acharné à chiffonner notre sommeil à l’aurore de plus en plus précoce : qu’il profite des premiers jours, car, là, on lui pardonnera. Mais ensuite, non. La grive donnera des envies de terrine. Nous voici donc bientôt dérivants banalement en avril, au fil des pluies.
Avec un poème de François Laur en additum.

emmanuelle grangé 21/03/2015 08:45

s'abandonner à la simplétude avant les allergies

l e b A b e l 21/03/2015 09:40

Viens pose-toi sur le balcon : un premier bitter SanPellegrino ? pas pour le goût, quoique, surtout pour la couleur de la chaleur qui va rayer le fond du gris.

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