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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 07:15

Ça gît au fond de tes fontaines,

Se mélange à ton ombre,

— Subtile fumée —

Ça te retient, épine brisée

Dans tes replis si tu veux le croiser :

Chimère et douleur.

 

Qui n’a, chez soi, ses dragons,

Tâtonnant du bout d’un œil rouge,

Attendant acérés au tournant

Rampant dans les coins de couloirs,

Passant leur langue sur nos prénoms ?

À toute beauté, sa noble bête…

 

Ça gîte au creux de tes vallées,

En remonte avec tes troupeaux,

— Maudite vapeur —

Acide transpirant en gouttes froides,

Le long du dos quand tu y penses :

Scrupule et peine.

 

Qui n’a, chez soi, ses soucis,

Grappins vernis au bout des dents,

Chant de la hache sur la meule moite

Strident rappel sur l’émail,

Qui vient balafrer notre nom ?

À toute bonté, sa belle bête…

 

Ça s’agite dans ton armoire,

En ressort avec tes rêves,

— Sombre nuage —

Ça te regarde quand tu t’éveilles,

Dans ton reflet sur la glace :

Simagrée de tes regrets.

 

Qui n’a, chez soi, muselés,

Sabots griffant le cobalt des soirs,

Ses chevaux piaffant sur place,

Aux naseaux fumants de rage,

Répondant à leurs surnoms ?

À toute gloire, sa bonne bête…

 

C’est bien ça que tu ne veux plus voir.

Tu sais que tu te dévores à le guetter.

C’est pour ça que tes mains tremblent.

 

Rien que tout ça, comme ça, pour ça,

Crapaud gouttant dans ton lit, 

Éphémère dans ton urgence,

Vermine empâtée de ta farine,

Grouillant dans le cagibi de ton plexus :

Un peu de toi malgré toi chez toi.

 

Tes ourlets de drap parfumé

Sont enduits de fausse pudeur

Engraissés de longues sueurs

La nuit ? Un royaume où est tu es serf !

Ça revient, tourne, sans fin : carrousel.

 

Un cheptel de petites alarmes,

De remous, de buée et de voilages.

Trace le grincement de ses ongles

Sur le vernis au revers des portes.

Cette insistance à n’être que soi

Jusqu’au plus profond de soi.

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rédigé par le babel
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commentaires

Jean-Marc 21/10/2014 15:23

J'aime ce qui surgit quand le soi est ouvert, comme une écriture libre et précise, autant d'images appelées au service d'une insistance, la seule qui vaille, trouver ce soi que l'on est et l'être.

l e b A b e l 21/10/2014 15:28

" trouver ce soi que l'on est et l'être", bien qu'il s'enfuit comme arc-enc-ciel, et ne demeure comme l'oeil de Caïn.

emmanuelle grangé 16/10/2014 11:04

je t'entends là où j'en suis.
"Un royaume où est tu es serf !", ?

l e b A b e l 16/10/2014 11:27

Merci, servie n'est pas le féminin de serf, hélas, n'est-ce pas ?

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