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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 08:00
Dieu ne rêve plus à ces hommes

Dieu ne rêve plus aux hommes :

Ici, dans les appartements,  

Nos fourbis trouvent maintenant

La douce confrérie, le désordre

De nos avenirs

 

Le Paradis se plaît les imaginant.

Ils ne frémissent pas plus qu’ils 

Ne ressentent. Ils ont des couleurs.

Ils vont de cire en laque, craquent

Achalandés de lumières.

 

Nous avons assez rêvé des dieux pour qui

Nos rêves nous croient chemin pour leurs yeux

Étanches au désir de nous savoir heureux.

Leurs cieux sont clos. Leurs voûtes prient le silence.

Nos yeux sont ouverts. Dieu a goûté à l’homme : 

 

L’homme veut-il goûter à lui-même ?

Les hommes ne rêvent plus à ces dieux.

Dans les morgues, les chariots ont maintenant,

La géométrie plane des équations résolues.
Leur carré blanc est sans sueur ni cantique.

 

Des prêcheurs les rendraient plus vivants.

Ces draps qui ne frémissent pas plus qu’ils

Ne s’émeuvent de la sueur, et de la peur.

Ils n’ont pour odeur que celle du bilan.,

Et nous attendent dans l’obscurité, leurs plis

Comme autant de paupières refermées.

 

Les purs auraient séduit — qui dit mieux ? —

Celui dont la colère nous avait promis

La fermeture des cieux et des jeux

Tant que nos yeux seraient ouverts.

La terre est prise d’assaut, priant 

Ces dieux, oubliant d’être glèbe.

 

Dieu sera-t-il capable d’être divin

Si les hommes ne rêvent qu’aux hommes

Morts ? Dieu : sur un grand lit d’hôpital militaire

Où les anges verveinent sa sainte agonie

De là-bas, de par ici, humaine et compagnie.

Dieu, pourtant demeure dans la sueur des roses

Sans plus rêver la sanguine d’autres humanités.

 

Dieu ne peut plus rêver du tout :

Il a bien trop mal à l’homme.

 

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rédigé par le babel
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l e b A b e l 27/09/2014 21:20

Dali a pris chez Jean de la Croix la vision du Crucifié depuis "là-haut". Eckhart n'a jamais parlé que depuis Dieu. Hallaj idem. Au lieu de vomir un dieu qui est, s'il en est un - sa possible "existence" serait hégélienne — soyons généreux — ou mieux aristotélicienne — imaginons son point de vue lorsqu'on tue en son nom. Décentrons-nous de nos carcans. je stoppe ici : cela me mène ) brouillonner dé
jà un autre texte possible.

emmanuelle grangé 27/09/2014 21:08

je craignais le possessif, tu m'apaises l'espace de te lire, de te dire : Dieu ne rêve plus à ces hommes

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